Retraite : avoir 2 enfants ou plus raccourcit désormais le calcul de votre pension à 23 ans au lieu de 25

Vingt-cinq années de salaire retenues pour calculer une pension, c’était la règle depuis des décennies. Pour des millions de parents, ce chiffre vient de bouger. Depuis le 1er septembre 2026, un décret change discrètement la donne pour les bénéficiaires de majorations de durée d’assurance liées aux enfants. Et l’effet sur le montant final de la pension pourrait bien vous surprendre.
Un décret qui rebat les cartes du calcul de la pension
Le principe du revenu annuel moyen consiste à faire la moyenne des meilleures années de salaire d’une carrière. Moins on retient d’années, plus il devient facile d’exclure les périodes creuses : temps partiel, congé parental, début de carrière mal payé.
Ce texte découle du décret n°2026-699 du 29 juillet 2026. Son objectif est limpide : réduire le nombre d’années prises en compte pour le calcul du revenu annuel moyen des bénéficiaires de majorations de durée d’assurance au titre de leurs enfants, dans un contexte où les annonces de François Bayrou sur les retraites font déjà grand bruit.
Sont concernés les assurés du régime général, de la fonction publique, des professions libérales, des avocats, des régimes agricoles salariés et non-salariés, et le régime de Saint-Pierre-et-Miquelon. Un périmètre large, presque comme un dégrèvement méconnu qui profite à plus de monde qu’on ne l’imagine.
23 ou 24 ans : ce que le nouveau calcul change vraiment
Concrètement, la période de référence se raccourcit. Elle passe à 24 années pour les assurés bénéficiant d’une majoration au titre d’un enfant, et à 23 années pour ceux qui en ont eu au moins deux. Deux années en moins, ou une seule selon la situation familiale.
L’effet peut se traduire en centaines d’euros annuels sur la pension finale. Pour un couple ayant élevé trois enfants, la différence entre 25 et 23 années de calcul peut représenter plusieurs milliers d’euros cumulés sur vingt ans de retraite, alors même que le pouvoir d’achat des Français ne cesse de s’éroder depuis quinze ans.
Attention toutefois à un raccourci trompeur. Avoir des enfants ne suffit pas automatiquement : le dispositif cible spécifiquement les parents ayant obtenu une majoration de durée d’assurance liée à la maternité, à l’éducation ou à l’adoption. Une précision importante face aux inquiétudes suscitées par la réforme de l’épargne évoquée par ailleurs.

Automatique ou pas : le vrai piège du calendrier
Après 65 ans passés en bonne santé, personne n’a envie de multiplier les démarches administratives pour toucher son dû. Bonne nouvelle sur ce point précis : le texte est en vigueur depuis le 1er septembre 2026, mais son application concrète, elle, prendra du retard.
Les logiciels de la Caisse nationale d’assurance vieillesse n’ont pas encore intégré cette nouvelle grille. Si vous partez à la retraite aujourd’hui avec deux enfants, votre pension sera d’abord calculée selon l’ancienne règle des 25 années, en attendant un chantier informatique déployé courant 2027.
L’Assurance retraite se veut rassurante : pour les retraites prenant effet avant cette bascule, le recalcul interviendra automatiquement, sans démarche à effectuer. Les sommes dues entre septembre 2026 et le déploiement de 2027 seront reversées directement, une fois le nouveau calcul appliqué à chaque dossier.
La réforme touche aussi le dispositif de carrière longue : jusqu’à deux trimestres liés aux enfants comptent désormais comme des périodes cotisées pour un départ anticipé. Certaines fonctionnaires ayant accouché après leur recrutement bénéficient en plus d’un trimestre supplémentaire par enfant né depuis 2004, un peu comme ces habitudes de sommeil qu’on ajuste avec l’âge sans forcément s’en rendre compte.
Deux ans de calcul en moins, ce n’est jamais anodin quand il s’agit de sa pension. Avant de vous réjouir, un conseil s’impose : vérifiez votre relevé de carrière sur votre espace personnel, car un oubli de majoration bloquerait tout recalcul.
Et puisque les arbitrages budgétaires s’enchaînent, cette prime menacée de disparition pourrait bien être la prochaine mauvaise surprise sur votre fiche de paie. D’ailleurs, certaines forces mentales de la génération 60-70 pourraient bien vous être utiles pour affronter ces changements administratifs sans perdre patience.