Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Automobile

BYD veut 200 concessions en France, mais sa borne à 5 minutes de charge vise aussi les autres marques

Publié par Elsa Lepic le 24 Oct 2026 à 8:30
SUV électrique branché à une borne de recharge ultra rapide

Trois ans après ses débuts français, BYD n’est plus la marque qu’on regardait de loin. Au Mondial de l’Auto de Paris, le constructeur chinois a sorti un plan complet, avec des concessions, des batteries et une promesse de recharge express. Mais l’une de ses annonces concerne aussi ceux qui ne roulent pas en BYD, et elle pourrait vous toucher plus que prévu.

De quelques modèles à 14 références : le virage express de BYD en France

Rappelez-vous l’arrivée de BYD en France : quelques voitures électriques, une marque encore inconnue du grand public. Aujourd’hui, le constructeur revendique 14 modèles au catalogue, des citadines aux grands SUV familiaux, avec des berlines et plusieurs hybrides rechargeables.

Premier détail qui surprend : ce n’est pas le 100 % électrique qui tire les ventes. C’est la technologie hybride rechargeable DM-i, selon la marque. Les best-sellers, d’après Dorothée Bonassies, responsable de BYD France, sont l’Atto 2 DM-i et le Seal U DM-i, rejoints par le Sealion 5 DM-i.

BYD met en avant jusqu’à environ 100 kilomètres d’autonomie électrique sur ces hybrides, et jusqu’à 1 000 kilomètres d’autonomie cumulée selon les modèles et l’usage. La marque se dit numéro un des hybrides rechargeables en France. Elle annonce fin septembre 2026 une part de marché de 1,84 %, avec une croissance proche de 150 %.

Ces chiffres ne sont pas anodins. Pour comprendre quels constructeurs gagnent vraiment de l’argent, il faut regarder au-delà des parts de marché. Mais BYD, lui, mise sur autre chose pour durer : la proximité. Et c’est là que les concessions entrent en scène.

130 points de vente aujourd’hui, 200 visés : la bataille de la proximité

Sur le terrain, BYD dit compter 130 points de vente en France. L’objectif affiché : atteindre 200 implantations d’ici la fin de 2026. Le but est de placer une large partie des Français à moins de 20 à 30 minutes d’une concession.

Dorothée Bonassies insiste : une gamme large ne suffit pas à bâtir une marque solide sur la durée. « Nous devons être proches de nos clients », a-t-elle déclaré, citée par Auto-Infos. Elle met aussi en avant un taux de service de 97 % pour les pièces de rechange.

C’est le point faible classique des marques arrivantes : le SAV. BYD semble l’avoir compris. D’autres acteurs chinois avancent d’ailleurs vite, comme le montre ce SUV électrique à 23 400 € qui inquiète Peugeot et Citroën.

Mais le vrai coup d’éclat du Mondial n’est pas dans les vitrines. Il se joue sur les parkings et le long des autoroutes, avec une technologie qui promet de changer le temps passé à la borne. Voici ce que BYD a annoncé, chiffres à l’appui.

Main branchant un câble de recharge sur une voiture électrique

Flash Charging : de 10 à 70 % en cinq minutes

Vous voulez savoir pourquoi cette annonce dépasse la simple promotion ? Parce que la concurrence sur la charge ultra rapide s’intensifie, comme avec la promesse de Geely sur 4 minutes de recharge. BYD entre dans la course avec ses propres chiffres.

Selon Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe, la technologie Flash Charging permettrait de passer de 10 à 70 % de charge en cinq minutes. Elle évoque aussi une montée à 97 % en neuf minutes.

Par grand froid, BYD affirme que trois minutes supplémentaires suffiraient pour obtenir des performances comparables à -30 °C. Un argument de poids pour ceux qui redoutent l’hiver au volant d’une électrique.

Et la révélation qui concerne tout le monde, la voici. Stella Li l’a dit : « Cette infrastructure sera accessible aux véhicules de toutes les marques. » Autrement dit, les futures stations ne serviront pas seulement les propriétaires de BYD, mais aussi les automobilistes déjà équipés d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable d’une autre marque.

Reste une nuance : il s’agit d’annonces du constructeur, et la compatibilité réelle avec chaque modèle n’est pas détaillée dans les informations communiquées.

Des milliers de bornes et un SUV à sept places en vitrine

Le déploiement annoncé est massif. BYD prévoit 10 000 stations Flash Charging en Chine, et plus de 6 000 hors de son marché domestique d’ici la fin de 2027. En Europe, l’objectif est de dépasser 100 stations dans 15 pays d’ici fin 2026, puis plus de 3 000 installations fin 2027.

Une partie des bornes doit s’installer sur les parkings des concessions BYD. Le reste visera les grands axes et les principaux nœuds de recharge existants. Si vous préparez un long trajet, ces 5 réflexes évitent une heure de queue à la borne.

La vitrine technologique, c’est l’Atto 8, un SUV électrique familial à sept places. C’est le premier véhicule européen de la marque compatible Flash Charging, avec la deuxième génération de batterie Blade.

BYD annonce 653 km d’autonomie, 775 ch et un 0 à 100 km/h en 4,6 secondes. Le groupe met aussi en avant plus de 120 000 ingénieurs et 52 demandes de brevet déposées chaque jour ouvré.

Stella Li a également insisté sur l’intelligence artificielle embarquée, des assistants aux fonctions de conduite et de stationnement automatisées. Si vous vous demandez ce que ces chiffres valent face aux autres, le cas du Superchargeur Tesla de La Rochelle montre que la puissance annoncée n’est pas toujours la puissance utilisable.

Tout se jouera donc sur le terrain : combien de bornes, où, à quel prix, et pour quels modèles.

BYD a posé ses cartes à Paris : 200 concessions visées, une charge éclair et un réseau ouvert aux autres marques. Reste à voir si la promesse tiendra sur les routes françaises.

Et si vous croyez que la bataille se joue seulement sur la charge, ce que la Chine impose désormais à l’intérieur des voitures pourrait vous étonner. Quant au prix, ce leasing à 100 € par mois cache une condition que beaucoup ignorent.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *