À Hong Kong, cette McLaren F1 à 30 millions d’euros roule tranquillement au milieu des taxis

Une silhouette gris métallisé se glisse entre les taxis rouges et les bus à impériale de Hong Kong. Rien d’alarmant en apparence, sauf que cette voiture-là ne devrait presque jamais rouler en ville. Derrière ces quelques secondes de vidéo se cache l’histoire d’une des voitures les plus rares au monde, et le montant qu’elle représente donne le vertige.
Une vidéo de quelques secondes qui change tout
Début septembre 2026, une courte séquence circule sur Instagram. On y voit une supercar des années 90 remonter calmement une artère urbaine avant de tourner vers une rampe menant à un parking privé.
Un détail attire l’œil : un spotter traverse la rue en courant pour ne pas rater l’instant, selon The SupercarBlog. Ce genre de réaction n’est jamais anodin dans le petit monde des chasseurs de voitures rares.
Voir une McLaren F1 circuler sur route ouverte est déjà exceptionnel où que ce soit dans le monde. Loin des pannes moteur qui touchent parfois des véhicules bien plus ordinaires après un simple plein, cette mécanique-là roule sans le moindre souci apparent.
À Hong Kong, cette rareté est encore plus vraie : le territoire ne compte désormais plus qu’un seul exemplaire basé sur place. Une situation qui contraste avec les restrictions croissantes imposées à certains véhicules, comme ces modèles bientôt interdits de circulation en France.
Le châssis #063, dernier survivant du territoire
Deux McLaren F1 de route avaient été allouées à Hong Kong à l’origine. La première, le châssis #016 en Aubergine Pearl, a roulé dix-huit ans sous la même immatriculation avant d’être renvoyée en Europe puis vendue début 2026.
Depuis ce départ, le châssis #063, teinte Magnesium Silver, est devenu la seule F1 encore installée sur le territoire. Son propriétaire, un collectionneur local de premier plan, l’utilise régulièrement en ville comme une voiture ordinaire.
Un usage presque provocateur quand on connaît les sommes en jeu. Une F1 routière très peu kilométrée a atteint 20,465 millions de dollars à Pebble Beach en 2021, et une F1 GTR de course s’est envolée à 34,655 millions de dollars à Monterey en 2026, des montants qui donnent le tournis même face à des projets immobiliers hors norme comme cette villa Airbnb affichée à plus de 15 000 euros la nuit.
Des chiffres qui donnent une idée du seuil de richesse nécessaire pour posséder un tel objet, bien loin de la somme moyenne qu’un salarié rêve d’avoir en banque pour arrêter de travailler.

3 000 heures de restauration pour un record vieux de 28 ans
Acheter une McLaren F1 reste, pour la grande majorité des Français, aussi inaccessible que devenir propriétaire avec moins de 50 000 euros de revenus annuels. Ce châssis #063 a pourtant un parcours particulièrement documenté.
51e McLaren F1 produite, sortie d’usine en 1997 avec un intérieur gris et un insert rouge, elle est restée au Japon jusqu’en 2006 avant d’être exportée à Hong Kong l’année suivante. Rachetée en 2017, elle a été confiée à McLaren Special Operations pour une restauration complète.
Le chantier a duré environ dix-huit mois, pour près de 3 000 heures de travail, dont 900 heures rien que pour la peinture Magnesium Silver d’origine. Le V12 atmosphérique de 618 chevaux, signé BMW, a été révisé sur banc, tout comme les amortisseurs Bilstein.
Produite à seulement 106 exemplaires toutes versions confondues, la McLaren F1 détient toujours un record symbolique : 386,4 km/h en 1998, la vitesse maximale la plus élevée jamais atteinte par une voiture atmosphérique de série, bien loin des sujets fiscaux locaux comme cette fraude à la résidence principale qui a coûté cher à une ville française.
Une voiture à plusieurs dizaines de millions d’euros qui se faufile entre les taxis comme n’importe quelle citadine, voilà le genre de contraste qui résume tout l’esprit de la McLaren F1. Combien de temps ce châssis #063 restera-t-il encore visible dans les rues de Hong Kong avant de rejoindre, lui aussi, une collection privée fermée au public ?