Tour de France 2026 : ces goodies de la caravane que les collectionneurs revendent une fortune
Le Grand Départ du Tour de France 2026 approche à grands pas. Et si les coureurs fascinent, il y a un spectacle dans le spectacle que 10 millions de spectateurs attendent au bord des routes : la caravane publicitaire. Ses 150 véhicules bariolés distribuent chaque année des millions d’objets promotionnels.
Casquettes, bobs, porte-clés, échantillons… La plupart finissent au fond d’un tiroir. Mais certains goodies, eux, s’arrachent sur les sites de revente à des prix qui feraient pâlir un brocanteur aguerri. Plongée dans un marché parallèle où la nostalgie a un prix.

Un défilé de 150 chars qui précède les champions

La caravane publicitaire du Tour de France existe depuis 1930. C’est Henri Desgrange, le créateur de la course, qui a eu l’idée d’y intégrer des marques pour financer l’événement. Depuis, elle est devenue une institution à part entière.
Chaque été, environ 150 véhicules décorés défilent pendant près de 45 minutes avant le passage du peloton. C’est souvent plus long que le passage des coureurs eux-mêmes. Pour beaucoup de familles installées en bord de route, la caravane EST le spectacle principal.
Les chiffres donnent le vertige : environ 16 millions d’objets sont distribués chaque année sur l’ensemble des étapes. Sachets de bonbons, bidons, bobs, casquettes, porte-clés, magnets… La liste est interminable. Mais tous ces goodies ne se valent pas, loin de là.
Le bob Cochonou : le Graal des collectionneurs
Si un objet symbolise à lui seul la caravane du Tour, c’est bien le bob Cochonou. Ce petit chapeau blanc à carreaux rouges est distribué depuis les années 1990. Il est devenu une icône de la culture populaire française, au même titre que le maillot jaune.

