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Dans les comptes de Fabrice, gardien de zoo à Doué-la-Fontaine à 1 970 € nets par mois

Publié par Mathieu le 18 Août 2026 à 19:01

Fabrice a 38 ans et travaille comme soigneur animalier au parc zoologique de Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire. Chaque matin, il prépare les rations de plus de 500 animaux avant l’ouverture au public. Son salaire net tourne autour de 1 970 € par mois, primes comprises.

Marié à Elodie, auxiliaire de puériculture, et père d’un garçon de 6 ans, il vit dans un pavillon en location à une dizaine de kilomètres du parc. « Les gens pensent qu’on fait ce métier par passion et qu’on doit accepter d’être mal payé. C’est vrai pour la passion, faux pour le reste », lance-t-il.

Un salaire qui grimpe lentement malgré l’ancienneté

Fabrice touche un salaire de base de 1 780 € nets, calé sur la grille des soigneurs animaliers avec 12 ans d’ancienneté dans la profession. Le zoo emploie une trentaine de soigneurs, répartis par secteurs : félins, primates, oiseaux, pachydermes.

À cela s’ajoute une prime de dimanche et jours fériés, car le parc reste ouvert 362 jours par an. Elle représente environ 130 € nets mensuels lissés sur l’année, versée selon le nombre de jours travaillés le week-end.

Le troisième revenu vient des astreintes de nuit, une par mois en moyenne pour surveiller les naissances ou les animaux malades. Cette astreinte rapporte 60 € nets. Le foyer perçoit aussi les allocations familiales, 0 € puisqu’un seul enfant, mais bénéficie de la prime d’activité à hauteur de 95 € nets grâce aux revenus modestes du couple.

Soigneur animalier préparant les rations au zoo

Le loyer, poste qui pèse le plus lourd malgré la province

Le couple loue une maison de 75 m² avec jardin à Doué-la-Fontaine pour 620 € par mois, charges non comprises. « On a cherché longtemps avant de trouver ce prix-là, le marché s’est tendu même ici », précise Fabrice.

Les charges locatives (eau, entretien commun) ajoutent 45 € mensuels. L’électricité et le chauffage, une maison ancienne mal isolée, grimpent à 145 € en moyenne sur l’année, avec des pics à 220 € en hiver.

L’assurance habitation coûte 22 € par mois, et l’assurance auto pour les deux véhicules du foyer atteint 78 €. Fabrice roule 25 km aller-retour chaque jour pour rejoindre le parc, ce qui pèse sur son budget essence.

Le crédit pour la voiture d’Elodie, une Clio d’occasion achetée il y a deux ans, représente encore 145 € par mois pendant 18 mois. Les deux forfaits mobiles reviennent à 25 € au total, et l’abonnement internet-box à 32 €.

La mutuelle familiale coûte 68 € par mois, un poste que Fabrice juge indispensable vu les risques du métier. « Griffures, morsures, on a tous eu notre lot. La mutuelle, c’est non négociable », explique-t-il.

La cantine et la garderie du fils s’élèvent à 95 € mensuels. Au total, les charges fixes du foyer avoisinent 1 275 €, un chiffre qui laisse peu de marge une fois le salaire encaissé.

Couple vérifiant le budget familial à table

Des courses millimétrées et zéro folie côté loisirs

Le budget alimentation du foyer tourne autour de 380 € par mois pour trois personnes, courses en supermarché discount et marché du samedi combinés. « Je fais les comparaisons de prix comme au boulot, avec les mêmes réflexes », plaisante Fabrice.

L’essence pour se rendre au zoo coûte environ 110 € mensuels, un montant qui varie selon les prix à la pompe. Le couple n’a qu’une voiture qui roule vraiment au quotidien, la seconde servant aux trajets d’Elodie.

Les sorties restent rares : un cinéma en famille une fois par mois, budgété à 30 €, et un restaurant tous les deux mois pour environ 45 €. Les vêtements pour l’enfant qui grandit vite représentent 40 € mensuels lissés.

Un avantage non négligeable du métier : Fabrice bénéficie d’entrées gratuites illimitées au zoo pour sa famille, un poste loisir économisé entièrement. « Mon fils connaît le parc par cœur, il vient presque chaque week-end sans que ça nous coûte un centime. »

Les vacances d’été restent modestes : une semaine en camping dans les Landes chez la belle-famille, budgétée à 250 € pour l’essence, les courses sur place et quelques activités. Pas de sports d’hiver, pas de weekend improvisé.

Fin de mois serrée et un projet qui attend patiemment

Une fois toutes les dépenses fixes et variables réglées, il reste environ 40 à 60 € en fin de mois, une marge quasi symbolique. « On ne part jamais de zéro, mais il n’y a pas de quoi voir venir un imprévu sérieux », reconnaît Fabrice.

Le couple n’épargne pas à proprement parler, mais alimente un livret A à hauteur de 20 € par mois quand c’est possible, pour un solde actuel de 850 €. Cette épargne sert de coussin en cas de panne de voiture ou de frais dentaire imprévu.

Le projet du couple : passer à un logement plus grand d’ici deux ou trois ans, une fois le crédit auto soldé. « On sait que ça ne se fera pas tout de suite, on avance étape par étape », résume-t-il.

Fabrice n’a pas de complémentaire retraite ni d’investissement, un choix contraint plus que voulu. Il compare parfois sa situation à celle d’autres métiers passion mal rémunérés, comme les éleveurs de poules pondeuses ou les photographes indépendants, où la passion pèse souvent plus lourd que le salaire.

« On vit avec ce qu’on a, sans se plaindre, mais je ne dirais pas non à une revalorisation », conclut Fabrice. Avec 1 970 € nets, il se situe légèrement en dessous du salaire médian français, établi autour de 2 100 € nets mensuels selon l’Insee, une position qui illustre bien les métiers de passion mal reconnus financièrement.

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