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Une simple rumeur de faillite fait s’effondrer ce constructeur automobile de 57% en Bourse

Publié par Mathieu le 17 Juil 2026 à 9:14
Trader stupéfait devant un graphique boursier qui s'effondre

Un simple article de blog, et c’est tout Wall Street qui tremble. En quelques minutes, l’action d’un constructeur automobile américain s’effondre, forçant les autorités boursières à suspendre sa cotation à trois reprises. La marque dément aussitôt, mais le mal est déjà fait.

Derrière cette panique éclair se cache une réalité bien plus fragile qu’il n’y paraît : une entreprise qui brûle des sommes colossales chaque trimestre, et un sauveur providentiel sans qui tout aurait déjà pu s’arrêter.

Une rumeur de faillite qui fait dévisser le titre en quelques minutes

Tout commence par un article de blog. Son affirmation : le constructeur Lucid envisagerait une restructuration sous le Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, voire carrément un retrait de la Bourse. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une vague de panique chez les investisseurs.

Le titre dévisse de près de 57%, touchant un plancher historique à 2,37 dollars. La violence du mouvement est telle que les autorités financières doivent suspendre la cotation à trois reprises dans la même séance, un signal rarement observé même dans les secteurs les plus volatils comme la voiture électrique.

Ce genre d’emballement rappelle à quel point la confiance des marchés peut basculer en quelques clics, un peu comme lorsqu’une simple facture liée à l’intelligence artificielle révèle brutalement la fragilité d’un modèle économique entier.

Le démenti de Lucid ne suffit pas à calmer les doutes

Face à l’ampleur du séisme, Lucid réagit rapidement. L’entreprise qualifie ces allégations de « totalement fausses » et précise que le cabinet AlixPartners intervient uniquement pour optimiser les processus opérationnels, pas pour préparer un dépôt de bilan.

Le cours se redresse partiellement pour clôturer à 4,62 dollars, soit une baisse finale de 16,2%. Un rebond, certes, mais qui ne masque pas l’essentiel : cette tempête a révélé à quel point la confiance des investisseurs ne tient plus qu’à un fil, un peu comme le prix du carburant qui peut s’effondrer sur une simple annonce.

La réalité économique de Lucid, elle, ne fait aucun doute. Fabriquer des berlines électriques ultra-performantes et des SUV au design léché coûte une fortune : sur le seul premier trimestre, la firme a vu s’envoler 1,4 milliard de dollars en fumée. Chaque véhicule qui sort des chaînes d’assemblage représente encore une perte sèche pour la marque.

Chaîne de montage automobile électrique presque à l'arrêt

Le sauveur saoudien qui empêche la chute finale

Dans n’importe quelle autre configuration, la clé serait déjà sous le paillasson. Mais Lucid dispose d’un atout de poids : le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite (PIF), qui détient plus de 57% du capital et a déjà injecté plus de 8,5 milliards de dollars en quatre ans pour maintenir le projet à flot.

Au printemps dernier encore, une rallonge de 550 millions de dollars a permis d’éviter l’asphyxie financière. Un soutien qui rappelle que certaines entreprises, comme certains projets industriels autour des énergies renouvelables, survivent grâce à des investisseurs prêts à absorber des pertes massives sur le long terme.

Pour rassurer ce parrain généreux, le nouveau patron Silvio Napoli, arrivé de chez Schindler, a tranché dans le vif : 18% des effectifs ont été remerciés et les postes de direction largement renouvelés. Le lancement du modèle Gravity, censé relancer les ventes, a lui aussi été plombé par un problème de qualité sur les sièges arrière, gelant les livraisons pendant un mois et forçant une révision à la baisse des objectifs de production annuels.

Une rumeur, trois suspensions de cotation, et une entreprise qui ne tient plus que grâce à la générosité d’un fonds souverain : voilà le résumé express de cette panique boursière. Reste à savoir si Ryad continuera longtemps à signer des chèques sans broncher.

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