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Ce feu tricolore change de règle en Espagne dès le 1er octobre : l’ignorer coûtera 200 euros

Publié par Elsa Lepic le 25 Sep 2026 à 21:01
Feu tricolore rouge fixe au-dessus d'un passage piéton

Un feu qui clignote en orange, une prudence de circonstance, et voilà comment on croise un piéton depuis toujours à un carrefour espagnol. Sauf qu’à partir de cet automne, cette petite tolérance disparaît purement et simplement. Et elle ne s’efface pas sans laisser de trace : à la clé, une amende précise, des points en moins, et une raison qui tient en un chiffre glaçant.

Un feu qui protégeait mal les piétons depuis des années

En Espagne, le feu orange clignotant réglait depuis longtemps la circulation aux abords des passages piétons. Quand le piéton passait au vert, l’automobiliste voyait s’allumer un orange clignotant : il pouvait avancer, à condition de rouler prudent et de vérifier que la voie était libre.

Un système qui ressemble, en France, à la flèche orange clignotante utilisée à certains carrefours. Sauf qu’il reposait sur une confiance à double sens, parfois trompeuse.

D’un côté, les conducteurs surveillaient les alentours avant de s’engager. De l’autre, les piétons traversaient parfois persuadés d’avoir une priorité absolue. Le décret royal espagnol qui change la donne décrit lui-même cette configuration comme un véritable bras de fer psychologique, fait de freinages heurtés et d’accélérations mal calculées.

Résultat : des statistiques qui ne laissent guère de doute sur l’urgence d’agir. Les piétons et cyclistes représentent plus de 80 % des victimes d’accidents en agglomération en Espagne, selon la DGT, l’autorité espagnole de la circulation. Les piétons comptent, à eux seuls, pour près de la moitié des décès en zone urbaine. Un constat qui a fini par forcer la main du législateur — reste à savoir ce que cela change concrètement pour chaque automobiliste.

Ce qui change vraiment à chaque carrefour dès l’automne

La bascule est actée. Le décret royal 518/2026, publié au Boletín Oficial del Estado, l’équivalent espagnol du Journal officiel, met fin à l’ambiguïté du feu orange clignotant. À partir du 1er octobre 2026, dès que le piéton obtient le vert pour traverser, l’automobiliste voit s’allumer un rouge fixe.

Plus de marge d’interprétation, plus de calcul de vitesse à l’approche du passage clouté : l’arrêt devient total et obligatoire. Les municipalités espagnoles doivent reprogrammer leurs installations dans les prochains mois, mais la loi, elle, s’appliquera sur tout le territoire dès son entrée en vigueur, sans période de tolérance annoncée.

Une mesure qui concerne aussi les automobilistes de passage, touristes français compris, invités à redoubler d’attention aux abords des passages piétons espagnols. Car derrière ce nouveau rouge fixe se cache une sanction bien concrète, chiffrée au centime près.

Conducteur surpris face à un feu rouge fixe

200 euros et 4 points : la note s’alourdit pour les distraits

Griller ce feu désormais fixe expose à une amende de 200 euros et à un retrait de 4 points sur le permis. Un paiement effectué sous 20 jours ramène la somme à 100 euros, mais le retrait de points, lui, reste dû dans tous les cas, sans exception ni négociation possible.

La règle s’applique à tous les conducteurs circulant en Espagne, quelle que soit leur nationalité. Pas de régime particulier pour les vacanciers étrangers habitués à d’autres codes de la route.

Mais le décret 518/2026 ne s’arrête pas aux feux tricolores. Les utilisateurs de trottinettes électriques devront désormais porter un casque et un gilet réfléchissant la nuit, une obligation déjà en vigueur en Italie, et l’âge minimum pour en conduire une passe à 15 ans.

Les automobilistes devront aussi respecter une distance de 5 mètres derrière un vélo en ville, et le dépasser en changeant intégralement de file, exactement comme pour doubler un véhicule classique. Autre changement notable : les chauffeurs de taxi, livreurs et moniteurs d’auto-école perdent leur dispense historique et devront désormais boucler leur ceinture en agglomération, comme tout le monde.

Ce que la France regarde de son côté des Pyrénées

De l’autre côté de la frontière, la flèche orange clignotante continue, elle, de gérer de nombreuses intersections françaises. Aucune réforme comparable n’est pour l’instant annoncée sur le territoire national.

Pourtant, les chiffres provisoires de l’ONISR pour 2025 donnent le vertige : 501 piétons ont été tués sur les routes françaises, soit 45 de plus qu’en 2024. Une hausse qui interroge, alors que d’autres facteurs viennent compliquer la vigilance des conducteurs.

Des montants de pare-brise plus épais pour répondre aux normes de crash-tests, des écrans tactiles qui monopolisent le regard sur les planches de bord, des SUV plus imposants qui créent des angles morts : autant d’éléments qui, cumulés, rendent chaque carrefour plus risqué qu’il n’y paraît.

Si les villes françaises reprogrammaient leurs feux comme en Espagne, l’impact matériel resterait anecdotique. Mais les temps de parcours s’allongeraient, au risque de mécontenter les usagers du quotidien, comme le rappelle Pleine Vie. Une équation entre sécurité et fluidité que Madrid a tranchée, mais que Paris n’a pas encore posée sur la table.

Un simple feu qui bascule du orange au rouge fixe, et c’est tout un rapport de force entre voitures et piétons qui se réécrit outre-Pyrénées. Reste à savoir si la France suivra, ou continuera de miser sur la prudence partagée. En attendant de croiser un passage piéton espagnol, mieux vaut aussi vérifier ce qui change dans les voitures neuves dès 2026, et pourquoi certaines règles de stationnement bousculent déjà les habitudes des automobilistes parisiens.

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