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Monoprix cède des magasins à Lidl et annonce des fermetures : ce que révèle la nouvelle réorganisation

Publié par Killian Ravon le 14 Fév 2026 à 18:30

Monoprix accélère sa réorganisation et met sur la table plusieurs décisions très concrètes : des magasins qui changent d’enseigne, d’autres qui ferment, et une partie du réseau qui bascule en franchise. Derrière ces arbitrages, l’objectif affiché reste le même : adapter un parc de plus de 600 points de vente, sans annoncer de suppression d’emplois.

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Logos Monoprix et Lidl sur fond de rue commerçante, avec paniers de courses au premier plan.
Monoprix cède des magasins à Lidl et annonce des fermetures dans le cadre de sa réorganisation.

L’annonce, faite mardi, concerne d’abord l’Île-de-France, avec trois magasins promis à une cession au discounter allemand Lidl. En parallèle, six points de vente sont promis à la fermeture, tandis que Casino — maison mère de Monoprix — déroule son plan de transformation à long terme.

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Une devanture Monoprix, alors que l’enseigne réorganise une partie de son réseau. Crédit : Groupe Casino.
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Trois magasins cédés à Lidl : pourquoi l’Île-de-France est en première ligne

Le premier signal fort, ce sont ces trois adresses franciliennes appelées à passer sous pavillon Lidl : Chatou et Le Pecq (Yvelines), ainsi qu’Argenteuil (Val-d’Oise). Lidl confirme l’existence d’une « discussion exclusive » avec Casino, avec l’idée d’aboutir d’ici la fin du premier semestre.

Sur le papier, les deux groupes insistent sur un point sensible : l’emploi. Monoprix évoque « aucune suppression d’emploi » dans le cadre de l’opération, et Lidl assure de son côté vouloir conserver « 100 % des effectifs » sur les sites concernés.

Reste une réalité de terrain : changer d’enseigne, ce n’est pas qu’une question de logo sur une façade. Les organisations du travail, les horaires, la polyvalence demandée ou encore la pression sur les coûts ne se vivent pas forcément de la même manière chez un discounter que dans une enseigne urbaine historique.

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À La Défense, la fermeture du magasin du CNIT fait partie des annonces de réorganisation. Crédit : Guilhem Vellut.

Les fermetures annoncées : six sites concernés, dont La Défense

En parallèle des cessions, Monoprix prévoit de fermer cinq magasins au format Monoprix à La Défense (CNIT), Vitry-sur-Seine, Malakoff, Nantes et Tours. Un magasin Monop (format plus petit) doit aussi fermer à Clichy.

Le cas de La Défense, très symbolique, attire déjà l’attention localement. Selon le site Defense-92, le Monoprix du Westfield CNIT pourrait quitter le centre commercial d’ici la fin 2026, après une présence installée depuis 2010. Cette annonce intervient alors que d’autres territoires ont déjà connu une fermeture définitive par le passé.

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Monoprix assure que les salariés touchés par ces fermetures seront « repositionnés » dans d’autres magasins de la marque. L’enseigne précise que les projets présentés aux représentants du personnel concernent au total environ 200 salariés.

Casino, maison mère de Monoprix, poursuit sa transformation et ses arbitrages réseau. Crédit : Touam / Hervé Agnoux.

Franchises, vente à Primaprix : un réseau qui change de nature

La réorganisation ne se limite pas au duo « cessions / fermetures ». Monoprix annonce aussi le passage en franchise de onze magasins Monop, ainsi qu’une vente à l’enseigne espagnole Primaprix pour un point de vente à Lyon.

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Ce mouvement raconte une évolution plus large de la distribution de proximité : moins de magasins directement opérés, davantage de franchisés, et une logique de “portefeuille” où chaque site est évalué selon sa rentabilité et sa place dans le maillage. Monoprix dit s’appuyer sur des analyses menées « magasin par magasin », ce qui renvoie à des arbitrages très locaux : loyers, flux piétons, concurrence, coût logistique ou potentiel de rénovation.

Pour Casino, l’enjeu est aussi stratégique. Le groupe mise depuis plusieurs mois sur un modèle plus centré sur la proximité, dans un contexte où il a cédé une grande partie de ses hyper et supermarchés en France.

