Dans les comptes de Bérénice, technicienne de maintenance éolienne à Narbonne à 2 410 € nets par mois
Bérénice, 31 ans, passe ses journées à 80 mètres du sol, harnachée dans la nacelle d’une éolienne des Corbières. Technicienne de maintenance à Narbonne, elle gagne 2 410 € nets par mois. Un salaire correct, mais un quotidien qui coûte cher en kilomètres, en équipements et en fatigue.
Voici comment elle répartit chaque euro, poste par poste. Et il y a une ligne de son budget qui l’étonne encore elle-même.
Ce qui tombe sur son compte chaque mois
Le salaire de base de Bérénice s’élève à 2 120 € nets. S’y ajoutent une prime de risque en hauteur de 140 € et une indemnité d’astreinte moyenne de 150 € : une semaine d’astreinte toutes les six semaines, avec un téléphone qui peut sonner à 3 heures du matin.
Total : 2 410 € nets, versés avant prélèvement à la source. Elle ne touche ni APL ni prime d’activité, son revenu étant légèrement trop élevé pour y prétendre. « Tout le monde pense que travailler en hauteur, ça paie énormément. Disons que ça paie mieux que la moyenne, pas plus », sourit-elle.
Ce chiffre place Bérénice un peu au-dessus du salaire médian français, qui tourne autour de 2 100 € nets. Reste à voir ce qu’il en reste une fois les factures passées.

Les dépenses fixes : le poste qui ne bouge jamais
Bérénice vit en couple avec Julien, infirmier libéral, dans une maison de ville à Narbonne. Ils remboursent ensemble un crédit immobilier de 980 € par mois, dont elle assume 55 %, soit 540 €. Le reste de leur train de vie se partage au prorata des revenus.
Côté charges, voici sa part mensuelle :
Électricité et gaz : 75 €. Internet et mobile : 45 €. Assurance habitation : 22 €. Taxe foncière lissée : 58 €. Mutuelle d’entreprise : 38 €. Assurance auto : 62 €. Abonnements (streaming, salle d’escalade) : 41 €. Soit 341 € de charges, auxquels s’ajoutent les 540 € de crédit.
Le total grimpe à 881 €. Et ce n’est que le début, car il manque le poste qui pèse le plus lourd sur son budget, celui que son métier impose.
Le poste que personne n’imagine dans ce métier
Les parcs éoliens ne se trouvent pas en centre-ville. Bérénice parcourt en moyenne 1 800 km par mois entre Narbonne, les parcs de l’Aude et ceux de l’Hérault. Son employeur rembourse une partie des frais kilométriques, mais pas tout.
Elle débourse environ 210 € de carburant par mois, plus 65 € d’entretien lissé et 40 € de péages. Soit 315 € pour sa voiture de service partielle et son véhicule personnel, dont elle se sert pour rejoindre les agences. « Je roule plus qu’un VRP, et personne ne le sait », glisse-t-elle.
À cela s’ajoute un achat récurrent qu’on oublie : les chaussures de sécurité, les gants techniques et les sous-vêtements thermiques qu’elle renouvelle à ses frais pour les semaines d’hiver. Compte 25 € par mois en moyenne sur l’année.

Courses, sorties, plaisirs : où part le reste ?
Côté alimentation, le couple dépense 520 € par mois pour deux, Bérénice en prenant 260 € à sa charge. Elle mange beaucoup de protéines et cuisine en batch le dimanche pour tenir ses journées physiques.
Ses autres dépenses variables sont les suivantes : restaurants et sorties, 120 € ; vêtements et petits achats, 70 € ; loisirs (escalade, rando), 55 € ; cadeaux et dépenses imprévues, 60 € ; vacances lissées, 180 € par mois, ce qui finance deux semaines par an en Espagne ou en Sardaigne.
Le total des dépenses variables monte à 745 €. « J’ai arrêté de compter chaque café, mais je regarde toujours les grosses lignes », reconnaît-elle. Reste à savoir ce que ce rythme laisse en fin de mois.
Le bilan : serré, confortable, ou entre les deux ?
Faisons le compte. Revenus : 2 410 €. Dépenses fixes : 881 €. Frais liés au métier et à la voiture : 340 €. Dépenses variables : 745 €. Total des sorties : 1 966 €.
Il reste donc 444 € par mois. Bérénice en place 300 € sur un Livret A et un PEL, et garde 144 € de marge pour les mois où la voiture réclame une réparation. En un an, elle accumule environ 3 600 € d’épargne de précaution.
Son crédit court encore sur 17 ans. Elle espère le renégocier si les taux baissent, et ambitionne de passer un jour à un poste de chef d’équipe, mieux payé mais moins grimpant. « J’aime ce métier, mais je ne me vois pas encore à 55 ans dans une nacelle », confie-t-elle.
Ce que ce budget raconte du métier
Avec 2 410 € nets, Bérénice vit mieux que le Français moyen sans pour autant rouler sur l’or. Son secret tient à une règle simple : épargner d’abord, dépenser ensuite. « Je vire 300 € dès le 1er du mois, et je vis avec ce qui reste. Ça évite de se raconter des histoires », résume-t-elle.
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