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« Six semaines plus tard, un crédit courait à mon nom » : le document qu’il ne fallait jamais envoyer

Publié par Mathieu le 05 Sep 2026 à 8:42
Femme choquée devant un relevé bancaire sur smartphone

Elle voulait juste tourner la page. Faire disparaître son dossier chez un employeur qu’elle avait quitté, comme le permet le RGPD. Une démarche banale, presque administrative, qui s’est transformée en cauchemar financier six semaines plus tard, quand un crédit inconnu est apparu sur son compte.

Une simple demande RGPD, deux documents de trop

Tout part d’une intention légitime : exercer son droit à l’oubli auprès d’une ancienne entreprise. Le règlement général sur la protection des données encadre précisément ce type de requête, censée être traitée rapidement, avec un minimum de justificatifs.

Sauf que certains services des ressources humaines exigent bien plus que nécessaire. Dans cette affaire, la salariée a dû fournir une copie de sa carte d’identité complète, mais aussi un RIB, un document sans aucun rapport avec une demande de suppression de dossier salarié.

Ce réflexe n’a rien d’isolé. Beaucoup d’entreprises, par excès de prudence ou méconnaissance des textes, demandent des pièces disproportionnées, un peu comme ces arnaques par SMS qui exploitent la confiance administrative des usagers.

Multiplier les démarches en ligne complique encore les choses. Entre les changements administratifs qui rythment chaque rentrée et les formulaires envoyés sans réfléchir, la vigilance s’émousse. Un RIB, ça paraît anodin. Ce n’est pas le cas.

Six semaines de silence, puis la découverte

Après l’envoi des documents, plus rien. Aucun accusé de réception, aucune nouvelle pendant plusieurs semaines, un silence qui n’a rien d’alarmant sur le moment tant les services administratifs traînent souvent.

C’est en consultant son historique bancaire, presque par hasard, que la victime tombe sur une ligne inhabituelle : un crédit à la consommation ouvert à son nom, sans qu’elle en ait jamais fait la demande.

Six semaines s’étaient écoulées entre l’envoi des pièces et cette découverte. Un délai largement suffisant pour que l’IBAN et l’identité complète circulent, soient exploités, et servent à monter un dossier auprès d’un organisme peu regardant, un scénario qui rappelle certaines fraudes administratives découvertes bien après les faits.

Le combo carte d’identité complète plus RIB offre littéralement toutes les clés d’une usurpation bancaire. Un peu comme ces systèmes qui, à distance, peuvent modifier des paramètres sensibles sans que la personne concernée le sache, à l’image du compteur Linky piloté par Enedis.

Carte d'identité et RIB posés sur un bureau

Ce que le RGPD autorise vraiment, et ce qu’il faut refuser

Certains gestes du quotidien exposent à des risques qu’on ne soupçonne pas, et envoyer ses documents sans réfléchir en fait clairement partie. Le texte est pourtant explicite : une demande de suppression de données ne nécessite jamais l’envoi d’un RIB, ni d’une pièce d’identité recto-verso non caviardée.

La loi permet à une entreprise de vérifier l’identité du demandeur uniquement en cas de doute raisonnable, et cette vérification doit rester proportionnée. Un extrait de carte d’identité avec certaines mentions masquées, numéro de document, date de naissance complète, suffit amplement.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés le rappelle régulièrement : exiger davantage que le strict nécessaire expose l’entreprise elle-même à des sanctions. Garder ce secret, comme ce couple qui a caché 17 millions d’euros à ses proches, aurait sans doute mieux valu ici pour la victime que de tout dévoiler.

Avant d’envoyer quoi que ce soit, un réflexe simple s’impose : appeler directement l’organisme censé avoir formulé la demande pour vérifier son authenticité. Masquer les données sensibles, questionner chaque pièce réclamée, ce sont des gestes qui prennent deux minutes et évitent des mois de galère.

Un RIB et une carte d’identité complète, ce sont des clés qui ouvrent bien plus de portes qu’on ne l’imagine. La prochaine fois qu’une entreprise réclame un justificatif sans rapport avec sa demande, une seule question compte : en a-t-elle vraiment besoin ? Partagez cette histoire à quelqu’un qui envoie ses papiers sans jamais se poser la question.

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