Cette Ferrari électrique unique s’envole à 1,1 million d’euros aux enchères, avant même la première livraison

Une Ferrari qui roule sans essence, ça bouscule déjà les habitudes. Mais une Ferrari électrique vendue plus cher qu’un appartement parisien avant même d’avoir touché la route, ça relève carrément de l’événement. La marque au cheval cabré s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire, et le prix affiché donne le vertige.
La première Ferrari 100% électrique s’apprête à faire ses débuts
La Ferrari Luce divise déjà les foules avant même d’arriver dans les concessions. Son style clivant fait parler, mais surtout, elle représente un tournant historique : la toute première voiture 100% électrique produite par le constructeur de Maranello. Un cap symbolique, presque aussi marquant que celui franchi par Porsche avec sa 911 électrique.
Sur le papier, la fiche technique impressionne sans pour autant écraser la concurrence. Avec 1 035 chevaux et un 0 à 100 km/h abattu en 2,5 secondes, la Luce reste dans la norme des SUV électriques haut de gamme. Une Porsche Cayenne Turbo électrique fait même mieux sur certains points, notamment l’autonomie.
Justement, parlons autonomie : malgré une imposante batterie de 122 kWh, la Luce n’annonce que 530 km. Un chiffre honnête, mais pas de quoi faire trembler les nouvelles stratégies électriques des constructeurs généralistes. Alors où se niche vraiment la valeur ajoutée de cette voiture ? La réponse tient moins aux chiffres qu’à l’ingénierie déployée sous la carrosserie.
Un exemplaire unique conçu pour l’agilité, pas la course aux watts
Plutôt que de miser sur des performances brutes, Ferrari a préféré travailler le comportement dynamique de son premier SUV électrique. La Luce embarque quatre moteurs électriques indépendants, capables de répartir la puissance roue par roue. L’objectif : rendre agile un véhicule pourtant lourd, un défi technique que tous les constructeurs premium tentent de relever avec plus ou moins de réussite.
Cette architecture particulière s’accompagne probablement d’une monte pneumatique privilégiant l’adhérence plutôt que l’efficience énergétique, un compromis classique chez les marques sportives. L’exemplaire mis aux enchères reprend cette base technique en y ajoutant une architecture 800 volts, gage de recharge rapide.
Mais ce qui rend cette voiture réellement unique, c’est son passage entre les mains du programme Tailor Made, le service de personnalisation extrême de la marque. Ferrari a choisi un thème parfaitement raccord avec le nom du modèle : la lumière.
Une teinte spéciale baptisée Madreperla Semi-Gloss habille la carrosserie, censée « transformer la perception » des surfaces selon les designers de la maison.
Un traitement qui n’est pas sans rappeler l’attention portée aux détails sur des projets automobiles atypiques, à mille lieues des standards imposés par exemple par le retour des boutons physiques venu de Chine.

Le montant qui fait tourner les têtes, et sa destination surprenante
Alors, combien coûte réellement ce bijou d’exception ? Les commissaires-priseurs de RM Sotheby’s annoncent une estimation vertigineuse : 1,1 million d’euros. Un montant presque deux fois supérieur au tarif catalogue de la Luce, qui débute pourtant déjà à plus de 600 000 euros. Le département de style n’a rien laissé au hasard : jantes blanches spécifiques, étriers de frein sur mesure, emblème Ferrari apposé sur fond blanc immaculé.
À l’intérieur, l’habitacle joue la carte du contraste avec un cuir gris Le Mans agrémenté d’accents Grigio Corvara. Une plaque personnalisée viendra rappeler, si besoin était, le caractère totalement exclusif de cet exemplaire.
La vente se tiendra lors de la mythique Monterey Car Week, en Californie, au mois d’août prochain, un rendez-vous incontournable pour les collectionneurs du monde entier, un peu à la manière des ventes qui font grimper la cote de vieux objets du quotidien devenus véritables trésors numismatiques.
Détail qui change tout pour beaucoup d’observateurs : l’intégralité du produit de cette vente sera reversée à la Fondation Ferrari. Un choix qui donne un sens différent à ce prix affolant, loin des simples enchères spéculatives que l’on peut observer sur certains objets insolites qui contiennent parfois bien plus de valeur qu’on ne l’imagine.
Un million d’euros pour une Ferrari électrique, ça peut sembler déraisonnable. Mais c’est surtout le prix à payer pour posséder un fragment d’histoire automobile, celui de l’entrée officielle de Maranello dans l’ère du tout-électrique. Reste une question : la demande sera-t-elle aussi forte pour les futurs modèles de série que pour cet exemplaire d’exception ?