11 juin : le jour où E.T. a atterri dans les salles… et où un homme a survécu 76 jours seul en plein océan
Le 11 juin n’est pas une date comme les autres. C’est un jour où un extraterrestre est devenu la star la plus rentable d’Hollywood, où un naufragé a repoussé les limites de la survie humaine, et où un homme seul a tenu tête à une colonne de chars. Tu crois connaître cette date ? Voici tout ce que tu as probablement oublié — ou jamais su.
Un extraterrestre rapporte 800 millions de dollars
Le 11 juin 1982, Steven Spielberg sort E.T. l’extra-terrestre dans les cinémas américains. Le film raconte l’amitié entre un garçon de 10 ans et un alien abandonné sur Terre. Personne dans les studios ne parie sur un succès.

Columbia Pictures avait refusé le projet, jugé trop enfantin. Universal accepte, mais avec un budget modeste de 10,5 millions de dollars. Spielberg lui-même doute : il pense que le film touchera surtout les enfants.
Résultat : 792 millions de dollars de recettes mondiales, un record qui tiendra onze ans. E.T. détrône Star Wars au sommet du box-office et devient le film le plus vu de la décennie. Le visage ridé de la marionnette, créé par Carlo Rambaldi, est reconnu dans le monde entier.
Détail étonnant : les bonbons Reese’s Pieces, utilisés par Elliott pour attirer E.T., voient leurs ventes exploser de 65 % après la sortie du film. Hershey n’avait même pas payé pour ce placement produit. Mais un autre événement de ce même 11 juin, bien plus ancien, a nécessité un courage autrement plus réel.
76 jours seul sur un radeau en plein Atlantique
Le 11 juin 1982 — le même jour que la sortie d’E.T. — le navigateur américain Steven Callahan est récupéré par des pêcheurs au large de la Guadeloupe. Il vient de passer 76 jours seul sur un radeau de survie gonflable, dérivant sur 2 900 kilomètres.
Son voilier, le Napoleon Solo, avait coulé en février après une collision avec un objet non identifié, probablement une baleine, en plein Atlantique. Callahan n’a eu que quelques minutes pour récupérer un kit de survie avant que le bateau ne sombre.

Pendant plus de deux mois, il survit en pêchant des dorades à la main et en distillant de l’eau de mer avec un alambic solaire artisanal. Il perd un tiers de son poids corporel. Son récit, Adrift, deviendra une référence absolue en matière de survie en mer, cité par les écoles navales du monde entier.
Ce naufragé a repoussé les limites du possible. Mais quelques années plus tard, un autre homme, sur la terre ferme cette fois, a défié une puissance bien plus terrifiante qu’un océan.
L’homme qui a arrêté les chars à Tiananmen
Le 11 juin 1989, deux jours après le massacre de la place Tiananmen, les télévisions du monde entier diffusent une image devenue iconique. Un homme en chemise blanche, deux sacs de courses à la main, se plante devant une colonne de chars Type 59 sur l’avenue Chang’an à Pékin.
La vidéo dure plusieurs minutes. Le char tente de le contourner, l’homme se déplace pour lui barrer la route. Il finit par grimper sur le blindé, semble parler au conducteur, puis est entraîné par des passants dans la foule.
Son identité reste inconnue à ce jour. Le gouvernement chinois n’a jamais confirmé s’il avait été arrêté ou exécuté. Le magazine Time l’a classé parmi les 100 personnalités les plus influentes du XXe siècle — sous le nom de « Tank Man », faute de mieux. La photo est toujours censurée en Chine.
Un homme seul face à un empire. Mais l’histoire du 11 juin comprend aussi un empire qui, lui, a choisi de s’écrouler volontairement.
Quand l’Empire britannique a rendu les clés de Hong Kong
Le 11 juin 1898, la Grande-Bretagne signe avec la Chine la « Convention pour l’extension du territoire de Hong Kong ». Ce bail de 99 ans accorde aux Britanniques le contrôle des Nouveaux Territoires, la partie continentale de la colonie.
Ce qui ressemble à une formalité diplomatique a des conséquences colossales. Car c’est précisément l’expiration de ce bail, le 1er juillet 1997, qui forcera le Royaume-Uni à rétrocéder l’ensemble de Hong Kong à la Chine. Margaret Thatcher avait tenté de négocier un renouvellement ; Deng Xiaoping avait refusé catégoriquement.
Autrement dit, un document signé un 11 juin en 1898 a scellé le destin de sept millions de personnes un siècle plus tard. Le bail comprenait 235 îles et une superficie de 952 km² — un territoire que les Britanniques n’auraient jamais pu défendre militairement face à Pékin.
Des empires qui tombent, des hommes qui résistent. Le 11 juin, c’est aussi une date où naissent des légendes bien vivantes.
