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Leroy Merlin, Casa, Alinéa, Gamm Vert… La liste des enseignes qui ferment en 2026 ne cesse de s’allonger

Publié par Elsa Fanjul le 16 Avr 2026 à 15:38

Pas une semaine ne passe sans qu’une enseigne bien connue des Français annonce la fermeture d’un ou plusieurs de ses points de vente. Bricolage, décoration, jardinage, mode, grande distribution… Aucun secteur n’est épargné. Et la tendance, loin de ralentir, s’accélère depuis le début de l’année 2026. On a fait le point sur toutes les enseignes concernées — et ce qu’on a trouvé donne le vertige.

C'est officiel : ce magasin Leroy Merlin ferme définitivement et lance un déstockage géant sur 6 000 m²

Le bricolage et la déco en première ligne

Magasin français avec une banderole de fermeture définitive

Commençons par le géant du bricolage. Leroy Merlin, longtemps considéré comme un pilier inébranlable du commerce français, a confirmé la fermeture définitive de certains magasins jugés non rentables. Le site de Rosa Parks, à Paris, a été le premier à tomber, avec un déstockage massif sur 6 000 m². D’autres points de vente sont dans le viseur, notamment en zones urbaines où les loyers pèsent de plus en plus lourd sur les marges.

Côté décoration, le tableau n’est pas plus réjouissant. Alinéa a enclenché une liquidation totale dans plusieurs de ses magasins, avec des réductions allant jusqu’à -30 % pour écouler les stocks. L’enseigne, déjà passée par un redressement judiciaire il y a quelques années, n’a jamais vraiment retrouvé sa dynamique d’avant-Covid.

Casa, le spécialiste néerlandais de la déco accessible, ferme également des points de vente en France. Le réseau, confronté à la concurrence féroce d’Action et de ses prix imbattables, peine à justifier son positionnement. Quand un cabas en toile coûte 2,49 € chez Action, difficile de rivaliser avec des gammes plus chères mais pas forcément plus qualitatives.

Pour ceux qui cherchent des alternatives en décoration, des enseignes méconnues comme Xooon ou Crozatier séduisent une clientèle en quête de design abordable. Mais la question reste la même : combien de temps résisteront-elles dans un marché aussi fragilisé ?

Les jardineries perdent du terrain

Le secteur du jardinage, qu’on imaginait protégé par l’engouement post-Covid pour le potager et les plantes d’intérieur, encaisse lui aussi des coups sévères. Gamm Vert a annoncé la fermeture de plusieurs magasins dans des villes importantes, laissant des milliers de jardiniers amateurs sans point de vente de proximité.

Le problème est structurel. Les jardineries traditionnelles subissent la double pression du e-commerce — Amazon et ManoMano livrent désormais terreaux et tondeuses en 24 heures — et des rayons jardinage de plus en plus étoffés dans les grandes surfaces alimentaires. Leclerc, Auchan, Intermarché : tous ont compris que le terreau et les plants de tomates rapportent des clients au printemps.

D’autres enseignes de jardinage sont dans une situation comparable. Truffaut résiste pour l’instant grâce à un positionnement plus premium, mais les marges fondent partout. Si vous avez la main verte, c’est peut-être le moment de découvrir les vivaces à planter en avril avant que les stocks ne disparaissent des rayons.

La mode et le prêt-à-porter : un cimetière de marques

Rayons vides dans une jardinerie en cours de fermeture

C’est probablement le secteur le plus sinistré. Et la liste donne le tournis. Camaïeu a disparu. Pimkie a fondu. Kookaï a été racheté in extremis. San Marina n’existe plus. One Step ferme boutique après boutique, rejoignant une série noire qui a déjà emporté IKKS et Naf Naf.

IKKS, emblème du casual chic breton, a été l’un des symboles les plus marquants de cette hécatombe textile. La marque, fondée en 1987, n’a pas survécu à la combinaison mortelle : inflation des coûts de production, baisse de fréquentation en centre-ville et montée en puissance de Shein et Temu.

Zapa, l’enseigne parisienne, a quant à elle été discrètement placée en redressement judiciaire, un verdict décisif attendu dans les prochains mois. Le prêt-à-porter milieu de gamme français est pris en étau : trop cher face à la fast fashion, pas assez premium pour justifier un achat « coup de cœur ».

En 10 ans, la France a perdu plus de 10 000 magasins de vêtements. Un chiffre vertigineux qui redessine la physionomie de nos centres-villes. Mais la crise ne s’arrête pas aux vitrines de mode.

La grande distribution n’est pas épargnée

On pourrait croire que les supermarchés, portés par le besoin vital de se nourrir, échappent à la tempête. Ce serait oublier les restructurations massives en cours. Auchan a confirmé la transformation de nombreux supermarchés, certains changeant purement et simplement d’enseigne.