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Monoprix Lidl : ce que les syndicats redoutent vraiment

La CGT Monoprix ne cache pas ses inquiétudes. Une représentante a dénoncé auprès de l’AFP une réorganisation jugée brutale, en pointant notamment la crainte de voir des salariés basculer « du jour au lendemain » chez Lidl, avec des conditions de travail perçues comme différentes.

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Le sujet est sensible parce qu’il touche à l’identité même des enseignes. Monoprix s’est construit sur une promesse urbaine, un assortiment plus large, et une expérience de magasin souvent centrée sur les centres-villes. Lidl, lui, est historiquement associé à la chasse aux prix et à une organisation très rationalisée, même si l’enseigne dit vouloir renforcer son implantation en zones urbaines et périurbaines.

Autre point de tension : la perception du “sans casse sociale”. Annoncer « aucune suppression d’emploi » ne suffit pas toujours à rassurer, car les questions se déplacent vite vers les mobilités imposées, les changements de métiers, ou les distances domicile-travail quand on parle de repositionnement.

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Monoprix, une enseigne historiquement très implantée dans les centres-villes. Crédit : ndiggity.

Le contexte Casino : dette, investissements et calendrier 2030

Cette séquence s’inscrit dans la transformation plus globale du groupe Casino, passé en 2024 sous le contrôle d’un consortium mené par Daniel Kretinsky après des années de surendettement. Casino cherche toujours à ajuster sa trajectoire financière et a notamment engagé des discussions avec ses créanciers autour d’une dette à échéance 2027.

Dans ses communications récentes, Casino fixe aussi un cap long : rénovation de 100 % du parc Monoprix à horizon 2030, déploiement de nouveaux concepts et modernisation de l’offre. Dit autrement, le groupe affirme vouloir investir sur la marque… tout en rationalisant les adresses qui ne “tiennent” plus économiquement.

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Sur les neuf premiers mois de 2025, Casino indique avoir fermé 16 magasins Monoprix, en avoir ouvert 19 et en avoir passé trois en franchise, ce qui illustre un réseau en mouvement permanent plutôt qu’un simple recul. La logique, là aussi, est très “site par site”, avec une recherche d’équilibre entre présence et rentabilité.

Lidl confirme des discussions exclusives pour reprendre trois magasins en Île-de-France. Crédit : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick.

Lidl, l’offensive urbaine et les rachats en chaîne

Du côté de Lidl, l’opération s’inscrit dans une stratégie assumée : densifier le maillage, notamment en ville. L’enseigne avait déjà repris 19 supermarchés à Auchan en 2025, dans une opération présentée comme un moyen de renforcer sa présence en France. Le paysage change d’ailleurs pour d’autres concurrents, avec des rumeurs sur Aldi ou des décisions de fermeture chez Colruyt.

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Cette dynamique dit quelque chose de la recomposition actuelle : des enseignes historiques vendent ou réorganisent, pendant que des acteurs à la croissance plus robuste récupèrent des emplacements jugés stratégiques. Avec trois adresses en Île-de-France, Lidl met le pied sur des zones où la concurrence est forte et où le foncier commercial coûte cher.

Pour Monoprix, céder certains magasins peut aussi servir à concentrer les moyens ailleurs : rénovation, modernisation, formats plus adaptés et, surtout, une image prix que Casino dit vouloir améliorer via sa carte de fidélité. Ce n’est pas une promesse simple dans la grande distribution actuelle, où les consommateurs comparent et arbitrent beaucoup plus vite qu’avant.

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Une réorganisation qui révèle la nouvelle bataille de la proximité

La cession de trois magasins à Lidl et la fermeture de six autres ne résument pas, à elles seules, l’avenir de Monoprix. Elles montrent surtout un secteur qui se réorganise en profondeur, avec des enseignes qui réallouent leurs forces et des discounters qui avancent sur des territoires historiquement plus “premium”.

Derrière les communiqués rassurants sur l’emploi, la suite se jouera dans l’exécution : reclassements réels, conditions de transfert, et capacité de chaque marque à tenir sa promesse auprès des clients. Une chose est sûre : la bataille de la proximité, elle, ne ralentit pas.

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