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Une pièce d’un cent coûte 3,69 cents à fabriquer : les États-Unis ont arrêté la frappe

Publié par Mathieu le 08 Oct 2026 à 8:01

Tu sors une pièce d’un cent de ta poche, et elle vaut… un cent. Pourtant, pour la fabriquer, l’État américain a dépensé presque quatre fois plus. 💸

Cette pièce en circulation depuis les années 1790 vient de tirer sa révérence. Et la France n’est pas aussi loin du problème que tu le crois.

3,69 cents pour fabriquer 1 cent : l’arithmétique qui a tué le penny

Les chiffres officiels sont sans appel. Le coût de production du penny a atteint 3,69 cents pièce, selon les informations rapportées en novembre 2025 lors de l’arrêt de la frappe.

Autrement dit, chaque pièce produite faisait perdre plus de deux cents et demi au contribuable. Multiplie par des milliards d’exemplaires et la facture devient sérieuse.

Une source spécialisée rappelle que la Monnaie américaine a perdu 179 millions de dollars en 2023 rien qu’avec cette pièce. C’est le coût des matières premières et de la fabrication qui explique le gouffre.

Mais un détail rend l’affaire plus absurde encore : cette perte portait sur la pièce que la Monnaie fabriquait le plus.

Homme tenant un penny américain devant des pièces

La pièce qui représentait plus de la moitié de la production

Sur l’année fiscale 2024, la Monnaie américaine a produit 5,61 milliards de pièces au total. Les pennies pesaient 57 % de ce volume.

Plus de trois pièces sur cinq sorties des presses étaient donc des pièces perdant de l’argent à chaque coup. Un peu comme une boulangerie qui vendrait sa baguette à un quart de son prix de revient.

Le Trésor américain a fini par juger que cette pièce « n’est plus nécessaire » pour les besoins du pays. L’économie annoncée : environ 56 millions de dollars par an.

Reste une question que tout le monde se pose : que deviennent les pièces déjà en circulation ?

300 milliards de pennies, et pas un de retiré

Rassure-toi, le penny n’est pas interdit. Le Trésor précise qu’il reste une monnaie légale et conservera sa valeur indéfiniment.

Il en existerait déjà environ 300 milliards en circulation, un stock jugé très supérieur aux besoins du commerce. Autant dire que ces pièces vont traîner dans les tiroirs et les bocaux pendant des décennies. 🫙

Seule la frappe de nouvelles pièces s’arrête. La cérémonie symbolique de la « dernière pièce » s’est tenue à la Monnaie de Philadelphie, le 12 novembre 2025.

Mais les Américains ne sont pas les seuls à perdre de l’argent sur leur petite monnaie. Et là, ça concerne ton porte-monnaie.

Femme observant des petites pièces rouges d'euro

Et en France ? Tes pièces rouges aussi coûtent trop cher

Chez nous, la question se pose pour les pièces de 1 et 2 centimes d’euro. D’après une question posée à l’Assemblée nationale, une pièce de 1 centime coûterait 1,2 centime à produire, soit plus que sa valeur faciale.

Pour la pièce de 2 centimes, le coût de revient serait de 1,97 centime. Selon d’autres estimations, la pièce de 1 centime monterait même jusqu’à 1,65 centime.

Plusieurs pays de la zone euro ont déjà arrêté de les utiliser dans les paiements, l’Irlande, la Finlande et les Pays-Bas étant cités. La Commission européenne a elle aussi évoqué la disparition de ces pièces.

L’argument inverse existe pourtant, et il n’est pas anodin.

Pourquoi supprimer la petite monnaie n’est pas si simple

Sans pièces rouges, les prix seraient arrondis au multiple de 5 centimes le plus proche lors des paiements en espèces. Ça paraît anodin, mais certains y voient un changement profond des habitudes de paiement.

Les députés opposés à la suppression craignent des effets sur les ménages les plus modestes. Ceux qui paient en liquide seraient les premiers concernés par l’arrondi.

Le Canada a tranché de son côté : il a cessé de produire ses pennies, qui lui coûtaient environ 1,5 penny l’unité.

Chaque pays doit donc choisir entre économie d’État et confort des usagers. Quelle que soit la réponse, ta monnaie de poche ne vaut pas toujours ce qu’elle coûte. 🪙

Si la valeur des choses t’intrigue, jette un œil aux biens insolites au prix d’un studio, où l’argent se dépense bien autrement. Et pour tenter ta chance avec de vraies sommes, le jackpot du Loto à 6 millions n’a rien à voir avec un penny.

Le vrai coût d’un euro n’est pas celui que tu imagines

Ce phénomène a un nom : le seigneuriage, c’est-à-dire le bénéfice (ou la perte) d’un État qui fabrique sa monnaie. Pour les billets, il est très positif. Pour les petites pièces, il peut devenir négatif.

Les États ont longtemps accepté cette perte, par habitude. Mais les chiffres rattrapent les traditions, comme pour d’autres records absurdes, tel celui des 34 875 communes françaises, héritage d’une autre époque.

Même histoire pour ce lord écossais et son île : acheter ne coûte jamais seulement le prix affiché. Dans le cas du penny, la facture cachée a mis plus de deux siècles à être jugée trop lourde.

Chez les curieux de chiffres, un autre record intrigue : celui des 107 677 centenaires au Japon, un nombre qui a explosé depuis 1963. Et si tu aimes l’histoire du jour, découvre aussi ce 2 octobre où Wall Street a cru à la fin du monde.

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