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26 mai : le jour où une ville entière a été rasée par 604 bombardiers… et où un génie du cinéma est né

Publié par Claire le 25 Mai 2026 à 20:02

Le 26 mai n’est pas une date anodine. Ce jour-là, des villes entières ont été rayées de la carte, un traité a redessiné les frontières de l’Europe, un monstre du cinéma est apparu pour la première fois à l’écran… et l’un des plus grands cowboys du septième art a poussé son premier cri. De 1521 à 1981, voici les événements qui ont marqué cette journée à travers les siècles.

Un empereur met la tête de Luther à prix — et déclenche la fracture de l’Europe

Le 26 mai 1521, l’empereur Charles Quint signe l’édit de Worms. Ce texte met Martin Luther au ban de l’Empire : quiconque le croise peut le capturer ou le tuer sans craindre de poursuites. Ses écrits sont interdits, ses livres brûlés. Luther vient de défier la papauté en refusant de se rétracter devant la Diète impériale, quelques semaines plus tôt.

Charles Quint signant l'édit de Worms en 1521

Ce que personne n’imagine alors, c’est que cet édit va échouer. Protégé en secret par le prince Frédéric de Saxe, Luther se cache au château de la Wartbourg et y traduit le Nouveau Testament en allemand. Loin de l’écraser, la condamnation le transforme en martyr et accélère la Réforme protestante. En quelques décennies, l’Europe se déchire entre catholiques et protestants — un conflit qui culminera avec la guerre de Trente Ans, l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire européenne.

Détail surprenant : l’édit n’a jamais été officiellement abrogé. Il a simplement cessé d’être appliqué après la paix d’Augsbourg en 1555. Mais une tout autre guerre allait marquer ce même jour, quatre siècles plus tard.

1940 : quand 400 000 soldats se retrouvent piégés sur une plage

Le 26 mai 1940, l’ordre est donné de lancer l’opération Dynamo. L’armée britannique et une partie des forces françaises sont encerclées par la Wehrmacht sur les plages de Dunkerque. Churchill donne le feu vert à une évacuation que tout le monde juge impossible. L’Amirauté espère sauver 30 000 hommes, au mieux.

Ce qui va se passer dépasse toutes les prévisions. En neuf jours, 338 226 soldats seront évacués vers l’Angleterre. Des centaines de bateaux civils — chalutiers, yachts, péniches — traversent la Manche pour prêter main-forte à la Royal Navy. Cette « armada de petits bateaux » entre dans la légende.

Mais le miracle de Dunkerque a un prix que l’on oublie souvent. Environ 40 000 soldats français restent sur place pour couvrir l’évacuation. Ils seront faits prisonniers. Et la France, privée d’une grande partie de son matériel militaire, capitulera un mois plus tard. Le même jour, un autre 26 mai allait voir des bombes tomber sur le sol français — cette fois venues du ciel allié.

Nantes sous un déluge de bombes alliées : le raid qui a tué 1 500 civils

Le 26 mai 1944, quelques jours avant le Débarquement, 604 bombardiers de la Royal Air Force larguent plus de 2 000 tonnes de bombes sur la région nantaise. L’objectif : détruire les infrastructures ferroviaires et les ponts sur la Loire pour empêcher les renforts allemands de remonter vers la Normandie.

Ville de Nantes dévastée après le bombardement de 1944

Le problème, c’est que les bombes ne font pas la différence entre un pont stratégique et un immeuble d’habitation. En une nuit, des quartiers entiers de Nantes sont rasés. On dénombre environ 1 500 morts parmi les civils. La gare, les docks, mais aussi des écoles et des hôpitaux sont touchés. C’est l’un des bombardements les plus meurtriers sur le sol français pendant la guerre.

Ce drame illustre une réalité peu racontée dans les manuels d’histoire : les bombardements alliés ont tué entre 57 000 et 67 000 civils français entre 1940 et 1945. Un bilan supérieur à celui du Blitz sur Londres. Des décennies après, certains quartiers de Nantes portent encore les cicatrices architecturales de cette nuit-là. Mais le 26 mai a aussi laissé sa marque dans un tout autre registre — celui du cinéma d’horreur.

Le soir où Dracula est apparu pour la première fois à l’écran

Le 26 mai 1922, le public berlinois découvre Nosferatu, eine Symphonie des Grauens (Nosferatu le vampire), réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau. Le film est une adaptation non autorisée du roman Dracula de Bram Stoker. Pour éviter les poursuites, Murnau a changé le nom du vampire en « comte Orlok » et déplacé l’action en Allemagne.

La ruse ne fonctionne pas. Les héritiers de Stoker attaquent en justice et obtiennent la destruction de toutes les copies du film. Heureusement, plusieurs bobines échappent à l’anéantissement. Le film survit clandestinement et finit par devenir un classique absolu du cinéma expressionniste allemand.

