Michel-Édouard Leclerc lâche le chiffre qui inquiète : des carburants à 2,40 euros le litre en approche
Vous roulez encore avec un plein à un peu plus de deux euros le litre ? Accrochez-vous. Un poids lourd de la grande distribution française vient d’évoquer publiquement un seuil qui donne le vertige.

Michel-Édouard Leclerc n’est pas du genre à s’alarmer pour rien. Et pourtant, ce vendredi sur LCI, le président du comité stratégique d’E.Leclerc a lâché un chiffre qui a de quoi faire tiquer tous les automobilistes français.
Reste une question : est-ce vraiment inévitable, ou juste une hypothèse parmi d’autres ?
Un prix qui rôde déjà au-dessus des deux euros
Le constat de départ est simple : les prix à la pompe restent installés largement au-dessus des deux euros le litre depuis plusieurs semaines. Une situation qui pèse sur le budget des ménages, mais aussi sur celui des professionnels qui vivent de la route, un peu à la manière des stations-service qui voient déjà leur fréquentation chuter partout en France.
C’est dans ce climat que Michel-Édouard Leclerc a pris la parole. Il assure « se préparer » à ce que le litre grimpe jusqu’à 2,40 euros. Une nuance immédiate toutefois : « Peut-être que ça n’arrivera pas », a-t-il précisé, refusant de transformer son avertissement en prophétie certaine.
Le patron du groupe reconnaît d’ailleurs son impuissance à prévoir la suite. « Je suis incapable de tracer une perspective sur les prix des carburants », a-t-il admis, renvoyant la responsabilité de cette incertitude à un facteur qui dépasse largement les rayons de ses hypermarchés : le contexte géopolitique international, aussi volatile que les prévisions météo qui bousculent déjà les scénarios de l’été.
Ormuz, Iran, États-Unis : le vrai déclencheur de la hausse
Car derrière ce chiffre de 2,40 euros, il y a une mécanique bien précise. Après un mois d’accalmie, les tensions entre Washington et Téhéran ont repris dimanche, à l’initiative de l’armée américaine. Objectif affiché : empêcher des roquettes chargées de mines marines d’être tirées dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le pétrole mondial.
Ce jeudi encore, l’Iran a visé de nouvelles cibles militaires américaines dans le Golfe, promettant de venger une frappe qui a coûté la vie à quatre personnes lors d’un mariage mardi soir. Washington a de son côté annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette attaque, dans un climat qui rappelle à quel point les intérêts énergétiques américains pèsent sur les décisions internationales.
Malgré ce contexte tendu, le vice-président américain JD Vance a tenu à rassurer : la circulation du pétrole et du gaz dans le détroit d’Ormuz aurait « presque » retrouvé ses niveaux d’avant-guerre. Une nuance qui n’efface pas le risque d’un dérapage des prix si la situation venait à s’aggraver, un peu comme certaines réformes économiques françaises inquiètent déjà le pouvoir d’achat des ménages.

Le garde-fou évoqué par Leclerc, et les aides déjà sur la table
Comme certaines annonces gouvernementales qui touchent directement le pouvoir d’achat, Michel-Édouard Leclerc pointe un mécanisme de rattrapage possible si la situation devenait intenable. « Je pense qu’il y a un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si ça durait et que c’était trop fort, de diminuer un peu la taxation des carburants », prévient-il, laissant entendre que l’État ne resterait pas les bras croisés face à une envolée des prix.
En attendant un éventuel geste sur la fiscalité, le gouvernement a déjà tranché sur un autre front. Les aides destinées aux secteurs les plus exposés à la hausse des carburants « seront reconduites » pour septembre et octobre, a confirmé l’exécutif. Une décision qui exclut cette fois les transporteurs routiers du dispositif.
La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a détaillé la mesure : « les aides seront reconduites pour deux mois pour les agriculteurs, les pêcheurs, pour le secteur du BTP ». Michel-Édouard Leclerc a salué cette annonce, la qualifiant de « très bonne chose », rappelant que « les gros rouleurs ont besoin d’aide ».
Le coût de ce dispositif s’élève à 70 millions d’euros par mois pour les finances publiques, à l’image des multiples changements attendus en France dès la rentrée de septembre.
Entre géopolitique instable et fiscalité sous surveillance, le seuil des 2,40 euros reste une hypothèse, pas une certitude. Mais le simple fait qu’un acteur aussi central que Leclerc s’y prépare en dit long sur la nervosité ambiante. Et vous, à quel prix arrêteriez-vous de faire le plein sans y réfléchir à deux fois ?