Cette Ferrari 488 Spider de 2018 n’a roulé que 10 000 km : les enchères s’envolent à plus de 366 000 €

Une Ferrari presque neuve, ça n’arrive jamais par hasard sur le marché de l’occasion. Celle-ci a à peine quitté son garage : 6 000 miles au compteur, soit environ 10 000 km, pour un modèle sorti en 2018. Sa couleur ultra-rare et son état quasi showroom sont en train de faire flamber les enchères sur la plateforme américaine Bring a Trailer, bien au-delà de ce qu’on attendrait d’une Ferrari 488 Spider classique.
Une Ferrari 488 Spider qui a changé la donne chez Ferrari
Pour comprendre l’engouement, il faut revenir à ce que représente cette voiture dans l’histoire récente de la marque au cheval cabré. La 488 Spider a marqué un tournant en réintroduisant le turbo sur une Ferrari de route à moteur central, une première depuis la mythique F40. Un choix technique qui a fait grincer des dents les puristes à l’époque, avant de devenir une référence.
Sous le capot arrière, un V8 3,9 litres biturbo délivre 661 chevaux et 561 lb-ft de couple, envoyés aux roues arrière via une boîte F1 à double embrayage à 7 rapports. Le toit rigide escamotable se replie en une quinzaine de secondes, histoire de profiter sans filtre de la sonorité du moteur.
Sur le marché de la collection, ce modèle est aujourd’hui vu comme l’un des derniers V8 thermiques à moteur central avant l’arrivée de la F8 et l’hybridation généralisée des supercars.
Ce basculement technologique n’est pas isolé : d’autres secteurs entiers repensent leurs infrastructures autour de la mobilité, comme le montre cette taxe kilométrique déjà en préparation au Royaume-Uni, ou encore le modèle suisse observé de près par la France. Autant de signaux qui renforcent, par contraste, la valeur des derniers V8 thermiques comme celui-ci.
Un dossier d’entretien impeccable et une teinte introuvable
L’exemplaire mis aux enchères ne se contente pas d’un faible kilométrage. Sa carrosserie affiche un Extra Range Grigio Cangiante, un gris-bleu irisé commandé spécialement, rehaussé d’écussons Scuderia Ferrari sur les ailes et de jantes bronze. L’intérieur en cuir fauve complète une combinaison de couleurs que les collectionneurs croisent rarement.
Le dossier historique ne compte que deux propriétaires et un rapport vierge. Un contrôle des émissions a été validé en Californie en 2026, et un gros entretien réalisé fin 2025 : pneus neufs, vidange, bougies, batterie et filtre à air changés. De quoi rassurer un acheteur pressé, même si l’auto n’a pas été livrée avec le système de relevage de l’essieu avant, un détail qui fait tiquer certains connaisseurs.
Ce genre de configuration ultra-spécifique rappelle à quel point le marché du luxe automobile fonctionne différemment des biens du quotidien, un peu comme certaines pièces de collection oubliées qui reprennent soudain de la valeur, ou ces ressources rares dont la valeur grimpe avec la rareté perçue. Ferrari joue sur les mêmes ressorts avec ses teintes spéciales, réservées à quelques initiés.

Le prix qui fait halluciner les passionnés de Ferrari
C’est là que l’écart devient spectaculaire. Selon AutoBlog, une Ferrari 488 Spider 2018 en bon état, avec un kilométrage et une configuration moyens, se négocie habituellement entre 255 000 et 285 000 dollars, soit environ 230 000 à 255 000 €. Certaines grandes plateformes américaines évoquent même une moyenne autour de 423 866 dollars sur ce millésime, avec des entrées de gamme vers 279 995 dollars.
Or l’enchère de cet exemplaire précis a déjà grimpé à 407 000 dollars, soit environ 366 000 €, alors qu’il reste encore deux jours avant la clôture des offres. Les analystes de marché associés à la vente estiment sa juste valeur entre 375 000 et 450 000 dollars, soit 340 000 à 405 000 € : un niveau largement supérieur à celui d’une 488 Spider plus banale.
Ce type d’engouement rappelle d’autres histoires où un bien de niche s’envole en quelques jours seulement, à l’image de cette étudiante qui a transformé Vinted en petit business ou de ces marchés de niche où la rareté justifie tout. Les spécialistes recommandent malgré tout une inspection pré-achat complète par un atelier Ferrari, histoire de vérifier l’historique d’entretien et l’éventuelle couverture restante avant de sortir le chéquier.
Pour un futur propriétaire, la question n’est plus vraiment de savoir si cette Ferrari vaut son prix, mais s’il pourra seulement en trouver une deuxième comme elle un jour. Reste à voir jusqu’où grimpera l’enchère finale, et si d’autres exemplaires aussi rares referont surface bientôt sur le marché mondial.