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Grand Frais va reprendre 32 magasins GiFi en 2026 : les villes concernées et ce que cela va changer près de chez vous

Publié par Killian Ravon le 13 Jan 2026 à 16:30

Derrière l’annonce d’« une trentaine de magasins » basculant de GiFi vers Grand Frais, une réalité se précise : à partir de juin 2026. 32 adresses doivent changer d’enseigne.

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Façade d’un magasin de produits frais en zone commerciale, avec ouvriers posant une nouvelle enseigne verte, clients et parking au premier plan.
Illustration d’une transformation d’enseigne en zone commerciale, symbole des conversions de magasins attendues en 2026.

Pour les clients, c’est un virage net, du bazar discount aux produits frais. Pour les salariés et les centres commerciaux, c’est une opération à haut enjeu social et économique.

La vidéo du jour à ne pas manquer
Étal de fruits et légumes dans une épicerie, avec cagettes alignées et étiquettes de prix.
Fruits et légumes exposés dans un magasin d’alimentation, une scène typique du rayon « frais ».
Crédit / licence : Frankie Fouganthin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
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Un deal révélateur : GiFi cherche de l’air, Grand Frais cherche des emplacements

Quand GiFi et Grand Frais annoncent à l’automne 2025 s’être « rapprochés en vue de la cession » de 25 à 30 magasins. Le message est double. Pour Grand Frais, l’opération ressemble à une accélération pragmatique. Récupérer des surfaces déjà là, sur des zones commerciales fréquentées. Sans repartir de zéro. Pour GiFi, elle ressemble à une respiration financière.

Le diagnostic sur GiFi est documenté depuis plusieurs mois. La chaîne, née à Villeneuve-sur-Lot, a été fragilisée par un changement informatique raté en 2023. Qui a déréglé la gestion des stocks et des approvisionnements, puis par une concurrence devenue frontale. Entre discounters (Action notamment) et plateformes à bas prix.

Côté Grand Frais, l’arrière-plan est celui d’une enseigne devenue l’un des succès les plus commentés de la distribution alimentaire. Elle avance avec un positionnement clair — le « frais » comme promesse. Et un modèle très particulier, souvent décrit comme une mosaïque de métiers réunis dans un même magasin.

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Légumes frais disposés en rayon, vue rapprochée sur des cagettes dans un supermarché.
Le « frais » reste un levier d’attractivité majeur pour les enseignes alimentaires, en centre-ville comme en périphérie.
Crédit / licence : ErikaWittlieb, Pixabay

25, 30… puis 32 magasins : pourquoi les chiffres ont semé la confusion

L’une des questions qui remonte le plus chez les lecteurs est simple : « c’est 30 ou 32 ? » La réponse tient au calendrier de communication. Le communiqué initial évoquait une fourchette de 25 à 30 magasins, avec une finalisation attendue courant 2026, sous réserve des étapes sociales et des autorisations réglementaires.

Fin décembre 2025, plusieurs médias spécialisés et régionaux relaient ensuite une liste nominative d’adresses, qui stabilise le périmètre à 32 sites, avec un démarrage des changements d’enseigne annoncé à partir de juin 2026. Cette reprise a été largement commentée.

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La carte des villes concernées : une France des périphéries… mais pas seulement

Le point commun le plus frappant, ce sont des implantations typiques des zones commerciales : accès facile, stationnement, grandes cellules. On retrouve des sites en Normandie, comme Caudebec-lès-Elbeuf et Lisieux, et un ancrage dans plusieurs bassins urbains où l’offre alimentaire « spécialisée frais » continue de gagner du terrain.

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L’Ouest et l’Atlantique sont aussi bien représentés, avec Séné dans le Morbihan, Pacé près de Rennes, Royan et Saintes en Charente-Maritime, ou encore La Ville-aux-Dames en Indre-et-Loire. Le Sud-Ouest n’est pas en reste : Pau et Hendaye sont cités, comme Plaisance-du-Touch dans l’aire toulousaine.

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L’Est et le Centre-Est concentrent également plusieurs adresses, dont Moncel-lès-Lunéville, Sainte-Marguerite dans les Vosges, Fontaine en Isère, Le Pont-de-Beauvoisin, ou Saint-Chamond dans la Loire. En Île-de-France, Vitry-sur-Seine et Provins apparaissent dans la liste.

Allée de supermarché remplie de fruits et légumes, avec panneaux de prix et présentoirs sur plusieurs mètres.
Un rayon fruits et légumes façon « marché couvert », modèle qui inspire de plus en plus de concepts alimentaires.
Crédit / licence : Wolfmann, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Pourquoi Grand Frais accélère en 2026 : croissance, emploi et contrainte foncière

Grand Frais ne cache pas son ambition. Fin 2025, son dirigeant Jean-Paul Mochet évoque une dynamique d’ouvertures et surtout un volume important de recrutements, avec 3 000 à 3 500 embauches annoncées en 2026. Dans le même temps, l’enseigne revendique un peu plus de 330 points de vente en France.

