À 18 ans, il revend des LEGO sur eBay : 354 000 € de ventes en un an, un lot de 95 kilos parti à 26 500 €

Dans le sud de Londres, un adolescent a transformé une passion d’enfance en machine à cash. À 18 ans, Jamie Bell affiche des chiffres que bien des petits commerçants lui envieraient. Mais derrière les 354 000 € de ventes, un détail change tout : ce qu’il compte vraiment faire de cet argent, et pourquoi il ne veut pas continuer.
Des jouets de ses 13 ans à un stock de masse : la progression qui a tout lancé
Tout commence à 13 ans, de façon très banale. Jamie Bell vend d’abord ses propres jouets, sans plan de carrière derrière.
Un an plus tard, il franchit un cap. Il achète son premier set LEGO, le démonte et revend les pièces séparément, pour environ deux fois son prix d’achat, selon People.
La mécanique est simple : écouler chaque figurine à l’unité depuis sa page eBay. Pas besoin d’une collection rare, insiste le récit : le volume et le tri suffisent.
À 15 ans, il change d’échelle. Il achète des stocks en masse pour les revendre à des collectionneurs et à des professionnels de la revente. « J’étais leur fournisseur », résume-t-il.
À 16 ans, l’activité tourne si bien qu’il doit recourir à un expert-comptable. Pour un lycéen, c’est un drôle de rendez-vous.
Reste une question : comment passe-t-on de la revente de figurines à six chiffres de ventes ? La réponse tient en deux années très inégales.
118 000 €, puis 354 000 € : le triplement qui a fait basculer l’affaire
Selon les informations relayées par Les Numériques, la première année complète lui rapporte environ 118 000 € de chiffre d’affaires. L’année suivante, le compteur grimpe à 354 000 €. Soit un triplement en douze mois.
Son secret tient en une position : un créneau de niche, coincé entre les gros vendeurs et les petits. Il n’est ni le particulier qui vide un grenier, ni l’entrepôt industriel.
Chaque mois, il écoule près de 100 kilos de LEGO. Sa boutique affiche 2 900 ventes conclues et 100 % d’évaluations positives, un capital confiance précieux sur une plateforme d’enchères.
Ses clients, eux, sont très ciblés. Environ 40 % sont de gros collectionneurs au budget conséquent, et parmi eux, 60 % rachètent pour revendre à l’unité. Une chaîne de revente où chacun trouve sa marge.
Côté organisation, Jamie gère tout lui-même. Son père l’aide à expédier les colis et à gérer une partie de l’administratif, et le stock dort chez ses parents, dans de grandes boîtes en carton. Rien de glamour, donc.
Alors, que reste-t-il une fois les achats et les frais réglés ? Et quel lot a vraiment marqué son année ? Le chiffre est plus modeste que le titre ne le laisse croire, et l’enchère star cache un piège.
Le lot de 95 kilos à 1 € et le vrai bénéfice : 59 000 €
Parmi ses ventes de l’année figure un lot de 95 kilos de figurines LEGO Star Wars. Mise à prix : 1 €.
Après 65 offres, le lot est parti pour environ 26 500 €. Un résultat spectaculaire, mais pas la meilleure opération du jeune homme : il confie que ce lot lui a coûté très cher à l’achat.
C’est là que le chiffre d’affaires trompe. Les 354 000 € ne sont pas un salaire : une fois retiré l’achat du stock et les autres frais, le bénéfice tombe à près de 59 000 €.
D’autres ventes ont aussi marqué : une enchère terminée à environ 5 270 €, et deux figurines LEGO Batman parties pour près de 890 €. De quoi mesurer la ferveur des acheteurs.
Le vrai enseignement est donc là : le business est réel, mais la marge, elle, reste de l’ordre d’un sixième du chiffre d’affaires. Un écart que bien des vendeurs en ligne oublient de calculer.
Et maintenant, que fait-il de ces 59 000 € ? La réponse surprend.

Pourquoi Jamie Bell veut arrêter les LEGO malgré le succès
Ceux qui rêvent de vivre de la revente en ligne peuvent aussi regarder du côté de ces jeunes qui font de Vinted un vrai business. Mais Jamie, lui, a déjà tranché : il ne compte pas continuer dans la revente de LEGO.
Son avenir, il le voit à l’université, à étudier l’histoire. Son objectif : une carrière bien plus stable que celle d’un marchand de briques en plastique, aussi lucrative soit-elle.
Une grande partie de ses revenus file donc vers un compte épargne. Le but affiché : acheter son premier appartement.
Le contraste est frappant. Un adolescent qui brasse des centaines de milliers d’euros de ventes choisit pourtant les amphithéâtres plutôt que l’entrepreneuriat à temps plein.
C’est peut-être la leçon la plus lucide de l’histoire. Jamie a compris que la marge d’une niche dépend d’un marché de passionnés, et que ce marché peut se retourner.
Ce que son parcours dit de la revente en ligne
Le cas Jamie Bell n’est pas isolé dans l’esprit du temps : la revente d’objets de collection attire de plus en plus de jeunes. Certains se lancent même avec de simples créations, comme cette adolescente qui vend devant son école et dont les parents ont dû passer par le fisc.
Les ingrédients de son succès sont reproductibles en théorie : acheter en volume, trier, revendre à l’unité, et soigner sa réputation. Mais ils demandent du temps et de la rigueur, sans parler du stock à héberger.
Pour les débutants, l’organisation compte autant que le flair. Certains optimisent leur temps avec ces pochettes pensées pour les accros à Vinted, un détail logistique qui fait la différence quand les colis s’accumulent.
À surveiller ensuite : la trajectoire de Jamie lui-même. Sera-t-il toujours vendeur à l’université, ou la brique sera-t-elle un souvenir ? Pour l’instant, il affirme préférer la stabilité.
Son histoire reste aussi un rappel utile : un chiffre d’affaires n’est jamais un revenu.
La vraie réussite de Jamie Bell n’est peut-être pas d’avoir vendu des LEGO, mais d’avoir su quand s’arrêter. Et si les objets de collection cachent d’autres fortunes, ces goodies de la caravane que les collectionneurs revendent une fortune prouvent que la ruée ne fait que commencer. Quant à ceux qui se demandent ce que valent vraiment leurs vieux objets, cette cafetière achetée quelques francs dans les années 70 pourrait bien vous réserver une surprise.