Dans les comptes de Lætitia, conseillère funéraire à Saint-Brieuc à 2 130 € nets par mois
Lætitia, 41 ans, est conseillère funéraire à Saint-Brieuc. Elle gagne 2 130 € nets par mois pour un métier que tout le monde croise un jour, mais que presque personne ne connaît de l’intérieur. Voici comment elle répartit chaque euro, et pourquoi un poste de son budget l’a elle-même surprise.
Ce que rapporte vraiment un métier qu’on évite de regarder
Le salaire de base de Lætitia s’élève à 1 890 € nets, auxquels s’ajoute une prime d’astreinte moyenne de 160 € pour les week-ends où elle est de permanence. Elle touche aussi 80 € de commissions sur les contrats obsèques qu’elle fait souscrire à des familles en prévoyance.
Cela fait 2 130 € nets mensuels en moyenne, versés sur 12 mois. « Les gens pensent qu’on gagne très bien ou très mal. En réalité, on est dans la moyenne, avec des horaires qui ne le sont pas du tout », résume-t-elle.
Lætitia vit seule depuis son divorce, il y a quatre ans, avec un fils de 12 ans en garde alternée. Elle ne perçoit aucune aide au logement, son revenu dépassant le plafond. La pension alimentaire versée par son ex-conjoint ne dépasse pas 120 € par mois.

Au total, ses rentrées atteignent donc 2 250 € nets chaque mois. C’est avec ce chiffre que tout se joue, et le premier poste de dépense est déjà plus lourd qu’on ne l’imagine.
Le loyer, l’assurance… et ce poste qu’elle n’avait jamais calculé
Lætitia loue un trois-pièces de 62 m² près du centre de Saint-Brieuc pour 640 € de loyer, charges comprises. Elle a choisi un logement proche de son agence, car les interventions à domicile peuvent tomber à n’importe quelle heure.
Viennent ensuite l’électricité et le chauffage pour 95 € par mois, l’assurance habitation à 18 € et la box internet avec forfait mobile à 42 €. Sa mutuelle d’entreprise lui coûte 38 € une fois la part employeur déduite.
Côté transports, elle utilise sa voiture, une Clio de 2017, pour tous ses déplacements professionnels. Assurance, entretien et remboursement d’un petit crédit auto de 145 € mensuels pèsent au total 260 €. Les frais kilométriques lui sont en partie remboursés, mais seulement 40 € par mois en moyenne.
Il faut ajouter la cantine de son fils à 54 €, les activités sportives du collégien à 35 € et l’impôt sur le revenu prélevé à la source, déjà déduit de son net. « Quand j’additionne tout, je tombe à 1 220 € de charges fixes avant même d’avoir fait un seul plein de courses », constate-t-elle.

Reste à savoir ce que l’on dépense quand on a la tête pleine de deuils à longueur de journée. Sa réponse tient en trois mots, et elle n’a rien à voir avec le shopping.
Courses, sorties et la « dépense thérapie » de Lætitia
Pour deux personnes dont une présente la moitié du mois, les courses alimentaires lui coûtent 380 € par mois. Elle fait un gros passage en drive le samedi, puis des compléments chez le primeur et le boulanger de son quartier.
L’essence représente 110 € mensuels, entre trajets domicile-travail et déplacements chez les familles. Les vêtements et chaussures de son fils, qui grandit vite, absorbent 60 € par mois en lissé sur l’année.
Vient ensuite ce que Lætitia appelle sa « dépense thérapie » : 90 € par mois en séances de natation, sophrologie et un abonnement à un club de randonnée du dimanche. « Si je ne décompresse pas, je ne tiens pas dans ce métier. C’est le poste que je ne sacrifierai jamais », affirme-t-elle.
Elle consacre 70 € à ses loisirs et sorties (cinéma, resto de temps en temps), 45 € à ses abonnements (streaming, musique, presse) et 120 € de budget vacances lissé, car elle part une semaine en Bretagne sud l’été avec son fils.
Une fois tous ces postes réglés, une question demeure : que reste-t-il réellement sur le compte le 30 du mois ? Le résultat est plus serré qu’on ne le croirait.
Ce qu’il reste à la fin du mois, et ce qu’elle en fait
Le calcul est simple : 2 250 € de rentrées, moins environ 2 050 € de dépenses fixes et variables cumulées. Il reste donc autour de 200 € par mois, quand rien d’imprévu ne survient.
Lætitia place 150 € sur un livret A chaque début de mois, ce qui lui constitue une épargne de précaution de 4 800 € après deux ans d’efforts. Les 50 € restants servent de coussin pour les petites urgences : réparation de voiture, lunettes de son fils, cadeau d’anniversaire.
Elle n’a aucun plan d’épargne retraite, ni assurance-vie. « Je sais que je devrais mettre plus de côté. Mais entre le crédit auto et un loyer qui monte, je préfère garder un peu de souffle », confie-t-elle. Son crédit auto sera soldé dans 22 mois, ce qui lui libérera 145 € de marge.
Son projet principal : racheter un petit appartement d’ici cinq ans, avec l’aide d’un prêt à taux zéro. Elle a calculé qu’il lui faudrait au moins 15 000 € d’apport, ce qui suppose de doubler son effort d’épargne dès la fin de son crédit auto.
Et face au salaire médian des Français ?
Avec 2 130 € nets, Lætitia se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, estimé autour de 2 000 € nets mensuels pour un temps plein. Mais elle vit seule avec un enfant, ce qui change tout dans l’équilibre d’un budget.
Son rapport à l’argent se résume en une phrase : « Je n’ai pas peur de la fin du mois, mais je n’ai pas non plus de quoi faire un écart. Dans mon métier, on apprend surtout à ne rien prendre pour acquis. »
Si vous voulez voir comment d’autres métiers qui tiennent sur le fil gèrent leurs comptes, découvrez le quotidien d’une ambulancière à Chalon-sur-Saône, dont les astreintes ressemblent beaucoup à celles de Lætitia. Et pour un métier de l’ombre tout aussi méconnu, les comptes d’un gardien de zoo réservent aussi quelques surprises.