Dans les comptes de Nawel, commerciale à Toulouse à 2 650 € nets par mois
Nawel a 34 ans, elle est commerciale terrain dans l’agroalimentaire à Toulouse et touche 2 650 € nets par mois, primes incluses. Célibataire sans enfant, elle loue un T2 dans le quartier des Minimes. Voici comment elle répartit chaque euro de son salaire — et le poste qui grignote bien plus qu’elle ne le pensait.
Un fixe rassurant, des primes qui font la différence
Le contrat de Nawel prévoit un salaire fixe de 2 100 € nets par mois. À cela s’ajoutent des primes trimestrielles sur objectifs, qui représentent en moyenne 550 € nets mensuels une fois lissées sur l’année. « Certains trimestres, je dépasse les 700 €. D’autres, c’est plutôt 350 €. Je me base toujours sur le pire scénario pour ne pas me retrouver coincée », explique-t-elle.

Nawel ne perçoit ni APL — son salaire dépasse le plafond — ni aucune autre aide. Son entreprise lui fournit en revanche un véhicule de fonction, un Peugeot 3008, avec carte carburant pour les déplacements professionnels. Un avantage en nature valorisé sur sa fiche de paie, mais qui lui évite concrètement d’avoir à financer une voiture personnelle. Au total, ses revenus mensuels disponibles s’élèvent donc à 2 650 € nets. C’est environ 400 € au-dessus du salaire médian français, qui tourne autour de 2 250 € nets. Mais à Toulouse, quatrième ville de France, chaque mètre carré se paie.
Le loyer et les charges fixes : 1 390 € qui partent avant même d’y penser
Son T2 de 42 m² dans le quartier des Minimes lui coûte 680 € par mois, charges comprises. Un tarif dans la moyenne haute du secteur, mais Nawel tient à sa localisation : « Je suis à dix minutes du métro et à cinq minutes de l’autoroute pour mes tournées. Ça me fait gagner quarante-cinq minutes par jour, ça n’a pas de prix. »
L’assurance habitation représente 22 € par mois. Sa mutuelle santé, une complémentaire au-delà de ce que prend en charge son employeur, lui revient à 48 €. Elle a opté pour un renforcement en optique et dentaire après un devis de couronnes à 1 200 € l’année dernière. L’électricité tourne autour de 65 € mensuels — elle chauffe à l’électrique, classique à Toulouse.

Côté abonnements, la liste s’allonge vite. Forfait mobile : 25 €. Box internet fibre : 32 €. Netflix : 13,49 €. Spotify : 10,99 €. Salle de sport : 35 €. « J’ai calculé un jour, mes abonnements seuls font 116 €. C’est le poste que je sous-estime le plus, à chaque fois ça me choque quand je fais les comptes », reconnaît-elle. Son impôt sur le revenu, prélevé à la source, représente environ 195 € par mois. La taxe d’habitation ne s’applique plus à sa résidence principale.
Nawel n’a pas de crédit auto grâce à son véhicule de fonction, mais elle rembourse un prêt personnel de 130 € par mois, contracté il y a deux ans pour financer un voyage au Japon. Il lui reste quatorze mensualités. Au total, ses dépenses fixes atteignent 1 393 €. Plus de la moitié de son salaire s’évapore avant même qu’elle n’ait mis un pied en supermarché. Ce qui lui laisse un peu moins de 1 260 € pour vivre — et tenter d’épargner.
Courses, restos et essence : le budget qui fluctue chaque mois
Pour l’alimentaire, Nawel dépense en moyenne 320 € par mois. Elle fait ses courses chez Lidl et complète au marché Victor-Hugo le dimanche matin. « Je cuisine pas mal en batch cooking le dimanche soir, ça m’évite les livraisons Uber Eats en semaine. Enfin, la plupart du temps. » Comme beaucoup de trentenaires actifs, les sorties au restaurant restent un plaisir régulier : 150 € par mois, répartis entre deux ou trois dîners avec des amies et quelques déjeuners rapides.
