Ferrari va envoyer sa première voiture électrique à 550 000 € dans le mur… et c’est une grande première

Ferrari n’avait jamais envoyé une seule de ses voitures se fracasser contre un mur pour un test de sécurité. Jamais. Mais la Luce, première Ferrari 100 % électrique, va briser ce tabou. Et à 550 000 € l’exemplaire, elle deviendra aussi la voiture la plus chère jamais testée par l’Euro NCAP.
Pourquoi Ferrari n’avait jamais passé les crash-tests Euro NCAP
Il faut comprendre un truc : les crash-tests de l’Euro NCAP ne sont pas obligatoires. Aucune loi européenne ne force un constructeur à envoyer ses modèles au casse-pipe. Le test repose uniquement sur la volonté du fabricant. Et pour les marques de prestige, le calcul a toujours été simple : pourquoi prendre le risque ?
L’enjeu, c’est l’image. Un mauvais score, et c’est la réputation qui prend un coup. Or les acheteurs de Ferrari ne choisissent pas leur bolide sur la base d’une note de sécurité. Ils achètent un blason, une histoire, un moteur qui rugit. La sécurité passive ? Loin d’être leur premier critère.
À l’inverse, de nombreuses marques grand public ou émergentes se ruent sur les crash-tests pour décrocher leurs cinq étoiles. C’est particulièrement vrai pour les constructeurs chinois, qui cherchent à rassurer le marché européen à tout prix. Mais pour Maranello, la question ne s’était tout simplement jamais posée.
L’autre frein est purement économique. Ces voitures sont produites en très faible nombre. Sacrifier plusieurs exemplaires à près d’un demi-million d’euros chacun pour un test que même des citadines à 15 000 € passent sans sourciller, c’est un pari coûteux. Alors pourquoi Ferrari change-t-elle de stratégie maintenant ?
La Ferrari Luce : bien plus qu’une simple supercar électrique
La réponse tient en un mot : famille. La Ferrari Luce n’est pas une GT biplace taillée pour les circuits du dimanche. C’est une berline sportive à cinq places, plus spacieuse encore que le SUV Purosangue qui n’en accueille que quatre. Un virage radical pour le cheval cabré.
Mieux encore, deux points de fixation ISOFIX équipent la banquette arrière. Autrement dit, Ferrari assume clairement que des enfants prendront place à bord. Et quand des enfants entrent dans l’équation, la sécurité n’est plus un argument marketing : c’est une nécessité absolue.
C’est lors de la présentation officielle de la Luce à Rome qu’un porte-parole de la marque a lâché la bombe. L’Euro NCAP « fait partie de nos objectifs de performance », a-t-il déclaré. Une phrase qui en dit long sur le repositionnement stratégique de Ferrari. La performance ne se mesure plus seulement en chevaux ou en 0 à 100, mais aussi en étoiles de sécurité.
Ce premier modèle 100 % électrique marque donc une double rupture. D’abord par sa motorisation, qui tourne le dos à des décennies de V8 et V12 légendaires. Ensuite par cette volonté inédite de prouver que le luxe ultime peut aussi rimer avec protection maximale des occupants.

550 000 € dans le mur : le crash-test le plus cher de l’histoire de l’Euro NCAP
Le calcul donne le vertige. Chaque exemplaire de la Ferrari Luce affiché à 550 000 € qui sera envoyé dans le mur représente un coût astronomique. Les crash-tests nécessitent plusieurs véhicules pour les différents scénarios : impact frontal, latéral, protection des piétons. Le ticket d’entrée se chiffre donc en millions d’euros.
Aucune voiture aussi chère n’avait jamais été soumise aux protocoles de l’organisme européen. Les modèles habituellement testés — berlines familiales, SUV grand public, citadines électriques — dépassent rarement les 60 000 €. Ferrari pulvérise ce plafond d’un facteur dix.
Mais Maranello sait que la clientèle de la Luce sera différente de celle d’une 296 GTB ou d’une SF90. Ces futurs propriétaires, prêts à débourser une fortune pour une berline familiale estampillée Ferrari, voudront la certitude que leur investissement protège aussi leurs proches. Les cinq étoiles Euro NCAP deviendraient alors un argument de vente redoutable, un label que même la marque au cheval cabré ne peut se permettre d’ignorer face à cette nouvelle clientèle.
Si la Luce décroche le score maximal, Ferrari aura réussi un coup de maître : prouver qu’on peut être la voiture la plus chère, la plus rapide et la plus sûre du marché. En même temps.
Ferrari a mis un siècle à accepter l’idée d’envoyer une de ses créations dans un mur. Il aura fallu un moteur électrique et des sièges bébé pour les convaincre. Comme quoi, parfois, ce sont les plus petits passagers qui provoquent les plus grandes révolutions.