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Il avait vendu PriceMinister en 2010 : son fondateur Pierre Kosciusko-Morizet veut le racheter après une chute de 33% des clients

Publié par Elodie le 17 Juin 2026 à 10:34

PriceMinister, l’un des pionniers du e-commerce français, est au bord du gouffre. Le site racheté par le japonais Rakuten en 2010 a perdu un tiers de ses clients et risque la fermeture d’ici fin 2026. Mais un retournement inattendu pourrait tout changer : son propre fondateur frappe à la porte pour le reprendre.

Rakuten France : 42% de fréquentation en moins et un ultimatum posé aux salariés

Il y a deux mois, la direction de Rakuten France a convoqué ses 180 salariés pour leur annoncer une nouvelle brutale. Deux options sur la table : une cession rapide ou une fermeture pure et simple avant la fin de l’année. Le compte à rebours est lancé.

Les chiffres donnent le vertige. En dix ans, l’ex-PriceMinister a vu sa fréquentation fondre de 42%. Sa base de clients s’est réduite d’un tiers, écrasée par la concurrence de géants étrangers comme les plateformes chinoises et Amazon.

Pourtant, le site affichait encore 9,5 millions de visiteurs uniques par mois fin 2025, selon la Fevad. Un chiffre qui attire les convoitises. « Sur la place de Paris, tout le monde regarde le dossier », confie une source du secteur.

Le site vend de tout : électronique, électroménager, jouets, vêtements, mobilier. Une marketplace généraliste qui, malgré ses pertes, conserve un portefeuille client massif. Un actif que plusieurs repreneurs lorgnent avec appétit, dans un contexte où le commerce en ligne français traverse une période de consolidation violente.

Rakuten, le groupe japonais propriétaire, avait pourtant investi des millions depuis le rachat pour moderniser la plateforme et développer des outils d’intelligence artificielle. Mais ça n’a pas suffi. Pas face aux mastodontes qui cassent les prix et livrent en 24 heures.

Pierre Kosciusko-Morizet revient avec un plan : ressusciter la marque PriceMinister

Le rebondissement tient presque du roman. Pierre Kosciusko-Morizet, celui-là même qui avait fondé PriceMinister puis l’avait vendu à Rakuten il y a quinze ans, se positionne officiellement pour racheter le site. L’homme d’affaires n’intervient pas seul.

Il s’associe au fonds Verdoso, spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté, et à Fabien Versavau, ancien PDG de Rakuten France. Trois profils complémentaires : le fondateur visionnaire, le financier restructurateur et l’opérationnel qui connaît la machine de l’intérieur.

Leur ambition va au-delà d’un simple rachat défensif. Le trio veut ressusciter la marque PriceMinister, abandonnée par Rakuten en 2018 lors d’un rebranding que beaucoup avaient jugé maladroit. Le nom parlait aux consommateurs français bien plus que celui du conglomérat japonais.

Surtout, là où d’autres candidats s’intéressent surtout au portefeuille clients pour le siphonner vers leurs propres plateformes, Kosciusko-Morizet promet de maintenir l’activité et de sauver les 180 emplois. Un argument de poids aux yeux de la direction actuelle, qui a clairement indiqué qu’elle préférerait une cession à une fermeture.

Écran d'ordinateur affichant un site de vente en ligne

PriceMinister peut-il vraiment renaître face aux géants du e-commerce ?

Le pari reste colossal. La liste des enseignes qui ferment en France ne cesse de s’allonger, et le e-commerce n’échappe pas à cette hécatombe. Rakuten, maison mère aux 25 000 salariés dans 30 pays et plus de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires, n’a pas réussi à enrayer le déclin du site français malgré des investissements massifs.

Alors qu’est-ce qui fait croire au trio qu’il réussira là où un géant coté en bourse a échoué ? D’abord, la taille. Une structure plus légère pourrait être plus agile qu’un conglomérat dont le e-commerce français n’était qu’une ligne marginale dans les comptes.

Ensuite, la nostalgie. PriceMinister évoque quelque chose pour des millions de Français qui y ont acheté leur premier livre d’occasion ou revendu un téléphone. Cette capital de marque, endormi depuis des années, n’a pas totalement disparu. Les marques historiques du commerce français gardent une puissance émotionnelle que les algorithmes ne mesurent pas.

Reste la question du timing. Le marché français du e-commerce est dominé par Amazon, bousculé par Temu et Shein, et les marges sont microscopiques. Relancer un site qui a perdu un tiers de ses clients demande plus qu’un bon nom et de la bonne volonté. Il faudra du capital, une stratégie de différenciation et une exécution sans faille.

L’ironie de l’histoire n’échappe à personne : en 2010, Kosciusko-Morizet vendait son bébé à prix d’or à un groupe japonais conquérant. Quinze ans plus tard, il pourrait le récupérer pour une fraction de cette somme. Un retour aux sources qui ressemble à une seconde chance — ou au dernier acte d’une saga du e-commerce à la française.

Si le rachat aboutit, PriceMinister deviendrait le symbole d’un phénomène rare : un fondateur qui revient sauver ce qu’il a créé. Et si ça échoue, 180 salariés perdront leur emploi avant Noël. Qui mise sur quoi ?

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