« C’est un big deal » : Fiat prépare deux électriques à 10 000 et 15 000 €, voici quand

Une petite voiture électrique à moins de 10 000 euros, ça vous tente ? Fiat y travaille sérieusement, et ce n’est plus un simple fantasme de salon automobile. La marque italienne, portée par le succès inattendu de sa Topolino sans permis, prépare deux nouveaux modèles électriques ultra-accessibles. On vous dévoile les prix, les dates, et les coulisses d’un projet que son propre patron qualifie de « big deal ».
Après la Topolino, Fiat vise le segment A historique
Depuis la naissance de Stellantis, Fiat retrouve des couleurs. La marque a fait un choix clair : miser sur les petites voitures, accessibles, urbaines, malignes. La stratégie électrique du groupe s’appuie désormais sur des synergies entre marques, un peu comme Leapmotor le fait pour la future 2CV et la Pandina électrique.
La 500 et la Panda électriques ont ouvert la voie. Mais c’est la Topolino, ce petit quadricycle sans permis vendu 9 990 euros en France, qui a prouvé qu’il existait une demande réelle pour du tout petit, tout électrique et vraiment abordable.
Alors Fiat pousse le concept plus loin. Deux projets sont dans les cartons : une version quatre places de la Topolino, baptisée en interne Multiplina, et une citadine électrique cousine de la future Citroën 2CV. De quoi couvrir tout le bas de gamme électrique, du quadricycle à la vraie petite citadine.
« Un big deal » : les prix et les dates enfin dévoilés
Nous avons pu échanger avec Olivier François, CEO de Fiat, et Guillaume Clerc, directeur produit, à l’occasion du lancement des nouvelles versions Topolino. Sur la Multiplina, présentation annulée in extremis mais projet bien réel, François ne mâche pas ses mots : « Pour être tout à fait honnête, c’est un lancement super important ; pour moi, c’est aussi important que la nouvelle 500 ou la nouvelle Panda (…) C’est un big deal. »
Côté prix, le CEO donne un ordre de grandeur : la Multiplina « devrait être en dessous de 10 000 euros ». Pour la citadine électrique baptisée « E-Car » en interne, sœur discrète de la future Citroën 2CV, l’objectif est un « prix de départ déclaré (…) aux alentours de 15 000 euros avec les incitations ».
Côté calendrier, Guillaume Clerc reste prudent : « Si on arrive à trouver une solution technique qui la rend viable, on vise 2028. » Deux ans encore avant de voir ces modèles rouler, donc, et une contrainte technique de taille à résoudre d’ici là. Pour comparer, la Renault Twingo électrique démarre aujourd’hui à 13 750 euros avec les aides maximales.

La vraie contrainte : faire léger sans faire ruineux
La difficulté technique n’est pas anodine. La Multiplina doit entrer dans la catégorie L7, un quadricycle lourd plafonné à 450 kg hors batterie. « Une très grosse contrainte », résume Guillaume Clerc, qui explique le vrai piège : « Faire un objet léger, tout le monde sait le faire : vous faites tout en alu et ça fonctionne, sauf que l’objet sera beaucoup trop cher. »
L’équation à résoudre, c’est donc trouver l’équilibre entre légèreté réglementaire et coût industriel soutenable. Pour l’instant, le projet reste une « exploration Fiat », sans partage garanti avec d’autres marques du groupe Stellantis. Une extension pourrait suivre « si on trouve la solution et si on sent qu’il y a un business ».
En toile de fond, une bataille réglementaire se joue à Bruxelles. La nouvelle catégorie européenne M1E, annoncée en décembre 2025, cible les électriques de moins de 4,20 mètres produites en Europe, avec des « super crédits » CO2 à la clé.
Mais Guillaume Clerc regrette que les quadricycles L7 en soient exclus : « On ne comprend pas pourquoi des objets de mobilité qui (…) ont une empreinte carbone bien meilleure que n’importe quelle voiture » restent en dehors du dispositif.
Fiat soutient d’ailleurs la position de l’ACEA sur le sujet, et rejoint la revendication de Microlino, qui réclame l’intégration des quadricycles dans cette catégorie avantageuse.
Une piste intermédiaire existe pourtant : créer une catégorie entre L7 et M1, avec des limites de masse et de vitesse spécifiques. Un concept qui rappelle furieusement le Dacia Hipster. « Pour l’instant, ce n’est pas la direction qui est prise », soupire Guillaume Clerc.
Deux voitures, deux prix cassés, une seule certitude : Fiat joue gros sur l’accessibilité. Reste à savoir si la réglementation européenne suivra le rythme des ambitions italiennes, ou si ces belles promesses buteront sur des contraintes de poids et de coûts. Rendez-vous fin 2026 pour la première apparition officielle de la Multiplina.