Découvrez en images la Tesla Roadster qui « vole » grâce à des propulseurs inspirés des fusées SpaceX

Une voiture qui quitte le sol, tourne sur elle-même et retombe sur ses roues. Ce n’est pas une scène de film : Elon Musk dit l’avoir fait devant des investisseurs, des journalistes et des fans, au Texas.
La Tesla Roadster attendue depuis 2017 a enfin montré de quoi elle était capable. Reste une question : jusqu’où peut-elle vraiment « voler », et quand pourra-t-on l’acheter ?
Une rampe, une voiture à l’envers et un site d’essais SpaceX au Texas
La scène s’est jouée dans la nuit de jeudi à vendredi, sur le site d’essais de SpaceX à McGregor, au Texas. Public sur place, caméras braquées, ambiance de show à l’américaine.
Avant de dévoiler son prototype blanc à deux places, Elon Musk a lancé : « Vous n’allez pas croire ce que vous allez voir de vos propres yeux ». Pari risqué, mais il a tenu la promesse du spectacle.
Premier tour de force : la voiture a gravi une immense rampe incurvée. Elle a roulé à l’envers, collée à la structure par un système d’aspiration installé sous son châssis. Difficile de ne pas penser à un manège pour géants.
Le fabricant d’engins ultra-modifiés qui ne reculent devant aucune folie n’a qu’à bien se tenir : ici, le prototype ne se contente pas de rouler vite.
Et ce n’était que l’échauffement. Car une fois en haut de la rampe, la Roadster s’est élancée dans les airs.
Ce qui s’est passé ensuite explique pourquoi la salle a applaudi. Et pourquoi Musk, lui, a semblé presque surpris. Ce genre d’annonce rappelle aussi que le milliardaire adore les projets démesurés, jusque dans le gigantisme des bâtiments.
Dix propulseurs, 600 litres d’air comprimé : la mécanique derrière le saut
Dans les airs, la Roadster a effectué une rotation spectaculaire avant d’atterrir sur ses roues, sous les applaudissements. « Eh bien, ça a marché », a simplement réagi Elon Musk. Un aveu qui en dit long sur le niveau de risque.
Lors d’une seconde démonstration, le prototype a survolé plusieurs véhicules Tesla alignés, avec une nouvelle figure acrobatique à la clé.
Le secret tient en deux chiffres : dix propulseurs alimentés par un stockage d’air comprimé de 600 litres. Le système a été développé avec SpaceX, l’entreprise qui prépare aussi son entrée en bourse.
« Nous avons emprunté certaines technologies à SpaceX pour faire le reste », a expliqué Lars Moravy, vice-président de l’ingénierie automobile chez Tesla. Autrement dit, la maîtrise de plusieurs moteurs simultanés, ici au service d’une voiture.
Côté performances, Tesla revendique un 0 à 100 km/h en moins d’une seconde et plus de 370 km/h en pointe. Trois versions sont annoncées : Performance, Thrust et Rocket, cette dernière réservée à une clientèle choisie sur invitation.
Mais un détail change la lecture de cette démonstration. Et il n’a rien d’un détail technique.
Tout cela reste à prouver sur route. Les promesses de performances rappellent d’ailleurs que les annonces de Musk peuvent autant fasciner qu’inquiéter.
Voler, vraiment ? Les limites que le show ne montre pas

Avant de rêver, un rappel utile : ce que montre la vidéo, ce sont de brèves impulsions, pas un vol prolongé. Contrairement à un avion, la Roadster ne prouve pas encore de déplacement aérien durable.
Elon Musk le reconnaît lui-même : la voiture peut faire « des tonneaux et des acrobaties incroyables », mais n’est « pas nécessairement une voiture optimisée pour la sécurité ». Voilà qui a le mérite d’être franc.
Autre point : avec seulement 600 litres d’air comprimé, l’autonomie de ces sauts ne devrait pas être longue, estiment certains observateurs. Rien dans la démonstration ne dit combien de temps la voiture pourrait réellement tenir.
Les plus sceptiques y voient une simple évolution du jet pack des années 60 ou du flyboard de Zapata. Spectaculaire, oui. Révolutionnaire pour la route, pas encore.
Et le calendrier ? Annoncée en 2017, la Roadster accumule près de neuf ans d’attente. La production ne devrait démarrer qu’en 2028.
Le prix définitif reste inconnu, mais Tesla réclame déjà des acomptes allant jusqu’à 250 000 dollars pour certaines versions. Beaucoup de confiance pour une voiture que personne n’a encore conduite. Les histoires de Tesla et de sécurité montrent d’ailleurs que le sujet reste sensible.
Le plus étonnant ? Pendant que le Texas fait décoller un prototype, la France sort une nouvelle 2CV. Chacun son envol.
Voiture volante ou numéro d’équilibriste, la Roadster a surtout prouvé une chose : Musk sait faire lever les têtes. Et si vous vous demandez à quoi ressemble le SUV qui cache deux hélices pour se transformer en bateau, la réponse est tout aussi inattendue. Quant à ceux qui préfèrent les surprises plus terre à terre, cette Classe G décapotable à 1 million d’euros a de quoi les intriguer.