Sur Leboncoin ou Vinted, les bobs Cochonou vintage des années 1990-2000 se négocient entre 15 et 40 euros pièce. Ceux en parfait état, encore emballés dans leur sachet d’origine, peuvent grimper jusqu’à 60 euros. Un bob. En plastique. Pour le prix d’un restaurant.
Les modèles les plus cotés sont ceux des éditions spéciales ou des années anniversaires. Un bob Cochonou du centenaire du Tour (2003) en bon état peut atteindre 80 euros sur les forums de collectionneurs spécialisés. Comme pour les objets vintage des années 70-80, c’est la nostalgie qui fait grimper les enchères.
Et ne croyez pas que tout le monde joue fair-play pour en décrocher un. En 2019, une vidéo devenue virale montrait une femme arrachant un bob des mains d’un enfant au bord de la route. La scène avait indigné les réseaux sociaux pendant plusieurs jours.
Les casquettes : un marché bien plus structuré qu’on ne croit
Avant le bob, la casquette était reine. Dans les années 1960 à 1980, les marques distribuaient des casquettes en coton frappées de leur logo. Peugeot, Miko, Banania… Ces noms résonnent encore dans la mémoire des spectateurs de l’époque.
Aujourd’hui, ces casquettes vintage alimentent un véritable marché de collection. Sur les sites d’enchères spécialisés, une casquette Peugeot des années 1970 en bon état se vend entre 25 et 50 euros. Les modèles Banania, plus rares, peuvent dépasser les 100 euros.
Ce qui fait la valeur, c’est la combinaison de trois critères : la marque (disparue ou mythique), l’état de conservation et l’année. Un modèle issu d’un Tour marqué par un exploit sportif vaut toujours plus cher. Comme pour les pièces de monnaie oubliées dans les tiroirs, ce sont les détails qui font la différence.
Ces véhicules délirants qui valent le détour à eux seuls
La caravane ne distribue pas que des goodies. Elle offre aussi un spectacle visuel totalement démesuré. Chaque marque rivalise d’imagination pour transformer ses véhicules en chars de carnaval géants.
Parmi les plus célèbres : la voiture en forme de chou-fleur de Leclerc, les saucissons géants de Cochonou, ou encore la caravane Haribo qui projette des bonbons à plusieurs mètres. Le poste de conducteur de ces engins est d’ailleurs très convoité : certaines marques reçoivent des centaines de candidatures chaque année.
Les miniatures et maquettes de ces véhicules délirants constituent d’ailleurs une catégorie de collection à part. Les modèles réduits officiels, vendus dans les boutiques du Tour, se revendent parfois le double ou le triple quelques années plus tard. Un coffret de miniatures des années 2000 peut facilement atteindre 150 euros.
Ce que les initiés traquent vraiment au bord des routes
Les collectionneurs les plus aguerris ne courent pas après les bobs ou les casquettes. Ce qu’ils recherchent, ce sont les objets à diffusion ultra-limitée. Certaines marques ne distribuent leurs goodies que sur une ou deux étapes, ce qui crée une rareté artificielle redoutable.
Les porte-clés métalliques, par exemple, sont bien moins distribués que les objets en plastique. Leur durée de vie est plus longue, leur aspect plus qualitatif. Un porte-clés Crédit Lyonnais des années 1990 (la banque qui sponsorisait le maillot jaune) se négocie aujourd’hui entre 30 et 70 euros selon les plateformes.
Les bidons de coureurs constituent un autre segment prisé. Pas ceux de la caravane, mais ceux que les cyclistes jettent en course et que les spectateurs ramassent. Un bidon utilisé par un champion lors d’une étape de montagne peut se vendre plusieurs centaines d’euros. C’est l’équivalent cycliste d’un objet du quotidien devenu pièce de collection.
Leboncoin, Vinted, eBay : le marché parallèle du Tour
Chaque été, dès les premières étapes, les annonces fleurissent sur les sites de revente. « Lot caravane Tour de France 2025 », « Bob Cochonou neuf sous blister », « Casquette vintage années 80 »… Les vendeurs connaissent leur marché et savent exactement quoi mettre en avant.
Les lots complets d’une journée de caravane (tout ce qu’un spectateur a récupéré sur une étape) se vendent entre 20 et 50 euros. C’est devenu un petit business saisonnier pour certains habitués qui se positionnent stratégiquement sur le parcours.
Le phénomène rappelle celui de la revente au marché noir : une poignée de passionnés transforment un moment populaire en opportunité commerciale. La différence, c’est qu’ici, l’objet de départ est gratuit.
Plus surprenant encore : certains collectionneurs étrangers, notamment japonais et américains, achètent en ligne des goodies de la caravane sans avoir jamais mis les pieds en France. Le Tour de France reste la troisième compétition sportive la plus suivie au monde, et sa caravane fascine bien au-delà de nos frontières.
Pourquoi ces objets sans valeur deviennent des trésors
Un bob en plastique, une casquette en coton fin, un porte-clés publicitaire… Objectivement, ces objets ne valent rien. Leur coût de fabrication se compte en centimes. Alors pourquoi certains atteignent-ils des dizaines, voire des centaines d’euros ?
La réponse tient en un mot : la mémoire. Chaque goodie de la caravane est associé à un souvenir d’enfance, une journée en famille au bord d’une route de campagne, l’attente sous le soleil et l’excitation du défilé. C’est le même mécanisme qui fait flamber les prix des cafetières Moulinex vintage ou des plats Pyrex de nos grands-mères.
Dans cinq jours, la caravane 2026 s’élancera pour trois semaines de tournée. Seize millions de goodies seront distribués. La plupart finiront à la poubelle avant la fin de l’été. Mais quelques-uns, ceux que personne ne remarquera sur le moment, dormiront dans un grenier pendant vingt ans avant de resurgir sur Leboncoin. Avec une étiquette de prix qui aurait fait sourire le gamin qui les a attrapés au vol.