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Dans les comptes de Noémie, monteuse en ascenseurs à Mulhouse à 2 380 € nets par mois

Publié par Mathieu le 30 Sep 2026 à 19:01

Noémie, 34 ans, passe ses journées dans des cages d’ascenseur, à plusieurs mètres au-dessus du vide, casque vissé sur la tête. Monteuse-installatrice à Mulhouse, elle gagne 2 380 € nets par mois. Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer aux petits plaisirs.

Un métier rare, très masculin, et plutôt bien payé pour un poste sans diplôme supérieur. Mais entre les déplacements, le crédit auto et les imprévus, le compte en banque de Noémie réserve quelques surprises.

Ce que rapporte vraiment un métier où l’on travaille en hauteur

Noémie est salariée d’un installateur d’ascenseurs depuis neuf ans. Son salaire de base s’élève à 2 050 € nets, auquel s’ajoutent 180 € de primes de panier et de déplacement versées chaque mois.

Viennent ensuite les heures supplémentaires, fréquentes en fin de chantier. Elles lui rapportent en moyenne 150 € nets supplémentaires, ce qui porte son total à 2 380 €.

« On ne devient pas riche, mais on vit correctement », résume-t-elle. Son conjoint, Julien, est employé dans la logistique et gagne 1 900 € nets : le foyer dispose donc de 4 280 € par mois. Dans cet article, on se concentre sur la part de Noémie, mais une bonne partie des charges est partagée. Et c’est là que ça devient intéressant.

Noémie, monteuse d'ascenseurs, casque sur la tête dans une cage d'ascenseur

Les dépenses fixes : le poste qui avale presque la moitié du salaire

Le couple loue un appartement de 70 m² dans un quartier calme de Mulhouse, pour 780 € de loyer charges comprises. Noémie en paie 50 %, soit 390 € chaque mois.

Côté transport, elle roule dans une Clio de 2017 achetée à crédit. La mensualité s’élève à 215 €, auxquels s’ajoutent 68 € d’assurance et environ 140 € de carburant pour les trajets vers les chantiers non couverts par le véhicule de société.

Le reste des charges fixes se décompose ainsi :

Téléphone et internet : 32 € pour sa part. Mutuelle : 45 €. Électricité et chauffage : 65 €. Streaming et abonnements : 19 €. Assurance habitation : 12 €. Au total, les dépenses fixes de Noémie atteignent environ 986 € par mois. Un chiffre qui grimpe vite, et la ligne suivante l’explique en partie.

Reste un poste que beaucoup de salariés oublient : les frais liés au métier. Noémie achète elle-même ses chaussures de sécurité renforcées et ses gants techniques, pour environ 25 € par mois lissés sur l’année.

Couple qui vérifie ses factures autour d'une table de cuisine

Courses, sorties, vacances : là où le budget respire (ou pas)

Pour les courses alimentaires, le couple dépense 420 € par mois, dont 210 € à la charge de Noémie. Elle cuisine beaucoup le dimanche soir pour préparer ses repas de la semaine : « Sur les chantiers, je ne mange pas au restaurant, ce serait ingérable. »

Elle s’accorde tout de même 60 € de sorties mensuelles, entre un resto et un ciné. Le shopping vestimentaire reste modeste, à 40 € en moyenne, car ses tenues de travail sont fournies par l’entreprise.

Reste le grand luxe de l’année : les vacances. Noémie et Julien mettent de côté 120 € par mois chacun pour une semaine au soleil en septembre. « C’est notre seul vrai plaisir budgétaire, je n’y touche jamais. »

Les dépenses variables totalisent donc 430 € par mois pour elle. Mais qu’en est-il de ce qui reste à la fin ?

Ce qu’il reste en fin de mois (et le chiffre qui surprend)

Additionnons : 986 € de charges fixes, 430 € de dépenses variables, 25 € de frais professionnels. Il reste donc environ 939 € chaque mois sur ses 2 380 € nets, avant épargne.

Noémie en place 500 € sur un Livret A et un PEL, ouvert il y a cinq ans. Elle garde 150 € de marge pour les imprévus, et 289 € partent dans un projet précis : l’apport pour l’achat d’une petite maison avec Julien.

« Je sais que je pourrais épargner plus si je rognais sur les sorties, mais j’ai besoin de respirer », confie-t-elle. Le couple vise un achat d’ici trois ans, dans la périphérie de Mulhouse, où les prix restent nettement sous ceux de Strasbourg.

Son crédit auto s’arrête dans 18 mois : à ce moment-là, 215 € de marge supplémentaire s’ajouteront chaque mois. Un soulagement qu’elle attend déjà avec impatience.

Le verdict : mieux que la moyenne, mais sans filet énorme

Avec 2 380 € nets, Noémie dépasse le salaire médian français, qui tourne autour de 2 100 € nets. Elle s’en sort, épargne chaque mois, et peut même partir en vacances. Mais un gros pépin, comme une panne de voiture ou une période sans heures sup, resserrerait vite l’étau.

« Mon rapport à l’argent, c’est de ne pas le regarder avec angoisse, mais de ne jamais l’oublier », conclut-elle. Une philosophie simple, qui lui permet de dormir tranquille, même à 40 mètres au-dessus du sol.

Envie de comparer avec un autre quotidien de terrain ? Découvrez comment Aurélien, mécanicien auto à Châteauroux, gère son budget, ou jetez un œil aux comptes de Loïc, technicien son à Montpellier, dont le salaire surprend.

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