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Dans les comptes de Ségolène, conseillère en insertion à Dole à 2 080 € nets par mois

Publié par Mathieu le 07 Oct 2026 à 19:02

Ségolène, 41 ans, est conseillère en insertion professionnelle à Dole, dans le Jura. Elle gagne 2 080 € nets par mois et élève seule ses deux enfants un week-end sur deux. Voici, ligne par ligne, comment elle répartit chaque euro, et le poste qui l’a elle-même surprise quand elle a fait ses comptes.

Ce que Ségolène touche vraiment chaque mois

Son salaire net s’élève à 1 960 € après prélèvement à la source. Elle y ajoute une prime de précarité sociale d’environ 60 € et la pension alimentaire de 60 € versée pour son fils cadet. Le tout porte ses rentrées à 2 080 € par mois.

Les allocations familiales représentent 74 € supplémentaires, qu’elle ne compte pas dans son budget courant. « Je les mets de côté pour la rentrée scolaire, sinon elles partent sans que je sache où », confie-t-elle. Elle ne touche ni APL ni prime d’activité, son revenu dépassant les plafonds de peu.

Ce détail a pourtant des conséquences, car il la prive de plusieurs aides que sa voisine, à peine moins bien payée, perçoit sans difficulté. Et ce seuil n’est pas la seule frontière qui pèse sur son budget.

Mère célibataire faisant ses comptes dans sa cuisine

Les dépenses fixes : 1 315 € avant même de sortir de chez elle

Le loyer d’un appartement de 68 m² avec deux chambres s’élève à 640 € charges comprises. À Dole, c’est un tarif raisonnable pour la taille, mais cela représente près d’un tiers de ses revenus. L’électricité et le gaz coûtent 112 € par mois en moyenne lissée.

Vient ensuite l’assurance de sa Clio de 2014, à 58 € mensuels, plus 35 € de carburant fixe pour le trajet quotidien vers l’agence. Sa mutuelle familiale pèse 96 €, son forfait mobile et sa box internet 44 € au total. La cantine des deux enfants ajoute 78 € et le périscolaire 52 €.

S’ajoutent 26 € de frais de gestion de compte et d’assurance habitation, plus 94 € de remboursement d’un crédit à la consommation contracté pour remplacer sa chaudière. L’impôt sur le revenu, déjà prélevé à la source, est absent de ce total. Le chiffre qui l’a le plus marquée arrive pourtant juste après.

Courses, loisirs, vêtements : là où le budget se joue vraiment

Les courses alimentaires atteignent 380 € par mois pour trois personnes la moitié du temps, et deux la semaine d’absence des enfants. Ségolène fait son marché le samedi matin et complète en drive. « Je compare les prix au kilo, c’est devenu un réflexe, presque un jeu », explique-t-elle.

Les vêtements des enfants lui coûtent 55 € lissés sur l’année, en grande partie en seconde main. Les loisirs, eux, tiennent en 70 € : une activité de judo pour le grand, un abonnement piscine pour la petite, et une sortie ciné par trimestre.

Elle réserve 45 € à ses propres envies, entre un café avec une amie et un livre. L’essence variable, les soins non remboursés et les petits imprévus s’élèvent à 85 € de plus. Quant aux vacances, elle les provisionne à hauteur de 90 € par mois, ce qui finance une semaine en gîte dans le Vercors et trois jours chez ses parents.

Famille sortant du supermarché avec ses courses

Ce qui reste à la fin du mois : le vrai verdict

Si l’on additionne tout, les dépenses fixes (1 315 €) et variables (725 €) atteignent 2 040 €. Il reste donc 40 € en fin de mois dans un bon mois, parfois rien du tout. Son livret A contient 1 850 €, constitué par à-coups, avec une règle simple : ne jamais y toucher sauf urgence médicale.

Elle n’investit pas, n’a pas d’assurance-vie et n’a jamais ouvert de plan d’épargne retraite. « J’y pense tous les ans en janvier, et puis le quotidien reprend le dessus », sourit-elle. Son projet le plus concret reste de racheter une voiture plus récente avant que la sienne ne lâche.

Avec 2 080 € nets, Ségolène se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, qui tourne autour de 2 190 € pour un temps plein selon l’Insee, tout en supportant seule une grande partie des charges familiales.

Son rapport à l’argent tient en une phrase : « Je ne manque de rien, mais je ne peux jamais lever le pied. » Pour comparer avec un autre quotidien, découvrez comment s’en sort une assistante maternelle à Besançon ou le budget d’un technicien de laboratoire à Reims.

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