Voiture électrique branchée trop longtemps : cette amende de 0,06 €/minute tombe dès octobre

Vous avez déjà tourné en rond dans un parking à la recherche d’une borne libre, pendant qu’une voiture électrique restait branchée là depuis des heures, batterie déjà pleine ? Ce scénario, très courant à Bruxelles, va bientôt coûter cher aux fautifs. Une nouvelle règle tombe cet automne, et elle vise précisément ces véhicules devenus de véritables « ventouses » sur les points de charge publics.
Le problème des voitures ventouses sur les bornes publiques

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il prend de l’ampleur avec la multiplication des voitures électriques en circulation. Un conducteur branche son véhicule, part faire ses courses ou aller au travail, puis oublie de revenir déplacer sa voiture une fois la charge terminée.
Résultat : la borne reste occupée pendant des heures, parfois toute une journée, alors que la recharge elle-même n’a duré qu’une trentaine de minutes. D’autres automobilistes se retrouvent alors bloqués, contraints de chercher une borne de recharge disponible ailleurs, parfois loin de leur trajet initial.
Face à cette saturation croissante, le gouvernement bruxellois a décidé d’agir. La secrétaire d’État à l’Énergie, Audrey Henry, pointe des « problèmes récurrents de stationnement prolongé » qui nuisent directement à l’efficacité des infrastructures. L’enjeu est simple : plus de rotation, plus d’accès pour tout le monde, y compris pour les propriétaires de véhicules comme la future Twingo électrique ou d’autres citadines qui devraient arriver massivement sur le marché ces prochaines années.
0,06 euro par minute : le mécanisme qui change tout dès octobre
Concrètement, la mesure entre en vigueur le 1er octobre 2026. Toute voiture restée connectée plus de six heures sur une borne publique, entre 9 h et 22 h, déclenchera automatiquement un tarif de rotation. Le montant : 0,06 euro par minute au-delà de ce délai, rapporte le quotidien le Soir.
Ce supplément ne remplace pas le coût de l’électricité consommée. Il s’ajoute uniquement lorsque le véhicule dépasse la durée maximale autorisée, un peu comme un tarif de dépassement sur un parking. L’idée n’est pas de sanctionner systématiquement les usagers, mais bien de décourager l’occupation abusive et prolongée des points de charge.
Le dispositif s’appliquera à l’ensemble des bornes publiques de la région bruxelloise, sans exception. Les autorités espèrent ainsi fluidifier l’usage quotidien de ces infrastructures, un enjeu comparable à celui déjà rencontré avec les trottinettes sans assurance ou d’autres nouveaux usages urbains qui bousculent les règles de stationnement traditionnelles.
Ce que ça va changer concrètement pour les conducteurs
Pour éviter ce tarif de rotation, la solution est simple : surveiller sa recharge et déplacer son véhicule dès que la batterie est pleine. Un réflexe qui demande un changement d’habitude, notamment pour les conducteurs qui laissaient leur voiture branchée toute la journée par simple commodité.
Les entreprises disposant de flottes électriques devront elles aussi s’adapter, en organisant mieux les rotations de leurs véhicules sur les bornes partagées. Certains y verront une contrainte supplémentaire, d’autres un signal positif : celui d’une infrastructure enfin pensée pour l’usage réel plutôt que pour le stationnement prolongé.
Bruxelles n’en est pas à son premier ajustement réglementaire lié à la mobilité électrique. La région avait déjà expérimenté d’autres mesures incitatives, à l’image de ce qui se pratique parfois pour la recharge gratuite en grande surface, désormais elle aussi soumise à des conditions plus strictes. La logique reste la même : rendre l’accès aux bornes plus équitable, à mesure que le parc de véhicules électriques grossit.
Les autorités promettent un suivi rapproché du dispositif. Si le tarif de 0,06 euro par minute ne suffit pas à limiter les abus, une révision des règles n’est pas exclue. Ce modèle bruxellois pourrait aussi inspirer d’autres villes belges confrontées aux mêmes embouteillages de bornes.
Un tarif de quelques centimes par minute, mais qui pourrait suffire à vider les bornes plus vite qu’un simple rappel civique. Reste à savoir si d’autres grandes villes européennes, confrontées aux mêmes files d’attente électriques, suivront le mouvement bruxellois dans les mois qui viennent.