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Étude sur 500 accidents : cette fonction star des voitures électriques cache un risque insoupçonné pour les conducteurs

Publié par Elsa Lepic le 21 Juil 2026 à 7:27
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Conducteur hésitant entre accélérateur et frein en voiture électrique

Vous l’avez peut-être déjà testée sans y penser deux fois : cette fameuse conduite à une pédale, où la voiture ralentit toute seule dès qu’on lâche l’accélérateur. Un vrai argument de vente pour les voitures électriques, adopté aujourd’hui même par les hybrides. Mais une étude allemande vient de mettre le doigt sur un effet secondaire auquel personne n’avait vraiment pensé.

Un agrément de conduite qui cache un angle mort

Le principe séduit depuis des années : accélérer et freiner sans jamais changer de pédale, grâce au frein régénératif. Constructeurs et conducteurs adorent ce confort qui simplifie chaque trajet. Les constructeurs allemands eux-mêmes en ont fait un argument marketing central.

Mais l’assureur allemand UDV a voulu vérifier si cette technologie changeait vraiment les comportements au volant. Son équipe a épluché environ 500 accidents graves survenus entre 2019 et 2022, en comparant systématiquement des modèles électriques à des équivalents thermiques.

Le résultat interpelle : 9 cas de confusion entre l’accélérateur et le frein recensés côté électrique, contre un seul du côté thermique. Un écart qui ne doit rien au hasard, selon les chercheurs, mais bien à une habitude de conduite profondément modifiée par cette technologie, un peu comme certaines innovations récentes en matière de mobilité électrique bousculent nos réflexes sans qu’on s’en rende compte.

Le réflexe qui se perd, la pédale qu’on n’ose plus toucher

Kirstin Zeidler, responsable de la recherche sur les accidents à l’UDV, avance une explication logique. À force de ne quasiment jamais solliciter la pédale de frein au quotidien, le conducteur finirait par perdre le réflexe de s’en servir en urgence.

Le mécanisme est presque mécanique lui-même : avec une régénération forte activée, la voiture ralentit dès qu’on relâche l’accélérateur. Résultat, le frein devient presque décoratif en usage normal. Le jour où un danger surgit, le pied reste sur l’accélérateur et appuie plus fort, au lieu de basculer sur le frein.

Un détail rend l’étude encore plus troublante : près de la moitié des conducteurs impliqués dans ces confusions avaient plus de 75 ans. Les chercheurs pointent la mémoire musculaire et les temps de réaction comme pistes sérieuses, sans trancher définitivement.

De quoi rappeler que l’adaptation à une nouvelle interface de conduite ne se fait pas au même rythme selon l’âge, un peu comme d’autres évolutions technologiques questionnées récemment, à l’image des débats autour de l’intelligence artificielle et ses effets sur nos habitudes du quotidien.

Piéton surpris par une voiture électrique silencieuse au crépuscule

Le vrai danger silencieux, celui des piétons

L’étude UDV révèle un second schéma tout aussi préoccupant, lié cette fois aux piétons. Des accidents surviennent au démarrage, en marche arrière, ou lors de manœuvres à visibilité réduite, dans des zones où la voiture électrique reste tout simplement inaudible.

La réglementation européenne impose pourtant un générateur de bruit artificiel, l’AVAS, obligatoire depuis juillet 2019 pour les nouvelles homologations et juillet 2021 pour l’ensemble du marché. Impossible pour le conducteur de le désactiver.

Le hic, c’est que ce bruit reste souvent trop discret ou mal identifié comme celui d’une voiture qui approche. Le bruit de roulement, lui, ne devient perceptible qu’à partir de 30 km/h environ, alors que l’AVAS n’est actif que jusqu’à 20 km/h sur beaucoup de modèles.

Entre les deux, une zone grise où le véhicule circule presque silencieusement, un point que l’UDV souhaite voir corrigé au plus vite, notamment dans des contextes urbains où les nouvelles règles de circulation se multiplient déjà.

L’étude prend toutefois soin de nuancer : l’électrique n’est pas globalement plus dangereux que le thermique. Son poids protège même mieux ses occupants, quitte à représenter un risque accru pour l’autre véhicule impliqué. Les conducteurs de voitures électriques rouleraient d’ailleurs de façon plus prudente en moyenne que ceux roulant à l’essence.

Le paradoxe reste entier : ce qui rend l’électrique si agréable au quotidien pourrait bien se retourner contre son conducteur au pire moment. Les autorités européennes et les constructeurs sont désormais face à un vrai choix à trancher. Reste à savoir si un simple ajustement réglementaire suffira à corriger ce réflexe qu’on croyait acquis pour de bon.

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