Dans les comptes de Ségolène, conseillère en insertion à Dole à 2 080 € nets par mois
Ségolène, 41 ans, est conseillère en insertion professionnelle à Dole, dans le Jura. Elle gagne 2 080 € nets par mois et élève seule ses deux enfants un week-end sur deux. Voici, ligne par ligne, comment elle répartit chaque euro, et le poste qui l’a elle-même surprise quand elle a fait ses comptes.
Ce que Ségolène touche vraiment chaque mois
Son salaire net s’élève à 1 960 € après prélèvement à la source. Elle y ajoute une prime de précarité sociale d’environ 60 € et la pension alimentaire de 60 € versée pour son fils cadet. Le tout porte ses rentrées à 2 080 € par mois.
Les allocations familiales représentent 74 € supplémentaires, qu’elle ne compte pas dans son budget courant. « Je les mets de côté pour la rentrée scolaire, sinon elles partent sans que je sache où », confie-t-elle. Elle ne touche ni APL ni prime d’activité, son revenu dépassant les plafonds de peu.
Ce détail a pourtant des conséquences, car il la prive de plusieurs aides que sa voisine, à peine moins bien payée, perçoit sans difficulté. Et ce seuil n’est pas la seule frontière qui pèse sur son budget.

Les dépenses fixes : 1 315 € avant même de sortir de chez elle
Le loyer d’un appartement de 68 m² avec deux chambres s’élève à 640 € charges comprises. À Dole, c’est un tarif raisonnable pour la taille, mais cela représente près d’un tiers de ses revenus. L’électricité et le gaz coûtent 112 € par mois en moyenne lissée.
Vient ensuite l’assurance de sa Clio de 2014, à 58 € mensuels, plus 35 € de carburant fixe pour le trajet quotidien vers l’agence. Sa mutuelle familiale pèse 96 €, son forfait mobile et sa box internet 44 € au total. La cantine des deux enfants ajoute 78 € et le périscolaire 52 €.
S’ajoutent 26 € de frais de gestion de compte et d’assurance habitation, plus 94 € de remboursement d’un crédit à la consommation contracté pour remplacer sa chaudière. L’impôt sur le revenu, déjà prélevé à la source, est absent de ce total. Le chiffre qui l’a le plus marquée arrive pourtant juste après.
Courses, loisirs, vêtements : là où le budget se joue vraiment
Les courses alimentaires atteignent 380 € par mois pour trois personnes la moitié du temps, et deux la semaine d’absence des enfants. Ségolène fait son marché le samedi matin et complète en drive. « Je compare les prix au kilo, c’est devenu un réflexe, presque un jeu », explique-t-elle.
Les vêtements des enfants lui coûtent 55 € lissés sur l’année, en grande partie en seconde main. Les loisirs, eux, tiennent en 70 € : une activité de judo pour le grand, un abonnement piscine pour la petite, et une sortie ciné par trimestre.
Elle réserve 45 € à ses propres envies, entre un café avec une amie et un livre. L’essence variable, les soins non remboursés et les petits imprévus s’élèvent à 85 € de plus. Quant aux vacances, elle les provisionne à hauteur de 90 € par mois, ce qui finance une semaine en gîte dans le Vercors et trois jours chez ses parents.

Ce qui reste à la fin du mois : le vrai verdict
Si l’on additionne tout, les dépenses fixes (1 315 €) et variables (725 €) atteignent 2 040 €. Il reste donc 40 € en fin de mois dans un bon mois, parfois rien du tout. Son livret A contient 1 850 €, constitué par à-coups, avec une règle simple : ne jamais y toucher sauf urgence médicale.
Elle n’investit pas, n’a pas d’assurance-vie et n’a jamais ouvert de plan d’épargne retraite. « J’y pense tous les ans en janvier, et puis le quotidien reprend le dessus », sourit-elle. Son projet le plus concret reste de racheter une voiture plus récente avant que la sienne ne lâche.
Avec 2 080 € nets, Ségolène se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, qui tourne autour de 2 190 € pour un temps plein selon l’Insee, tout en supportant seule une grande partie des charges familiales.
Son rapport à l’argent tient en une phrase : « Je ne manque de rien, mais je ne peux jamais lever le pied. » Pour comparer avec un autre quotidien, découvrez comment s’en sort une assistante maternelle à Besançon ou le budget d’un technicien de laboratoire à Reims.