L’inventeur du football moderne est né ce jour-là
Le 11 juin 1910 naît Jacques Cousteau à Saint-André-de-Cubzac, en Gironde. Non, pardon — Jacques Cousteau, c’est le 11 juin 1910. Le commandant au bonnet rouge n’a pas besoin de présentation : il a co-inventé le scaphandre autonome avec Émile Gagnan en 1943, révolutionnant la plongée sous-marine.
Son navire, la Calypso, a parcouru les océans pendant quarante ans. Ses documentaires ont été diffusés dans plus de 100 pays. Cousteau est l’homme qui a montré le fond des mers à des milliards de téléspectateurs, bien avant que les chaînes nature n’existent.
Mais ce que l’on sait moins, c’est que Cousteau a failli devenir pilote de chasse. Un grave accident de voiture en 1936 lui brise les deux bras. La rééducation en piscine lui fait découvrir la nage sous-marine — et change le cours de sa vie. Sans cet accident, pas de Calypso, pas de scaphandre autonome, pas de documentaires cultes.
Cousteau n’est pas le seul à être né un 11 juin sous une bonne étoile.
Deux stars nées le même jour, à 37 ans d’écart
Le 11 juin 1959 naît Hugh Laurie à Oxford, en Angleterre. Avant d’incarner le Dr House pendant huit saisons, Laurie était un rameur d’élite : il a représenté Cambridge dans la mythique Boat Race contre Oxford en 1980. Son accent américain dans House M.D. est si convaincant que le producteur Bryan Singer ne savait pas qu’il était britannique lors du casting.
Le même jour, en 1986, naît Shia LaBeouf à Los Angeles. L’acteur de Transformers et d’Indiana Jones 4 a grandi dans la pauvreté avec un père vétéran du Vietnam souffrant d’addiction. LaBeouf a décroché son premier rôle à 12 ans dans la série Disney Even Stevens, en répondant à une annonce dans les Pages Jaunes.
Deux trajectoires opposées — l’aristocratie universitaire britannique et les quartiers difficiles de L.A. — pour deux acteurs nés exactement le même jour. Mais le 11 juin cache aussi une anecdote que même les passionnés d’histoire ignorent souvent.
Le jour où l’Amérique s’est excusée… 46 ans trop tard
Le 11 juin 1988, le président Ronald Reagan signe le Civil Liberties Act, qui présente des excuses officielles aux 120 000 Américains d’origine japonaise internés dans des camps pendant la Seconde Guerre mondiale. Chaque survivant reçoit une indemnité de 20 000 dollars.
Après l’attaque de Pearl Harbor en décembre 1941, le gouvernement américain avait ordonné l’internement de tous les résidents d’origine japonaise vivant sur la côte ouest — hommes, femmes, enfants, dont les deux tiers étaient citoyens américains. Leurs maisons, commerces et terres avaient été confisqués ou vendus à perte.
Il aura fallu 46 ans pour que les États-Unis reconnaissent officiellement cette injustice. Le coût total des réparations a atteint 1,6 milliard de dollars. Certains survivants avaient plus de 80 ans lorsqu’ils ont reçu leur chèque — trop tard pour racheter ce qui avait été perdu.
Cette page sombre rappelle que les démocraties aussi commettent des erreurs monumentales. Mais le 11 juin garde une dernière surprise en réserve.
Le bonze qui s’est immolé et a changé une guerre
Le 11 juin 1963, à Saigon, le moine bouddhiste Thích Quảng Đức s’assoit au milieu d’un carrefour, se fait asperger d’essence par un confrère, et craque une allumette. Il brûle vif sans bouger, sans crier, pendant plusieurs minutes.
La photo, prise par le journaliste Malcolm Browne de l’Associated Press, fait le tour du monde en 24 heures. Elle dénonce la persécution des bouddhistes par le régime catholique de Ngô Đình Diệm au Sud-Vietnam. Le président Kennedy, en voyant l’image, aurait déclaré : « Aucune photo d’actualité dans l’histoire n’a suscité autant d’émotion dans le monde. »
L’immolation de Thích Quảng Đức précipite la chute du régime Diệm cinq mois plus tard, et accélère l’implication américaine au Vietnam. Son cœur, resté intact après la crémation selon les moines présents, est conservé comme relique à la pagode Xá Lợi de Saigon. Cette image reste l’une des photos les plus marquantes de l’histoire.
Le 11 juin, c’est donc un jour où un extraterrestre en plastique a battu tous les records, où un homme a survécu seul sur l’océan, où un autre a arrêté des chars avec deux sacs de courses, et où un moine a changé le cours d’une guerre sans prononcer un mot. Si tu cherches ce qui s’est passé la veille, le 10 juin n’est pas mal non plus.