Éclipse du 12 août : ces centaines d’automobilistes verbalisés 135€ pour une seule raison

Le 12 août dernier, des milliers de Français ont levé les yeux vers le ciel pour observer une éclipse solaire. Un moment rare, presque magique, à vivre en famille ou entre amis, si possible depuis un point de vue dégagé. Sauf que pour beaucoup d’automobilistes, la magie a viré au cauchemar administratif. Direction le Mont Verdun près de Lyon et le col de Vence dans les Alpes-Maritimes, où l’addition a été salée.
Un rassemblement massif qui a viré au chaos routier
Pour admirer l’éclipse dans les meilleures conditions, les Français ont eu le même réflexe : grimper en hauteur, chercher un horizon dégagé, loin des lumières parasites. Résultat, des lieux habituellement tranquilles se sont retrouvés submergés en quelques heures. Au Mont Verdun, au nord de Lyon dans le Rhône, ce site qui abrite une base militaire aérienne stratégique a vu affluer des centaines de curieux sur des routes particulièrement étroites.
Même scénario au col de Vence, dans les Alpes-Maritimes, où plus de 1 000 voitures se sont massées selon des témoins cités par France 3 Régions. Un afflux comparable à ceux observés lors de grands événements météo ou astronomiques, un peu comme les foules attirées par une tempête hors norme ou un phénomène céleste rare. Sauf qu’ici, personne n’avait anticipé le casse-tête logistique que cela allait provoquer sur des axes aussi étroits.
Face à cet embouteillage improvisé, les automobilistes ont fait ce que beaucoup font en pareille situation : ils se sont garés où ils pouvaient, souvent sur le bas-côté. Une solution de fortune qui allait leur coûter cher, bien plus cher qu’une simple mauvaise surprise sur le pouvoir d’achat.
135 euros la minute d’éclipse : la sanction qui a fait des vagues
La raison de ces amendes est finalement assez simple, même si elle a du mal à passer sur le moment. Les véhicules garés le long des routes empêchaient purement et simplement la circulation. Une situation jugée trop dangereuse par les forces de l’ordre pour être tolérée, malgré le caractère exceptionnel de l’événement.
Au Mont Verdun, dès la fin du spectacle céleste, les gendarmes sont passés à l’action. Ils ont annoncé verbaliser tous les automobilistes stationnés le long de la voie, sans distinction. Le montant de l’amende : 135 euros, un chiffre qui a immédiatement fait grincer des dents parmi les spectateurs présents sur place.
« La circulation était complètement bloquée », a justifié le commandant de la brigade de gendarmerie de Limonest, cité par Le Progrès. Un argument de sécurité difficile à contester, mais qui n’a pas empêché des huées de retentir au moment de l’annonce. Un peu comme lors d’une situation qui dérape sur la route, l’ambiance conviviale de l’observation s’est transformée en tension palpable.
Au col de Vence, le scénario s’est répété à l’identique, mais à plus grande échelle encore, vu le nombre de véhicules concernés sur ce site prisé des randonneurs et des amateurs de panoramas.

« Des PV à tout va » : la colère des automobilistes niçois
Dans les Alpes-Maritimes, l’opération de verbalisation a pris une tournure quasi systématique. « L’éclipse passée, les forces de l’ordre photographiaient les plaques et distribuaient des PV à tout va », confiait un automobiliste au quotidien Nice-Matin. Une méthode redoutablement efficace, presque industrielle, qui a marqué les esprits sur place.
Ce détail change la perception de l’événement. Il ne s’agissait pas de contrôles isolés ou d’avertissements ponctuels, mais bien d’une opération méthodique menée juste après le passage du phénomène astronomique. Les gendarmes ont visiblement attendu la fin de l’éclipse pour agir, laissant les curieux profiter du spectacle avant de sévir.
Cette stratégie explique en partie la colère ressentie par certains conducteurs. Venus admirer un événement rare, ils repartent avec une amende salée, sans avoir vraiment eu le temps de comprendre qu’ils étaient en infraction. Un scénario qui rappelle d’autres histoires où la loi rattrape les automobilistes au moment où ils s’y attendent le moins, comme cette excuse improbable tentée face aux policiers.
Reste que la question du stationnement sauvage lors d’événements exceptionnels n’est pas nouvelle. Chaque fois qu’un phénomène rare attire les foules, les mêmes problèmes de circulation ressurgissent, et les mêmes sanctions tombent.
Au final, l’éclipse du 12 août aura offert un joli spectacle… et une belle facture collective. Entre le Rhône et les Alpes-Maritimes, ce sont des centaines d’automobilistes qui repartent avec un souvenir à 135 euros. La prochaine fois qu’un événement céleste attire les foules, mieux vaudra peut-être prévoir un covoiturage ou une marche à pied jusqu’au point de vue.