Il quitte les États-Unis avec ses 2 enfants : à Shenzhen, 1 000 $ de loyer et 100 $ de courses pour quatre

Un loyer de trois chambres à 1 000 dollars, des courses à 100 dollars pour quatre personnes. Ça sonne comme une erreur de frappe. C’est pourtant le budget que décrit Bradley Krae, un Américain de 36 ans installé à Shenzhen avec sa femme et ses deux enfants. Un chiffre, en particulier, résume l’écart avec sa vie d’avant, et il se cache vers la fin du récit.
Un Californien qui n’avait jamais eu de « chez-lui » avant la Chine
Bradley Krae est responsable marketing et créateur de contenu. Né en Californie, il a grandi en changeant d’État au fil des années. Résultat : il n’a longtemps considéré aucun endroit comme un vrai foyer.
« Si vous m’aviez dit à l’époque que je finirais en Chine, j’aurais ri », écrit-il dans les colonnes de CNBC Make It, selon le récit repris par Demotivateur.
Tout commence en 2016. À 27 ans, il décroche un poste de professeur d’anglais à Shenzhen, alors un pôle technologique en pleine expansion, juste de l’autre côté de la frontière avec Hong Kong. Pendant quatre ans, il en profite pour explorer l’Asie, du Cambodge à la Thaïlande.
Cette période, il la décrit comme très enrichissante. Mais elle n’est que le début d’une histoire qui fera bien des allers-retours.
D’autres expatriés ont fait un choix comparable, à l’autre bout du monde : un couple anglais parti en Thaïlande avec trois enfants a lui aussi vu ses factures fondre. Mais revenons à Bradley : comment une pandémie l’a-t-elle éloigné de Shenzhen, avant de l’y ramener ?
Du Covid à Tahiti, puis le retour à Shenzhen en juin 2025
De retour à Shenzhen, Bradley y rencontre sa future épouse. Elle est née à Tahiti de deux parents chinois. Le couple se trouve en vacances aux États-Unis quand le Covid-19 frappe.
Plutôt que de rester coincés, les jeunes gens choisissent de s’installer à Tahiti. Cinq ans plus tard, ils y ont accueilli deux enfants. La famille aime la vie sur place, mais sait au fond que la Chine reste son véritable foyer.
En juin 2025, Bradley, sa femme et leurs enfants reviennent donc à Shenzhen. Il reprend son métier de professeur d’anglais et gagne alors 4 000 dollars par mois, soit environ 3 600 euros.
Côté budget, la bascule est immédiate. Le loyer d’un appartement de trois chambres tourne autour de 1 000 dollars, soit environ 900 euros. Internet coûte 29 dollars et l’électricité 100 dollars, d’après le témoignage.
Le couple a aussi trouvé une nouvelle source de revenus, à mille lieues du budget serré d’une ouvrière de Cholet : sa visibilité en ligne. De quoi changer le quotidien de la famille. Reste à voir combien tombe vraiment sur son compte chaque mois.

100 dollars de courses à quatre : le budget qui fait tiquer, détail par détail
On y arrive. Pour une famille de quatre personnes, Bradley affirme dépenser environ 100 dollars par mois en courses alimentaires. Au restaurant, l’addition dépasse rarement 10 dollars, soit environ 9 euros.
Il faut y ajouter les frais de santé, que le couple chiffre à environ 90 euros par mois. Pour tout ce qui précède, l’écart est considérable avec la vie américaine.
Et voici la phrase qui résume tout : « Au total, je paie environ un quart de ce que je déboursais chaque mois lorsque je vivais aux États-Unis, et c’était à une époque où je vivais seul », confie-t-il.
Autrement dit, quatre personnes dans un appartement de trois chambres pour le quart du budget d’un célibataire américain. Il faut relativiser : ces chiffres sont ceux d’un seul témoignage, et son pouvoir d’achat dépend aussi d’un revenu en dollars.
Ce revenu, justement, a évolué. En février 2026, grâce à sa visibilité sur les réseaux sociaux, Bradley a décroché un poste de responsable marketing à temps plein, avec un salaire fixe de 3 500 dollars, soit environ 3 140 euros.
S’y ajoutent 1 200 dollars d’activités secondaires par mois. Total : 4 700 dollars, soit environ 4 220 euros. Mais l’école des enfants réserve elle aussi une belle surprise.
Une école publique chinoise à 300 dollars le semestre, et des enfants trilingues
Autre poste de dépense clé pour une famille : la scolarité. Bradley affirme que ses deux enfants fréquentent une école maternelle publique chinoise. Le coût : environ 300 dollars par semestre pour les deux, repas compris, soit environ 270 euros.
Chez lui, on parle trois langues. « Ma femme leur parle français, ils me parlent anglais, et ils apprennent le mandarin », détaille-t-il. Ses enfants grandissent donc trilingues.
Pour lui, Shenzhen est aussi une ville idéale pour élever des enfants, avec ses parcs, ses aires de jeux et ses activités ludiques. Son emploi du temps flexible lui permet en outre de s’occuper de ses centres d’intérêt, voire de travailler depuis la maison.
D’autres familles se posent les mêmes questions : le bilan sans filtre d’expatriés après un an rappelle que le soleil et les prix bas ne disent pas tout. Surtout, le cas de Bradley n’est pas isolé.
Dans la même veine, cette Californienne a choisi de vivre à Bangkok avec sa fille de 9 ans. Une Britannique loue de son côté un appartement à deux minutes de la plage, en Malaisie, pour 220 euros.
Quant à Bradley, la conclusion est nette : comme ces retraités qui doublent leur pouvoir d’achat à Dakhla, il ne compte pas faire ses valises de sitôt.
Pour lui, la question n’est plus de savoir où il vivra. Il a retrouvé un chez-soi, et ses factures lui disent merci.
Un loyer à 1 000 dollars, un caddie à 100, et un budget divisé par quatre : le « rêve américain » de Bradley Krae a changé d’adresse. Et si vos propres factures cachaient un écart du même genre ? Découvrez ce que cache vraiment le prix d’un kebab à 9,90 €, ou pourquoi des retraités français disent adieu au Portugal pour une ville française.