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La reprise de cellules déjà existantes a un autre intérêt, très concret, à l’heure où l’aménagement commercial se heurte à la sobriété foncière : transformer un magasin plutôt que construire limite les délais et réduit l’exposition aux batailles administratives locales.

À cela s’ajoute un contexte capitalistique nouveau. Mi-décembre 2025, Ardian annonce la cession de sa participation majoritaire dans Prosol (acteur clé de la galaxie Grand Frais) à des fonds gérés par l’américain Apollo. Cette transaction représente un changement d’actionnaire majeur.

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Pour les clients : la fin du « bazar » et l’arrivée d’un parcours 100 % alimentaire

Dans les communes concernées, l’effet visible sera immédiat : l’offre GiFi — décoration, rangement, petit équipement de la maison — disparaît de ces emplacements, remplacée par un concept alimentaire centré sur les fruits et légumes, la boucherie, la poissonnerie, la crèmerie et des assortiments d’épicerie.

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L’expérience client devrait, elle aussi, changer de nature. Chez GiFi, on entre souvent pour « regarder » et ressortir avec un objet pratique. Chez Grand Frais, le déplacement est plus planifié, lié au réfrigérateur à remplir, au repas du soir, au week-end. Attention toutefois aux alertes produits qui peuvent survenir.

Reste une question très locale : que devient l’équilibre commercial autour ? Dans certains secteurs, le remplacement d’un non-alimentaire par de l’alimentaire peut renforcer l’attractivité d’une zone. Dans d’autres, il peut créer un « trou » sur l’équipement de la maison si le GiFi local était un repère.

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Route d’une zone commerciale en périphérie, bordée d’enseignes et de parkings, un dimanche calme.
Les zones commerciales de périphérie restent des terrains stratégiques pour les changements d’enseignes et les reprises de cellules.
Crédit / licence : Florian Pépellin, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Pour les salariés : promesse de reprise, inquiétudes sur les conditions et rôle central des syndicats

Sur le papier, la promesse affichée au moment du rapprochement est rassurante : Grand Frais indique vouloir proposer un poste aux collaborateurs concernés, avec reprise de l’ancienneté. Environ 300 salariés seraient concernés par l’opération des 32 magasins.

Dans la réalité sociale, tout dépendra des modalités, magasin par magasin : organisation du travail, conventions collectives, amplitude horaire, mobilité. Un délégué CFDT de GiFi a résumé le malaise avec une formule devenue virale : vendre des magasins, c’est « la vente des bijoux de famille ». Par ailleurs, la concurrence du e-commerce à bas prix, notamment de Shein et Temu, pèse aussi sur le secteur.

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Comment vérifier si votre quartier est ciblé, et à quel moment vous verrez la différence

Le réflexe le plus fiable consiste à croiser trois indices. D’abord, la présence de votre commune dans la liste des 32 sites dont les changements sont attendus à partir de juin 2026, liste qui mentionne souvent l’adresse précise.

Ensuite, l’apparition de signaux très concrets, comme une fermeture temporaire, un chantier d’aménagement et un changement de façade. Enfin, l’information administrative locale : permis de travaux, communication de la zone commerciale, ou parfois annonces d’emploi liées à l’ouverture.

Ce calendrier « à partir de juin 2026 » doit être compris comme un point de départ, pas comme une bascule simultanée partout. Les magasins ne seront pas tous transformés le même mois, et les aléas techniques ou réglementaires peuvent décaler certaines ouvertures.

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Rangée de chariots de supermarché emboîtés les uns dans les autres, à l’entrée d’un magasin.
Le chariot, symbole de la consommation du quotidien, au cœur des arbitrages entre prix, proximité et qualité perçue.
Crédit / licence : Massimilianogalardi, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Un symbole de la distribution qui se polarise

Cette bascule GiFi–Grand Frais, même limitée à 32 adresses, raconte une histoire plus large : celle d’un commerce qui se polarise. D’un côté, le non-alimentaire discount souffre, pressé par le e-commerce à bas prix et par des acteurs ultra-agressifs sur le ticket moyen. De l’autre, l’alimentaire spécialisé, en particulier le frais, continue d’attirer des clients.

En 2026, le changement ne se verra pas seulement dans les enseignes au-dessus des portes. Il se verra dans la façon de consommer une zone commerciale : ce qu’on vient y chercher, combien de temps on y reste, et où l’on dépense son budget.

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Et si votre ville est dans la liste, vous verrez surtout une chose : là où l’on achetait un panier de rangement, on repartira avec un panier de fruits.