L’essence pour ses trajets personnels — week-ends, courses, visites à ses parents à Montauban — lui coûte environ 80 €. Ses déplacements pros sont couverts par la carte entreprise. Le shopping vêtements et beauté représente 120 € mensuels. « En tant que commerciale, je dois être présentable. Mes tailleurs et mes chaussures, c’est un outil de travail, même si ça ne passe pas en note de frais. »
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Les loisirs hors restaurant — cinéma, expos, week-ends — tournent autour de 90 €. Nawel provisionne aussi 100 € par mois pour les vacances, versés sur un sous-compte dédié. « Ça me permet de partir deux semaines par an sans toucher à mon épargne. L’an dernier, c’était la Grèce. Cette année, je vise le Portugal. » Ironie du sort, certains retraités font le chemin inverse. Enfin, les dépenses imprévues — cadeaux d’anniversaire, pharmacie, réparations — absorbent environ 80 € par mois en moyenne.
Total des dépenses variables : 940 €. Additionné aux charges fixes, son budget mensuel atteint donc 2 333 €. Reste à voir ce qu’elle fait des 317 € restants.
Ce qui reste en fin de mois — et ce qu’elle en fait
Sur le papier, Nawel dégage un excédent d’environ 317 € par mois. En pratique, c’est rarement aussi net. « Il y a les mois à 317 € et ceux à 50 €. Un pneu crevé, un cadeau de mariage, et le coussin fond en trois jours. » Elle vire 200 € automatiquement sur son Livret A dès le 5 de chaque mois. Son encours atteint aujourd’hui 8 400 €, son objectif est de passer la barre des 10 000 € avant la fin de l’année — un matelas de sécurité équivalent à quatre mois de loyer.
Nawel n’a pas encore ouvert d’assurance-vie ni de PEA. « Je sais que je devrais m’y mettre. Mais à chaque fois que je regarde les options, j’ai l’impression qu’il faut un diplôme de finance pour comprendre les frais. » Elle envisage un rendez-vous avec un conseiller indépendant, mais repousse depuis six mois. En parallèle, son prêt personnel de 130 € par mois sera soldé dans un peu plus d’un an. À ce moment-là, elle prévoit de rediriger cette somme vers de l’épargne à long terme.
Son vrai projet, c’est l’achat immobilier. Avec un salaire fixe de 2 100 € et des primes variables, les banques ne comptent qu’une partie du variable dans le calcul d’endettement. « On m’a dit que je pouvais emprunter autour de 140 000 €. À Toulouse, pour un T2 correct, il faut compter 160 000 à 180 000 €. Il me manque l’apport. » Elle estime avoir besoin de 20 000 € minimum avant de pousser la porte d’un courtier. À son rythme actuel, c’est encore un bon an et demi de patience.
Pour résumer, voici la ventilation complète du budget mensuel de Nawel :
Revenus : 2 650 € nets (fixe 2 100 € + primes lissées 550 €)
Charges fixes : 1 393 € (loyer 680 €, impôt 195 €, prêt perso 130 €, abonnements 116 €, électricité 65 €, mutuelle 48 €, forfait mobile 25 €, assurance habitation 22 €, box 32 €, salle de sport 35 €, divers fixes 45 €)
Dépenses variables : 940 € (courses 320 €, restos/sorties 150 €, shopping 120 €, vacances 100 €, loisirs 90 €, essence 80 €, imprévus 80 €)
Épargne : 200 € (Livret A)
Reste réel : ~117 €
« Je ne suis pas à plaindre, je le sais. Mais je ne suis pas non plus dans le confort. Un imprévu de 500 € et je le sens passer. » Avec 2 650 € nets, Nawel se situe au-dessus du salaire médian français, mais dans une grande ville où le coût de la vie absorbe l’écart. Comme pour beaucoup de commerciaux, la part variable donne l’impression de gagner davantage — jusqu’au trimestre où les objectifs ne sont pas atteints.