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Stationnement : ces places à moins de 5 mètres des passages piétons que des millions d’automobilistes vont perdre avant fin 2026

Publié par Elsa Lepic le 02 Nov 2026 à 8:30
Place de stationnement vide devant un passage piéton en ville

Vous connaissez cette place, juste avant le passage piéton, que vous visez toujours en premier. Elle pourrait bientôt disparaître. Et ce n’est pas un caprice d’une mairie : une obligation nationale, votée il y a des années, arrive à échéance. Reste à savoir de quelle loi il s’agit, ce qu’elle interdit vraiment et ce que vous risquez si vous ne changez rien.

Ces places devant les passages piétons qui vont s’effacer des rues

D’ici fin 2027, se garer en ville pourrait devenir plus compliqué dans certains secteurs. Les communes doivent supprimer les places situées trop près des passages piétons et adapter une partie de leur voirie.

L’objectif affiché est la sécurité des piétons. Mais les conséquences pourraient aller plus loin, surtout dans les centres-villes où les places sont déjà rares.

Entre parkings publics, stationnement en périphérie et transports collectifs, de nouvelles habitudes pourraient s’installer peu à peu. Chacun devra repenser son trajet, et le dernier tronçon à pied.

Pour les automobilistes, le sujet touche à un réflexe très ancré : se garer au plus près de sa destination. Un commerce, un bureau, un rendez-vous : la place devant la porte est presque un acquis.

Or ces emplacements disparaissent justement là où la visibilité est la plus utile. Cette évolution rejoint d’autres débats sur le partage de la rue, comme la nouvelle règle de stationnement autour des passages piétons à Paris.

Mais cette règle sort-elle vraiment de nulle part ? Pas du tout, et son origine remonte plus loin qu’on ne le croit.

Une loi qui dort depuis 2019 et dont l’échéance approche

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette réglementation n’est pas nouvelle. Elle découle de la loi d’orientation des mobilités du 24 décembre 2019.

Ce texte impose aux gestionnaires de voirie de supprimer les emplacements de stationnement motorisé situés dans les cinq mètres précédant les passages piétons, dans le sens de la circulation.

Selon l’article L.118-5-1 du Code de la voirie routière, tous les aménagements concernés doivent être mis en conformité avant le 31 décembre 2026. Les effets seront donc surtout visibles à partir de 2027, même si certaines communes ont déjà commencé à modifier leur stationnement.

Côté chiffres, la sécurité routière pèse lourd. D’après l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 456 piétons sont morts sur les routes françaises en 2024, dont 70 % en agglomération.

Tous ces accidents ne sont pas liés au stationnement. Mais un véhicule garé trop près d’un passage peut empêcher un conducteur d’apercevoir une personne qui s’apprête à traverser. Et l’inverse est vrai : le piéton distingue mal les voitures qui arrivent.

Le sujet des vitesses en ville est d’ailleurs sur la table ailleurs aussi, comme le montre cette nouvelle limitation de vitesse en centre-ville.

Reste une précision qui change tout dans la lecture de la règle. Elle concerne le côté de la rue qui est visé.

Cinq mètres en amont seulement : la précision que beaucoup ratent

Voici le détail décisif : l’interdiction vise les cinq mètres situés en amont du passage piéton, dans le sens de la circulation. Elle ne concerne pas systématiquement les deux côtés de celui-ci.

Les emplacements réservés aux vélos et aux engins de déplacement personnel restent par ailleurs autorisés. Une place pour vélos peut donc prendre la relève d’une place de voiture supprimée.

Le Code de la route encadre déjà cette pratique. Son article R.417-11 considère comme très gênant l’arrêt ou le stationnement d’un véhicule motorisé dans cette zone, hors emplacements matérialisés.

L’addition peut être salée : une amende forfaitaire de 135 euros, voire une mise en fourrière. Le fameux « juste deux minutes » devant le passage n’est donc pas anodin.

Pour les collectivités, c’est un vrai chantier. Certaines places devront être supprimées ou transformées, avec parfois des travaux de voirie, de signalisation ou de réaménagement. Le Cerema souligne des difficultés de financement, d’aménagement et d’acceptation par les habitants.

Les espaces libérés pourront accueillir des arceaux pour vélos, des équipements pour piétons ou de la végétation, à condition de préserver la visibilité. Reste la question qui fâche : que deviennent les commerces de centre-ville ?

Commerçants, parkings, prix : ce que ça change dès 2027

Les inquiétudes se concentrent chez les commerçants et les automobilistes habitués à se garer devant leur destination. Un rapport de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, publié en juillet 2026, indique que 42 % des personnes interrogées voient le stationnement comme un frein à l’accès au centre-ville.

Parmi celles qui ne fréquentent jamais leur centre-ville, 37 % citent les difficultés pour se garer comme première raison. La question reste donc centrale pour l’attractivité commerciale des communes.

Moins de places en voirie ne veut pas dire centres-villes moins accessibles. Tout dépendra des solutions retenues : parkings publics, zones de courte durée, parkings-relais, connexions avec les transports en commun.

Cette organisation ne vaut pas pour toutes les villes. Une grande métropole bien desservie n’a rien à voir avec une commune moyenne où la voiture reste indispensable. Cette règle ne pousse donc pas automatiquement vers les transports collectifs, comme l’illustre le débat espagnol sur la voiture solo.

Sur les prix, prudence. Selon la plateforme Parclick, les tarifs horaires moyens de ses réservations en centre-ville auraient progressé de 8,7 % à Lyon et reculé de 22,7 % à Toulouse entre 2024 et 2025. Ces chiffres ne concernent qu’un opérateur et ne prouvent pas que la suppression des places fait grimper les tarifs.

Anticiper reste utile : d’après le Baromètre du numérique du CREDOC (2025), 75 % des 12 ans et plus ont cherché un itinéraire en ligne sur douze mois. Repérer un parking, comparer les tarifs, estimer la marche : ces réflexes pourraient devenir précieux, notamment dans les secteurs où se garer en pleine rue sera moins évident, comme le rappelle cette amende d’un genre nouveau qui s’installe déjà dans certaines villes.

Autre point à retenir : 2027 ne marque pas une interdiction générale de stationner en centre-ville, mais l’aboutissement d’une obligation de sécurisation lancée depuis des années.

Cinq mètres seulement, mais assez pour redessiner votre façon de vous garer. Mieux vaut s’y préparer avant que la place habituelle ne devienne un arceau à vélos.

Vous pensiez que la rue n’avait plus de surprises ? Ce nouveau type de rond-point qui pourrait changer la circulation en ville risque de vous faire changer d’avis. Et si vous vous demandez jusqu’où peut aller l’inventivité des communes, cette ville qui aménage ses trottoirs pour les yeux rivés sur le téléphone vaut le détour.

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