Après un plein chez E.Leclerc à Périgueux, leur gazole se transforme en « boue » et grille le moteur

Un plein d’essence, un ticket de caisse, et quelques kilomètres plus loin : le moteur qui rend l’âme. C’est le scénario que plusieurs automobilistes racontent en Dordogne, presque mot pour mot. Tous sont passés par la même station-service avant que leur voiture ne s’arrête net. Et dans les réservoirs, les mécanos ont découvert un détail qui change tout.
Une pompe à gazole qui fait des ravages autour de Périgueux
Tout commence début août, autour de la station E.Leclerc de la zone commerciale du Privilège, près de Périgueux. Plusieurs conducteurs font le plein normalement, roulent quelques minutes ou quelques kilomètres, puis leur véhicule cale brutalement. Direction les garages de Trélissac et des environs, dépanneuse à l’appui.
Ce type de panne soudaine n’est pas sans rappeler d’autres galères mécaniques qui coûtent cher aux Français, comme ces déboires automobiles qui finissent devant les tribunaux. Sauf qu’ici, le problème ne vient pas du conducteur ni du véhicule : il vient directement de la pompe.
Pour David Chauvel, habitant de Marsac-sur-l’Isle, tout bascule le lundi 10 août. Sa compagne roule tranquillement quand la voiture s’immobilise sur la route. Une fois chez le garagiste, le premier diagnostic électronique pointe des défauts sur la vanne EGR et l’injection. Devis initial : environ 800 euros. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, loin de là, et le prix du carburant qui grimpe n’est soudain plus le seul souci des automobilistes.
Du gazole transformé en boue dans les réservoirs
En ouvrant le réservoir, le mécanicien tombe sur un spectacle qu’il n’attendait pas. « Le gasoil était chargé de boue », rapporte David Chauvel à Sud Ouest. Un nettoyage complet est effectué, le filtre à gazole remplacé. Mais le moteur refuse toujours de redémarrer.
La facture grimpe alors très vite : plus de 1 000 euros, avant que le verdict tombe sur la pompe d’alimentation et les injecteurs, tous déclarés hors d’usage. « Je m’attends désormais à devoir régler une facture oscillant entre 2 000 et 3 000 euros », déplore David Chauvel. Ce genre de mauvaise surprise pèse lourd sur un budget déjà tendu, un peu comme quand le pouvoir d’achat des Français s’effrite un peu plus chaque mois.
Et lui n’est pas le pire cas. Dans d’autres dossiers signalés après un passage par la même pompe, il faut tout reprendre : pompe à gazole, quatre injecteurs, vidange complète du réservoir. Certains devis grimpent jusqu’à 7 793 euros. Une somme capable de mettre n’importe quel foyer en grande difficulté, surtout quand la voiture sert à aller travailler chaque jour, un peu comme l’essence pèse déjà lourd dans le budget des ménages.

Un collectif de victimes face à un Leclerc qui minimise
Face à cette série de pannes, les automobilistes touchés ont refusé de rester chacun dans leur coin. David Chauvel a cofondé un groupe d’entraide sur les réseaux sociaux pour échanger conseils et démarches. « Nous comptabilisons actuellement 30 membres concernés, sans compter tous ceux qui n’utilisent pas internet », précise-t-il. Parmi eux, des touristes de passage, contraints de louer des véhicules de remplacement à leurs frais pour continuer leurs vacances.
Du côté de l’enseigne, on évoque d’abord une infiltration d’eau. Un porte-parole explique que les intempéries de fin juillet ont touché la cuve de gazole, affectant « une dizaine de clients ». Les équipes seraient « immédiatement intervenues » et les analyses confirmeraient « un retour à une conformité stricte ». Un discours qui rappelle d’autres cas où une enseigne doit gérer un couac public, comme récemment avec Michel-Édouard Leclerc sur un tout autre sujet.
Sur le terrain pourtant, la réalité semble plus dure à vivre. David Chauvel affirme n’avoir reçu « aucun appel direct » des services Leclerc et attend toujours les attestations de son garagiste pour engager une démarche. Il le rappelle sans détour : « Pour de nombreuses familles, avancer de telles sommes est impossible ».
Une voiture qui cale juste après un plein trahit presque toujours la présence d’eau dans le carburant, mélangée au gazole jusqu’à former cette fameuse boue qui détruit pompe et injecteurs en quelques kilomètres seulement.
Trente foyers, des milliers d’euros de réparations, et une enseigne qui promet des dédommagements encore invisibles sur le terrain. L’histoire est loin d’être terminée pour les automobilistes de Périgueux. Et vous, feriez-vous encore confiance à la première pompe venue après un tel scénario ?