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Roue levée, sabot jaune encore accroché : ce SUV BYD de 3,3 tonnes repart en pleine rue sur trois roues

Publié par Elsa Lepic le 20 Oct 2026 à 20:21
SUV tout-terrain roulant avec une roue levée et un sabot jaune

Un sabot de parking bloque la roue avant gauche d’un SUV, en pleine rue commerçante. Le conducteur n’appelle personne : il repart, sous les yeux des passants. Selon Car News China, la scène filmée en Chine repose sur un système hydraulique de BYD capable de soulever une roue. Reste à comprendre comment ça marche, et si ces images racontent vraiment une prouesse.

Un sabot jaune et rouge, une rue commerçante et des passants médusés

La scène se passe à Jinshan Town, dans la ville de Lianyungang, province du Jiangsu. Une route commerciale à deux voies, des voitures garées, des piétons. Rien d’extraordinaire, sauf ce qui se joue au niveau de la roue avant gauche d’un gros SUV.

Un sabot métallique jaune et rouge y est resté fixé, le signe habituel d’un véhicule immobilisé. Le conducteur, lui, ne semble pas s’en formaliser. Grâce à une fonction embarquée, il soulève la roue prisonnière et s’en va sur les trois autres.

Les images ont d’abord été publiées sur Douyin, le réseau social chinois, où elles ont circulé très vite. Elles ont ensuite été relayées le 17 octobre 2026 par Car News China, qui les a mises sous les yeux d’un public bien plus large.

Le véhicule est identifié : un Fangchengbao Bao 8, le SUV tout-terrain de BYD, vendu à l’international sous le nom Denza B8. On est loin de la voiturette que deux costauds pourraient soulever à la main.

Les voitures qui font ce que leurs cousines ne savent pas faire fascinent toujours, comme cette Tesla Roadster qui « vole » grâce à des propulseurs inspirés des fusées SpaceX. Ici, pas de fusée. Juste une mécanique bien plus subtile qu’il n’y paraît.

La question que tout le monde se pose devant ces images : comment une masse pareille tient-elle sur trois points d’appui ? La réponse se cache sous la carrosserie.

Sous la carrosserie, une suspension qui sait lever une roue de 300 mm

Avant de parler technique, un mot sur le gabarit. Le Bao 8 n’a rien d’une citadine : il pèse près de 3,3 tonnes selon les versions, pour une puissance combinée pouvant atteindre 550 kW, soit environ 748 chevaux.

Les mastodontes de ce genre ne manquent pas de surprendre, à l’image de ce SUV blindé à 930 000 € inspiré de GTA, avec un vrai siège éjectable. Mais ici, le spectaculaire n’est pas dans l’arsenal. Il est dans la façon dont la voiture gère son propre poids.

Stabiliser 3,3 tonnes sur trois roues ne s’improvise pas. Pas de bricolage de garage, pas de cric glissé sous le châssis : cette capacité est pensée dès l’origine par le constructeur.

BYD avait d’ailleurs déjà montré le système en situation contrôlée, sur un terrain d’essai, lors du lancement de la version Bao 8 Flash Charge Edition, le 13 mai 2026. Elle est commercialisée à partir de 419 800 yuans, soit environ 61 600 USD.

Les spécifications annoncées évoquent une course de réglage de la suspension allant jusqu’à 200 mm et une capacité de levage maximale de 9 tonnes. Des chiffres de poids lourd pour un SUV.

Le nom du système, alors ? C’est la suspension hydraulique DiSus-P Ultra, conçue par BYD pour ajuster séparément la hauteur de chaque roue. Le Bao 8 peut ainsi lever une roue jusqu’à 300 mm et continuer à rouler à basse vitesse sur les trois autres, plafonnée à 15 km/h selon les chiffres du constructeur.

Sauf qu’en mai, tout cela se passait sur une piste fermée. Là, c’est une vraie rue.

Passants stupéfaits regardant un gros SUV dans une rue commerçante

Piste fermée en mai, voie publique en octobre : ce que la vidéo ne dit pas

Quand une voiture est modifiée ou détournée de son usage, l’administration peut vite s’en mêler, comme dans le cas de cet automobiliste qui change la batterie de sa voiture électrique. Mais ici, rien de tel n’a été rapporté.

La différence avec les démonstrations de mai tient à un seul détail, mais il est de taille : la scène ne se déroule plus sur une piste fermée. Elle se passe sur la voie publique, au milieu de la circulation et des piétons.

Rouler sur trois roues devant des véhicules garés et des passants soulève des questions de sécurité que BYD n’avait pas eu à affronter sur son terrain d’essai.

Sur le sabot lui-même, silence radio. Rien dans la vidéo ne permet de savoir pourquoi le véhicule en portait un, ni s’il s’agissait d’une sanction infligée par les autorités locales.

La séquence ne fournit pas non plus de mesure de vitesse vérifiée, ni d’indication sur la distance parcourue avant que le conducteur ne repose sa roue au sol. Autant dire que le spectaculaire s’arrête là où les certitudes commencent.

Côté droit, l’article 21 de la loi chinoise sur la sécurité routière encadre les exigences de sécurité des véhicules et la conduite de véhicules présentant des risques identifiés. De là à dire que la configuration filmée constitue une infraction précise, il n’y a qu’un pas que personne n’a franchi : ce n’est pas établi.

Prouesse technique ou dérive dangereuse ? Les images montrent bien une prouesse mécanique réelle, mais leur contexte reste flou. Et c’est peut-être là le plus intéressant.

Pourquoi cette scène n’a pas fini de faire parler

À ce stade, aucune action officielle des autorités n’a été rapportée. La vidéo continue pourtant de circuler sur les réseaux sociaux chinois, où elle alimente les commentaires sur les usages possibles, et détournés, de cette technologie.

Car à l’origine, le système a été pensé pour dépanner un automobiliste coincé sur un terrain difficile. Le voir servir à contourner un sabot de parking, c’est le genre de détournement que personne n’avait mis dans la brochure.

Pour BYD, l’épisode est un cadeau et un casse-tête à la fois. Une démonstration gratuite de la technologie, mais aussi la preuve que ce qu’on montre sur piste finit toujours par se retrouver dans la vraie vie. Les constructeurs chinois multiplient d’ailleurs les promesses spectaculaires, comme ce nouveau SUV chinois qui coûte peu et prétend surpasser toutes les marques.

Ce qu’il faudra surveiller maintenant : une éventuelle réaction des autorités locales, et une prise de parole du constructeur. Rien de tel n’a été rapporté pour l’instant.

Au passage, la course à la technologie embarquée ne concerne pas que les suspensions. Elle touche aussi l’autonomie, avec des annonces aussi ambitieuses que les 1 400 km promis par Renault grâce à une batterie qui n’en est pas vraiment une.

Le Bao 8 sait lever une roue de 300 mm, mais la loi n’a pas encore dit si on peut s’en servir pour échapper à un sabot. Tant que personne ne tranche, la vidéo reste surtout une belle démonstration de force mécanique en pleine rue.

Et si vous pensiez que le sabot était la pire galère de ce genre, ce que cet homme a imaginé pour échapper à la police en Chine va vous faire relativiser. Et pour ceux qui rêvent d’aller toujours plus loin avec un seul plein, cette vieille Passat diesel et ses 2 300 km d’autonomie réserve une sacrée surprise.

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