Son SUV perd ses deux roues arrière en plein trafic : le PDG de Chery s’excuse publiquement

Un SUV qui perd ses roues en pleine circulation, ce n’est pas un simple défaut de fabrication. En Malaisie, un Chery Omoda 5 s’est retrouvé posé sur sa caisse, essieu arraché, devant un centre commercial fréquenté. L’affaire a pris une telle ampleur que le patron du constructeur a dû s’exprimer en personne. Et ce qui s’est joué ensuite, entre autorités, rappel et mea culpa, en dit long.
Un essieu arraché devant un centre commercial : la scène qui a tout déclenché
Tout commence sur une route malaisienne, près d’un centre commercial très fréquenté. Un conducteur est au volant de son Chery Omoda 5, un SUV à moteur essence. Soudain, l’essieu arrière lâche.
Selon Les Numériques, les images montrent les deux roues toujours fixées à l’ensemble arraché. Le véhicule a perdu toute la partie arrière qui relie les roues au châssis. Résultat : un SUV immobilisé sur sa caisse, au milieu du trafic.
Par chance, l’incident n’aurait fait aucun blessé. Quand on imagine la même scène sur une voie rapide, on mesure la différence.
Le sujet dépasse vite le simple fait divers automobile. La question qui revient : les constructeurs chinois vont-ils trop vite ? Huawei lui-même l’aurait récemment reconnu à propos des voitures électriques, comme le rappelle la source. Et pour les voitures à roues qui se détachent, la liste des affaires récentes s’allonge, comme dans ce rappel de 388 000 SUV Ford pour un siège arrière.
Mais côté Malaisie, la réaction des autorités a été immédiate. Et elle est loin d’être anodine.
Homologation suspendue, enquête ouverte : la riposte des autorités malaisiennes
L’administration malaisienne chargée des transports a suspendu l’homologation du Chery Omoda 5. Les nouvelles immatriculations ont été stoppées dans la foulée. Objectif : laisser aux autorités le temps d’évaluer les risques.
Une enquête a aussi été lancée. Elle porte sur les chaînes de production, les contrôles qualité, les soudures et les fournisseurs de pièces. Rien n’est laissé de côté.
Côté constructeur, Chery a lancé un rappel de 8 878 modèles, sur les versions C et H. Les voitures sont inspectées, et la pièce défectueuse est remplacée gratuitement.
Pour comprendre ces mesures, il faut savoir que les rappels géants se multiplient dans le monde. C’est le cas du rappel de 4 millions de voitures chez Volkswagen, Audi, Seat et Skoda, bien plus lourd en volume.
Mais pour Chery, le plus embêtant tient ailleurs. Ce n’est pas la première fois que le modèle fait parler de lui pour ce même type de défaut.
En avril 2024, un autre Omoda 5 avait déjà perdu une partie de son essieu arrière sur la route, toujours en Malaisie. L’entreprise avait alors rappelé 600 véhicules, dont 60 exemplaires équipés d’une pièce à risque. L’enquête avait pointé un mauvais réglage d’une machine de soudure chez un fournisseur, après le remplacement d’un embout usé.
Alors, même cause cette fois ? La réponse est plus nuancée qu’on ne le croit.

Même défaut qu’en 2024 ? Ce que l’on sait de la cause, et ce que le PDG a dit
Avant de répondre, un détour s’impose par un autre dossier de défaut mécanique : BMW et ses 180 000 véhicules rappelés pour un risque d’incendie montre à quel point l’origine d’un défaut met parfois du temps à émerger.
Dans le cas de Chery, la cause exacte de l’incident récent n’est pas encore établie. Mais selon Les Numériques, ce ne serait sans doute pas la même qu’en 2024. La version actuelle de l’Omoda 5 n’utilise plus la suspension arrière jugée défectueuse à l’époque.
Autrement dit : un nouveau défaut, ou au moins une nouvelle piste à explorer. Et c’est précisément ce qui inquiète. Deux incidents similaires en deux ans sur le même modèle, avec deux origines différentes, c’est un signal que les autorités ne peuvent pas ignorer.
C’est dans ce contexte que Yin Tongyue, président de Chery, a pris la parole. Il a présenté publiquement ses excuses à propos des problèmes de qualité en Malaisie. Il explique aussi s’être excusé en personne auprès du ministre malaisien du Commerce et de l’Industrie.
Sa phrase clé : « Nous ne nous installons pas à l’étranger pour faire des profits rapides, mais pour nous implanter sur ces marchés sur le long terme. » Selon Car News China, c’est bien ce discours qui a accompagné les excuses.
Reste à savoir ce que ce mea culpa va changer concrètement pour le constructeur.
Ce que ça change pour Chery en Malaisie, et ce qu’il faut surveiller ensuite
Chery s’est installé en Malaisie en 2023. Depuis, le pays est devenu un marché majeur de son expansion internationale. Autant dire que l’enjeu dépasse un simple rappel.
La confiance des automobilistes malaisiens risque de s’effriter. C’est le vrai danger pour une marque qui construit sa réputation à l’étranger. Un SUV qui perd ses roues, ça marque les esprits plus longtemps qu’une campagne de pub.
Bonne nouvelle pour la marque, tout de même : l’administration malaisienne a prévu de rétablir l’homologation de l’Omoda 5. Mais pas avant la mise en place de mesures correctives et d’une validation de sécurité.
Ce qu’il faut surveiller : les conclusions de l’enquête sur les soudures et les fournisseurs, et la date de reprise des immatriculations. Les rappels à répétition rappellent aussi qu’un constructeur peut être en difficulté sur la durée, comme dans le cas de cette célèbre marque qui pourrait bientôt disparaître.
Enfin, la sécurité des occupants reste la priorité absolue, comme le montre l’affaire des poignées de porte de Tesla, Xiaomi et Xpeng, qui ont déjà coûté des vies. Ici, personne n’a été blessé : c’est la seule vraie chance de cette histoire.
Un essieu qui se détache, des excuses publiques, 8 878 voitures à inspecter : l’Omoda 5 devra regagner sa crédibilité. Et si vous vous demandez ce que votre propre voiture sait de vous, ce que les constructeurs collectent réellement en 2026 pourrait vous faire réfléchir. Quant à ceux qui pensent que la voiture électrique est un long fleuve tranquille, ce risque insoupçonné lié à la conduite à une pédale ne va pas les rassurer.