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Parents de trois enfants : le bonus de 10 % laisse place à 105 €, et au-delà de 1 050 € de pension, on y perd

Publié par Mathieu le 23 Oct 2026 à 20:34
Retraité pensif examinant des papiers sur une table de cuisine

Vous avez élevé trois enfants, ou vous préparez votre retraite avec cette perspective en tête ? Le bonus de 10 % sur la pension, que beaucoup de familles nombreuses comptent presque comme acquis, est dans le viseur du budget de la Sécu 2027. Il serait remplacé par un forfait fixe, mais tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne : un seuil précis sépare les gagnants des perdants.

Article 34 : le bonus de 10 % des parents de trois enfants sur la sellette

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 contient un article qui fait déjà beaucoup parler : l’article 34. Adopté en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, il acterait l’extinction progressive de la majoration de 10 % accordée aux parents ayant élevé au moins trois enfants dans les régimes de base.

Ce coup de pouce existe depuis des décennies. Pour beaucoup de familles nombreuses, il fait partie du paysage, au point d’entrer d’office dans les projections de pension. Le voir disparaître, c’est toucher à un repère.

Mais le texte ne se contente pas de supprimer. Il remplace un pourcentage par une allocation forfaitaire, c’est-à-dire un montant fixe pour tout le monde. Et c’est là que tout se joue : un pourcentage et un forfait ne se comportent pas du tout pareil selon le niveau de la pension.

Ce changement de logique alimente déjà les craintes, comme on le voit avec ce rabot qui inquiète les familles de trois enfants ou plus. Les inquiétudes portent surtout sur le calendrier et sur les montants en jeu.

Selon Senior Actu, le dernier paragraphe de l’article 34 serait « sans ambiguïté » sur la date d’application. Qui est concerné, et qui ne bougera pas d’un euro ? On y vient. Mais d’abord, une question simple : pourquoi le gouvernement veut-il s’attaquer à un avantage aussi ancien ?

Pourquoi le gouvernement veut déboulonner ce bonus historique

L’argument officiel tient en un mot : l’égalité. Le gouvernement estime que la majoration de 10 % amplifie les écarts de salaires passés. Un pourcentage rapporte plus à ceux qui ont les pensions les plus élevées, donc aux carrières ascendantes, majoritairement masculines.

En face, les femmes accusent un écart de pension moyen direct de 37 %, selon les chiffres de la Drees. Autrement dit, le bonus actuel donnerait davantage à ceux qui ont déjà davantage. Une mécanique que le texte entend casser.

Cette question des écarts n’est pas nouvelle : elle se joue parfois sur des détails de calendrier, comme le montrent ces 15 jours d’écart qui changent la pension des mères de famille à vie.

Il y a aussi un impératif budgétaire. D’après l’exposé des motifs du projet de loi, cité par la CFDT Retraités, la réforme fonctionne à enveloppe fermée. La dépense publique globale resterait « du même ordre » qu’aujourd’hui, avec une redistribution des plus hautes pensions vers les plus faibles.

Reste la question qui vous brûle les lèvres : combien, exactement ? Selon les projections de la CFDT Retraités, le forfait s’élèverait à environ 105 euros bruts par mois pour une carrière complète effectuée au taux plein.

Attention, ce montant n’est pas garanti au même niveau pour tous. Le texte introduit une proratisation : si votre durée d’assurance est incomplète, la somme est réduite à due proportion des trimestres réellement validés. Pour les conjoints survivants, un forfait spécifique de réversion est prévu, estimé par le syndicat à 35 euros par mois.

Alors, 105 euros, est-ce mieux ou moins bien que 10 % ? Tout dépend d’un chiffre que le texte place en son centre.

Main tenant une calculatrice près de documents vierges

Le seuil de 1 050 € qui sépare gagnants et perdants

Ce calcul ne concerne que les régimes de base : la retraite complémentaire suit un autre chemin, comme le rappelle l’actualité Agirc-Arrco, suspendue à un rendez-vous d’octobre. Pour le régime de base, la grille tarifaire s’articule autour d’un seuil de bascule de 1 050 euros de retraite de base.

Le principe est simple. Les assurés dont la pension de base est inférieure à cette limite touchent un bonus supérieur à celui du dispositif actuel. Ceux dont la pension la dépasse essuient un manque à gagner.

La logique arithmétique saute aux yeux : 10 % de 1 050 euros, cela fait 105 euros, soit le montant du forfait. En dessous, le pourcentage rapportait moins que le forfait ; au-dessus, il rapportait plus.

À titre d’illustration, avec une carrière complète : une pension de base de 800 euros donnait 80 euros de bonus, elle en toucherait 105. Une pension de 1 500 euros donnait 150 euros, elle en perdrait environ 45. Ce sont des ordres de grandeur, pas des simulations officielles.

Cette redistribution a un revers, et il n’a pas échappé à tout le monde. En commission, le député LR Thibault Bazin a alerté sur le fait que « cela risque de pénaliser le niveau de pension de base d’un grand nombre » d’assurés.

Voilà la réponse que promettait ce titre : le forfait de 105 euros avantage les petites pensions, et désavantage celles qui dépassent 1 050 euros. N’oubliez pas la proratisation, qui peut faire baisser le forfait si votre carrière est incomplète.

Reste à savoir qui est vraiment touché, et quand.

Ce que ça change concrètement, et pour qui rien ne bouge

Première bonne nouvelle pour les retraités actuels : la mesure ne s’appliquerait qu’aux nouvelles pensions liquidées. Seules celles prenant effet à compter du 1er juillet 2027 sont visées. Les personnes déjà à la retraite avant cette échéance conservent donc définitivement leur majoration de 10 %.

Deuxième point, souvent oublié : la retraite complémentaire du secteur privé est épargnée. La majoration de 10 % versée par l’Agirc-Arrco aux parents de trois enfants reste inchangée, car elle dépend des accords signés par les partenaires sociaux, pas de la loi de financement de la Sécurité sociale.

Pour les futurs retraités, le mieux est donc de regarder deux choses : le niveau de sa pension de base par rapport au seuil, et le nombre de trimestres validés. Les règles de calcul évoluent aussi pour d’autres familles, comme le montre ce raccourcissement du calcul à 23 ans pour les parents de deux enfants ou plus.

Rappelons que le texte vient d’être adopté en commission : le projet de loi doit encore suivre son parcours parlementaire. Les montants avancés, notamment les 105 euros et les 35 euros de réversion, sont des estimations de la CFDT Retraités, pas des chiffres gravés dans le marbre.

Le calendrier général de la retraite bouge d’ailleurs sur plusieurs fronts à la fois, avec par exemple cette date de départ qui change dès le 1er septembre 2026 pour 3,5 millions de Français. Mieux vaut suivre les prochains débats à l’Assemblée avant de refaire ses comptes.

Le bonus de 10 % ne disparaît pas pour tout le monde : il s’efface devant un forfait, et c’est votre pension de base qui dira de quel côté de la ligne vous tombez. Une autre règle pourrait aussi toucher votre porte-monnaie, et elle concerne ceux qui continuent à travailler une fois en retraite.

Et quand une pension de 4 800 euros fait polémique, le débat qui a embrasé le web autour de Martine montre à quel point le sujet est explosif.

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