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Dans les comptes de Judith, animatrice radio à Saint-Brieuc à 1 870 € nets par mois

Publié par Mathieu le 08 Nov 2026 à 19:01

Judith a 34 ans, une voix que 40 000 auditeurs bretons reconnaissent dès le premier mot, et un salaire que personne ne devinerait au son. Animatrice sur une radio locale de Saint-Brieuc, elle gagne 1 870 € nets par mois. Pour comprendre comment elle boucle ses fins de mois, elle a accepté de détailler chaque poste, jusqu’au dernier abonnement.

1 870 € nets : ce que son micro rapporte vraiment

Judith est salariée en CDI depuis six ans, à 35 heures par semaine. Son salaire de base atteint 1 720 € nets, auxquels s’ajoute une prime d’ancienneté de 60 €. Le reste vient de ses animations en dehors de l’antenne.

Elle anime chaque mois deux ou trois soirées, mariages ou événements d’entreprise, qui lui rapportent environ 90 € nets en moyenne une fois lissés. Pas de quoi s’enrichir, mais cela fait la différence en fin de mois. « Mes collègues parisiens ne me croient pas quand je leur donne mon salaire », sourit-elle.

Judith vit seule, sans enfant, dans un appartement qu’elle loue. Elle ne touche donc aucune aide. Ce chiffre de 1 870 € est tout ce dont elle dispose, et c’est dans les dépenses fixes que le budget se joue.

Judith, animatrice radio, devant son micro en studio

Le poste qui avale presque la moitié du salaire

Son T2 de 48 m², à dix minutes à pied du centre-ville, lui coûte 590 € de loyer, plus 65 € de charges. À Saint-Brieuc, c’est correct, mais cela représente déjà 35 % de ses revenus. Elle a longtemps visé plus petit, avant de renoncer.

Viennent ensuite l’électricité (58 €), l’internet fibre (29 €) et son forfait mobile (12 €). L’assurance habitation coûte 14 € par mois, et la mutuelle prise en charge à moitié par son employeur lui revient à 31 €. Le total des charges du logement et des contrats grimpe déjà à 799 €.

Côté transport, Judith possède une Clio de 2014 qu’elle ne peut pas abandonner : la radio se trouve en zone d’activité, mal desservie par les bus. L’assurance lui coûte 52 € par mois, l’essence environ 95 €, l’entretien lissé 40 €. Soit 187 € pour la voiture, et un budget fixe qui atteint 986 €. Mais c’est un détail de ses abonnements qui l’a elle-même surprise.

Ces 63 € d’abonnements qu’elle n’avait jamais additionnés

En préparant ce témoignage, Judith a sorti son relevé bancaire. Elle a compté : deux plateformes de streaming vidéo (21 €), un abonnement musical (11 €), un service de podcasts payant (6 €), le cloud de son téléphone (3 €) et la salle de sport qu’elle fréquente deux fois par mois (22 €). Total : 63 €.

« Je les ai additionnés devant vous, et j’ai failli m’étrangler », confie-t-elle. Ces 63 € représentent plus que son budget électricité. Elle a depuis résilié la salle de sport, qu’elle remplace par des sorties à pied le long du littoral.

Reste à savoir ce que la vie quotidienne engloutit une fois les contrats payés. C’est souvent là que les budgets dérapent, et celui de Judith ne fait pas exception.

Une jeune femme examine ses abonnements sur son téléphone

Courses, resto, vêtements : là où le budget respire (ou pas)

Judith dépense environ 240 € par mois en courses alimentaires. Elle fait un gros passage au supermarché toutes les deux semaines et complète au marché de Saint-Brieuc le samedi, où elle achète légumes et poisson. Elle cuisine presque tous les soirs.

Les restaurants et cafés lui coûtent 110 €, soit trois ou quatre sorties par mois avec des amis. Côté loisirs, elle dépense 45 € en livres et en concerts locaux. Les vêtements et la beauté pèsent 55 € en moyenne, avec un coiffeur tous les deux mois.

Il faut ajouter les imprévus : cadeaux d’anniversaire, un dentiste, un pneu à changer. Elle y consacre 70 € par mois, de manière lissée. Au total, ses dépenses variables atteignent 520 €. Avec les 986 € de charges fixes et les 63 € d’abonnements, elle sort 1 569 € de ses 1 870 €.

Combien reste-t-il au 30 du mois ?

Il reste donc 301 € en théorie. Judith en place 150 € sur un livret A chaque mois, le temps de réunir de quoi financer ses vacances d’été, un budget de 1 100 € qu’elle prépare toute l’année. Les 151 € restants servent de coussin, et partent parfois en imprévus.

Elle n’a aucun crédit en cours, ce qui la protège, mais elle n’a pas non plus d’épargne de précaution solide : son livret affiche aujourd’hui 3 800 €, soit environ deux mois de dépenses. « Je sais que je devrais épargner plus, mais je ne veux pas me priver de tout », admet-elle.

Son rêve reste de racheter un jour un petit appartement, mais avec 1 870 € nets et sans apport, elle sait que ce serait un projet de longue haleine. Elle regarde déjà du côté du prêt à taux zéro, sans trop y croire.

Judith face au salaire médian : la comparaison qui nuance tout

Le salaire médian net en France tourne autour de 2 190 € pour un temps plein. Judith se situe donc environ 15 % en dessous. Pourtant, grâce à une ville au coût de la vie modéré et à l’absence de crédit, elle parvient à épargner chaque mois, ce que beaucoup de salariés mieux payés à Paris ou Lyon ne peuvent pas se permettre.

« Je ne gagne pas beaucoup, mais je fais un métier qui me plaît, et je dors tranquille », résume-t-elle. Un budget serré mais maîtrisé, où chaque euro a un rôle, et où la seule vraie fuite était cachée dans une liste d’abonnements.

Envie de voir comment d’autres métiers manuels s’en sortent avec des revenus proches ? Les comptes de Séverine, opératrice de télésurveillance à Dijon, montrent une autre façon de gérer 1 840 € par mois. Et si vous voulez comparer avec un métier de terrain, celui de Lucas, maître-nageur à Saint-Malo, réserve quelques surprises côté dépenses.

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