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16 octobre 1978 : la fumée blanche qui a sorti l’Église de 455 ans de tradition italienne

Publié par Claire le 15 Oct 2026 à 20:02

Ce 16 octobre, la place Saint-Pierre de Rome est noire de monde. La fumée blanche vient de s’élever, le nom du nouveau pape va tomber… et personne ne l’a vu venir. Pour la première fois depuis plus de quatre siècles, l’Église catholique va être dirigée par un non-Italien.

Mais ce 16 octobre ne se résume pas à cette surprise du Vatican. La date a aussi vu tomber une reine, naître un dramaturge scandaleux et vaciller un monde entier au bord de la guerre nucléaire. Voici ce qui s’est joué, année après année.

Le pape que personne n’attendait

Nous sommes en 1978, et le Vatican traverse une période étrange. Jean-Paul Ier est mort en septembre après seulement 33 jours de pontificat, un record de brièveté qui a plongé les fidèles dans la stupeur. Un second conclave s’ouvre donc en urgence.

Les cardinaux italiens se divisent, incapables de s’entendre sur un favori. Dans l’impasse, les voix se tournent vers un outsider : Karol Wojtyła, archevêque de Cracovie, 58 ans. Il devient Jean-Paul II, premier pape non italien depuis Adrien VI, élu en 1522.

Le détail qui fait sourire : en apparaissant au balcon, il rompt le protocole et se met à improviser en italien. « Si je me trompe, vous me corrigerez », lance-t-il à la foule. Le ton de son pontificat de 27 ans est déjà donné.

Et c’est peut-être ce choix improbable qui a le plus pesé sur l’Europe de l’Est. Mais pour comprendre comment un pape peut ébranler un régime, il faut remonter à un autre 16 octobre, bien plus sanglant.

Marie-Antoinette, dernière traversée de Paris

Le 16 octobre 1793, un peu avant midi, la veuve Capet quitte la Conciergerie. Elle a 37 ans, les cheveux coupés court et blanchis par les mois de prison. On ne lui a pas offert de carrosse : elle fait le trajet jusqu’à la place de la Révolution dans une simple charrette, mains liées dans le dos.

Le procès avait duré deux jours seulement. L’accusation la plus infamante, un prétendu inceste avec son fils de 8 ans, avait fait réagir la reine d’une manière qui avait même troublé le public : elle en avait appelé à « toutes les mères » présentes dans la salle.

Arrivée sur l’échafaud, elle marche par inadvertance sur le pied du bourreau Sanson. Ses derniers mots rapportés sont d’une politesse presque irréelle : « Pardon, monsieur, je ne l’ai pas fait exprès. » La lame tombe à 12 h 15.

Le plus troublant ? Elle avait demandé à ne pas être exposée à la foule en mauvais état. Sa dernière lettre, adressée à sa belle-sœur Élisabeth, n’a jamais été remise : elle a été retrouvée des années plus tard, dans les papiers de Robespierre.

Octobre 1962 : treize jours au bord de l’abîme

Le matin du 16 octobre 1962, le président Kennedy se voit présenter sur son bureau des clichés aériens pris au-dessus de Cuba. Des analystes y repèrent des rampes de lancement de missiles soviétiques, à moins de 150 kilomètres des côtes américaines.

C’est le début de la crise des missiles de Cuba. Pendant treize jours, Kennedy réunit en secret un comité restreint pour décider de la riposte, sans prévenir le public. Les généraux poussent pour une frappe aérienne immédiate.

Le président choisit finalement le blocus naval, qu’il baptise pudiquement « quarantaine » pour éviter le terme juridique d’acte de guerre. Le monde ne l’apprendra que le 22 octobre, dans un discours télévisé qui glace les foyers américains.

Ce qu’on sait moins : à bord d’un sous-marin soviétique, un seul officier, Vassili Arkhipov, s’est opposé au lancement d’une torpille nucléaire quelques jours plus tard. Mais cette histoire-là est pour une autre date.

Ils sont nés un 16 octobre

La date a vu naître plusieurs personnalités au destin très différent. À commencer par Oscar Wilde, né à Dublin en 1854. Futur auteur du Portrait de Dorian Gray, il finira condamné à deux ans de travaux forcés pour son homosexualité, avant de mourir ruiné à Paris à 46 ans.

Côté cinéma français, Gérard Philipe naît en 1922 à Cannes. Idole du Cid au Festival d’Avignon et de Fanfan la Tulipe, il disparaît d’un cancer foudroyant à 36 ans, laissant un public national en deuil.

Plus près de nous, Angélique Kidjo n’est pas née ce jour-là, mais le chanteur John Mayer, lui, y a soufflé sa première bougie en 1977 dans le Connecticut. Le guitariste est aujourd’hui l’un des musiciens les plus décorés de sa génération.

Citons enfin le footballeur français Rod Fanni, né en 1981, passé par Marseille et Rennes. Et au rayon du septième art, la réalisatrice et actrice Tim Robbins… non, lui est né le 16 octobre 1958 à West Covina : l’interprète d’Les Évadés fête donc bien son anniversaire ce jour-là.

Les anecdotes que l’Histoire oublie

Le 16 octobre 1946, dix dignitaires nazis condamnés à Nuremberg sont pendus dans le gymnase de la prison. Hermann Göring, lui, a échappé à la corde la veille en avalant une capsule de cyanure : on n’a jamais su avec certitude qui la lui avait fournie.

Dans un registre plus léger, le 16 octobre est aussi la Journée mondiale de l’alimentation, instaurée par l’ONU en 1979 pour marquer la création de la FAO en 1945. Une date choisie pour rappeler que la faim touche encore des centaines de millions de personnes.

Et en 1834, un incendie ravage le palais de Westminster à Londres, détruisant presque toute la Chambre des communes. Le Parlement britannique tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec Big Ben, est sorti de ces cendres.

Ce que ce 16 octobre raconte vraiment

Un pape venu de l’Est, une reine guillotinée, deux superpuissances à un geste de la catastrophe : le 16 octobre a le don de réunir des moments où un seul choix a fait basculer l’Histoire.

Si cette date t’a donné le goût des surprises du calendrier, plonge dans l’arrestation des Templiers en une seule nuit, ou découvre comment une foule de femmes affamées a arraché Louis XVI à Versailles.

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