Monoprix cède des magasins à Lidl et annonce des fermetures dans le cadre d’une vaste réorganisation. Le groupe Casino, maison mère historique, continue de se délester de ses actifs pour survivre à une dette colossale.

Lidl France prévoit la suppression de 550 postes, un plan social qui a glacé les salariés quand ils l’ont découvert. Même le hard discount, longtemps considéré comme le grand gagnant de l’inflation, doit tailler dans ses effectifs pour maintenir sa rentabilité. Les conditions de travail chez Lidl faisaient déjà débat — la cure d’amaigrissement structurelle risque de les aggraver.

À contre-courant, E.Leclerc prépare 600 mini-magasins de proximité d’ici 2030. Le leader de la grande distribution mise sur un format plus petit, plus urbain, pour capter une clientèle qui ne veut plus traverser une zone commerciale pour acheter du lait. Une stratégie audacieuse qui contraste avec le repli généralisé.

Pourquoi autant de fermetures en même temps ?

Zone commerciale française avec plusieurs magasins fermés

La vague de 2026 n’est pas un accident. C’est la conjonction de plusieurs crises qui se percutent. D’abord, l’inflation. Depuis 2022, les coûts de l’énergie, des matières premières et des loyers commerciaux ont explosé. Les enseignes dont les marges étaient déjà fragiles n’ont tout simplement pas pu absorber le choc.

Ensuite, le e-commerce. Amazon, Temu, Shein, ManoMano, Veepee : les achats en ligne représentent désormais plus de 15 % du commerce de détail en France. Chaque point de pourcentage gagné par le digital, c’est un magasin physique qui perd sa raison d’exister. Les Français n’ont pas arrêté de consommer — ils ont changé la façon dont ils le font.

Le troisième facteur est plus insidieux : la désertification des centres-villes. Avec le télétravail, la baisse de fréquentation des artères commerçantes atteint 20 à 30 % dans certaines villes moyennes. Moins de passage, moins de clients spontanés, moins de chiffre d’affaires. Un cercle vicieux dont peu d’enseignes parviennent à sortir.

Ajoutez à cela les retards de paiement records qui fragilisent les trésoreries, et vous obtenez un cocktail explosif. Même Michel-Édouard Leclerc reconnaît que la pression sur les prix est devenue insoutenable pour de nombreux acteurs.

Des milliers d’emplois menacés derrière chaque rideau qui tombe

Derrière les chiffres, il y a des gens. Chaque magasin qui ferme, ce sont 10, 20, parfois 50 salariés qui se retrouvent sur le carreau. Vendeurs, caissiers, responsables de rayon, logisticiens : des métiers souvent peu qualifiés, dans des bassins d’emploi déjà fragiles. Un caissier chez Lidl témoignait récemment de conditions de travail éprouvantes — pour ceux qui perdent leur poste, retrouver un emploi équivalent relève parfois du parcours du combattant.

Le commerce de détail emploie encore environ 1,8 million de personnes en France. Mais ce chiffre diminue chaque année. La Fédération du commerce estime que 25 000 à 30 000 emplois pourraient disparaître en 2026, rien que dans le non-alimentaire. Un bilan social que les annonces au compte-gouttes ne permettent pas toujours de mesurer à sa juste ampleur.

Certains s’en sortent mieux. Action continue d’embaucher et d’ouvrir des magasins à un rythme soutenu. Le discounter néerlandais a trouvé la formule : des prix plancher, un renouvellement constant des produits, et des emplacements en périphérie où les loyers restent abordables. Primark, Normal, Søstrene Grene suivent la même logique. Le point commun ? Des prix bas, du volume, et zéro e-commerce.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Si votre Leroy Merlin, votre Casa ou votre Gamm Vert habituels ferment, les conséquences sont très concrètes. Moins de choix en magasin. Des trajets plus longs pour acheter une perceuse ou un sac de terreau. Et surtout, la disparition progressive de ce conseil en face-à-face que le e-commerce ne remplace pas vraiment — surtout quand on hésite entre deux types d’enduit.

Pour la décoration, des enseignes alternatives à petits prix émergent et proposent des gammes étonnamment stylées. Mais encore faut-il les connaître et en avoir une à proximité.

Les zones commerciales, elles, se transforment à vue d’œil. Des cellules vides s’accumulent dans les retail parks. Certaines se reconvertissent en salles de sport, en cliniques vétérinaires, en espaces de coworking. Le paysage commercial français de 2030 ne ressemblera plus du tout à celui de 2020.

Une chose est sûre : la carte des enseignes que vous fréquentez aujourd’hui aura profondément changé d’ici deux ans. Et si les fermetures continuent à ce rythme, le centre commercial tel qu’on le connaît pourrait devenir, lui aussi, un souvenir.

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1 commentaire

  • T
    Tinette
    16/04/2026 à 17:22
    La faute a qui la France a Macron , une vrai tornade ce mec il détruit tout sur son passage vivement qu'il dégage.

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