Dans les comptes de Séverine, opératrice de télésurveillance à Dijon à 1 840 € nets par mois
Séverine, 41 ans, est opératrice de télésurveillance à Dijon. Elle passe ses nuits à surveiller des écrans, des alarmes et des caméras pour le compte de centaines de commerces, d’entrepôts et de particuliers. Elle gagne 1 840 € nets par mois et élève seule un fils de 11 ans.
Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer jusqu’au dernier café à emporter. Un poste de dépense va probablement vous surprendre.
1 840 € nets : d’où vient vraiment cet argent ?
Le salaire de base de Séverine s’élève à 1 590 € nets. Travaillant la nuit trois semaines sur quatre, elle touche une prime de nuit d’environ 190 € par mois. Elle y ajoute une prime d’assiduité de 60 €, versée si elle ne manque aucun poste.
Cela donne 1 840 € nets, auxquels s’ajoutent des aides de la CAF : 148 € d’allocations familiales et 142 € d’aide au logement. Au total, 2 130 € tombent donc chaque mois sur son compte. « Sans la CAF, je ne tiendrais pas, ce n’est pas compliqué », glisse-t-elle.
Mais ce chiffre ne dit pas tout. Car avant même de parler du loyer, une dépense l’attend chaque mois, et elle n’a rien à voir avec ce que l’on imagine.
Les dépenses fixes : 1 223 € envolés avant le 5 du mois
Séverine vit dans un trois-pièces du quartier des Grésilles, loué 640 € charges comprises. Elle est locataire depuis sept ans et sait que ce loyer est plutôt correct pour la ville. Le chauffage collectif est inclus, mais l’électricité lui coûte 58 € par mois.
Vient ensuite la voiture, indispensable pour rentrer à 6 h du matin quand les bus ne circulent pas encore. Elle rembourse un crédit de 187 € sur une Clio d’occasion, auxquels s’ajoutent 62 € d’assurance. Le carburant, lui, est classé dans les dépenses variables.
Sa mutuelle famille coûte 74 €. Son forfait mobile et la box internet totalisent 41 €, et l’assurance habitation 14 €. Elle règle aussi 23 € d’abonnements : une plateforme de streaming et le cloud pour les photos de son fils.
Il reste la cantine de son fils (46 €), l’abonnement au club de judo (28 €) et les frais de scolarité divers lissés sur l’année (22 €). Le total des fixes atteint 1 223 €. Séverine n’est pas imposable, ce qui évite un poste de plus.

Le poste qui explose sans prévenir
Les dépenses variables pèsent 622 € par mois, et c’est là que le budget se joue. Les courses alimentaires représentent 340 € pour deux personnes, avec un passage hebdomadaire dans un discount et un plein de produits frais sur le marché des Halles le samedi.
L’essence coûte 95 €, car Séverine fait des allers-retours nocturnes sur 14 kilomètres. Elle y ajoute 38 € de produits d’hygiène et d’entretien. Les vêtements, surtout ceux de son fils qui grandit trop vite, absorbent 45 € par mois en moyenne.
Et puis il y a le poste inattendu : 64 € de café et de repas sur le pouce. Le travail de nuit pousse à acheter des boissons chaudes et des viennoiseries à 4 h du matin. « Je me dis toujours que c’est rien. Et puis je regarde mon relevé et ça fait une vraie ligne », reconnaît-elle.
Les loisirs se limitent à 40 € : un cinéma de temps en temps, une glace au parc. Le budget vacances est lissé à 55 € par mois, pour une semaine chez ses parents dans le Morvan, plus quelques jours de camping.

Ce qui reste en fin de mois : le moment de vérité
Faisons le total : 1 223 € de fixes plus 622 € de variables, soit 1 845 € de dépenses. Face à 2 130 € de revenus, il reste environ 285 € chaque mois. Un joli matelas ? Pas tout à fait.
Séverine met 120 € sur un livret A et garde le reste comme tampon pour les imprévus : une panne de voiture, une paire de lunettes, un cadeau d’anniversaire. Elle a 3 400 € d’épargne, ce qu’elle considère comme son « filet de sécurité ». Son crédit auto s’arrête dans 19 mois, et c’est la date qu’elle attend le plus.
Son projet : racheter une petite voiture plus récente sans repasser par un crédit, et peut-être passer un concours interne pour devenir superviseuse. « Je ne vais pas dire que je suis à l’aise, mais je ne suis pas dans le rouge non plus. J’ai appris à ne pas regarder trop loin. »
Et face au reste des Français ?
Le salaire médian net en France tourne autour de 2 190 € par mois pour un temps plein. Avec 1 840 €, Séverine se situe un peu en dessous. Mais ses aides et un loyer maîtrisé lui permettent d’équilibrer ses comptes.
Le vrai écart se joue ailleurs : dans la capacité à absorber un choc. Une facture de 600 € imprévue la ferait basculer en négatif pendant deux mois. C’est le quotidien de millions de foyers, souvent invisible dans les statistiques.
Curieux de voir comment d’autres métiers en horaires décalés comme cette standardiste s’en sortent ? Ou de comparer avec le budget d’une opératrice de tri à Angoulême ? Les écarts sont parfois surprenants.