Max Schreck, l’acteur qui incarne le comte Orlok, est si effrayant dans le rôle qu’une légende urbaine prétend qu’il était un véritable vampire. Son maquillage — oreilles pointues, doigts griffus, silhouette squelettique — a influencé chaque représentation du vampire au cinéma, de Bela Lugosi à Gary Oldman. Sans ce film condamné à disparaître, le genre horrifique n’aurait peut-être jamais trouvé son langage visuel.

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1969 : quand deux chefs d’État scellent un accord au sommet d’une montagne

Le 26 mai 1969, la Bolivie et le Pérou signent l’accord de Carthagène, qui donne naissance au Pacte andin (aujourd’hui Communauté andine des nations). L’idée : créer un bloc économique sud-américain capable de rivaliser avec les grandes puissances commerciales. La Colombie, l’Équateur et le Chili rejoignent le projet.

Sur le papier, c’est ambitieux : libre circulation des marchandises, tarif douanier commun, politique industrielle partagée. Dans les faits, les rivalités politiques et les coups d’État successifs dans la région vont fragiliser l’alliance pendant des décennies. Le Chili quitte le pacte dès 1976, sous Pinochet. Le Venezuela le rejoint en 1973 puis claque la porte en 2006.

Aujourd’hui, la Communauté andine regroupe quatre pays — Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou — et reste l’un des plus anciens blocs d’intégration régionale au monde, même si son influence économique reste modeste face au Mercosur. Mais le 26 mai ne se résume pas à la géopolitique. Ce jour-là sont aussi nés quelques visages que tu connais très bien.

John Wayne, le cowboy qui n’aimait pas les chevaux

Le 26 mai 1907, Marion Robert Morrison voit le jour à Winterset, dans l’Iowa. Tu le connais mieux sous le nom de John Wayne. Avec plus de 170 films à son actif, il est devenu le symbole du western américain et l’une des plus grandes stars d’Hollywood.

Ce que peu de gens savent, c’est que Wayne n’a jamais servi dans l’armée, malgré ses rôles de militaire héroïque. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il obtient un report d’incorporation — officiellement pour raisons familiales — et tourne des films de propagande. Cette absence lui vaudra un complexe qu’il compensera toute sa vie par un patriotisme affiché, parfois controversé.

Autre détail savoureux : le futur roi du western n’était pas un cavalier naturel. Adolescent, il rêvait de devenir joueur de football américain. C’est une blessure au surf (oui, au surf) qui met fin à ses ambitions sportives et le pousse vers les studios. Le reste appartient à l’histoire du cinéma.

Deux autres naissances qui ont marqué la culture

Le même jour, en 1964, Lenny Kravitz naît à New York. Fils d’un producteur de télévision et d’une actrice des Jeffersons, il grandit entre Manhattan et Brooklyn avant de devenir l’un des artistes les plus éclectiques du rock. Son tube Are You Gonna Go My Way (1993) le propulse au rang de star mondiale. Quatre Grammy Awards consécutifs plus tard, il est le seul artiste masculin à avoir réalisé cet exploit dans la catégorie « meilleure performance vocale rock ».

En 1966, c’est Helena Bonham Carter qui voit le jour à Londres, dans une famille aristocratique. Arrière-petite-fille du Premier ministre Herbert Asquith, elle aurait pu mener une vie de salon. Au lieu de ça, elle enchaîne les rôles les plus excentriques du cinéma britannique, de Fight Club à Les Noces funèbres en passant par Bellatrix Lestrange dans Harry Potter. Son couple avec Tim Burton, qui dure treize ans et deux enfants, cimente son image d’actrice atypique au style gothique assumé.

L’anecdote que personne ne connaît : le jour où un astronaute a failli rater la Lune

Le 26 mai 1969 — cinq jours avant la signature du Pacte andin et deux mois avant Apollo 11 — la mission Apollo 10 revient sur Terre après avoir frôlé la surface lunaire à seulement 15,6 kilomètres d’altitude. C’est la répétition générale de l’alunissage.

Mais pendant la descente simulée, le module lunaire baptisé « Snoopy » entre soudain en rotation incontrôlée. L’astronaute Eugene Cernan lâche un juron en direct — probablement le premier mot grossier diffusé depuis l’espace. Tom Stafford reprend les commandes manuellement et stabilise l’engin en quelques secondes. Si la manœuvre avait échoué, les deux hommes se seraient écrasés sur la Lune.

La NASA avait délibérément limité le carburant du module pour empêcher Stafford et Cernan de céder à la tentation de se poser avant Armstrong. L’agence voulait que le premier pas sur la Lune soit celui d’Apollo 11, pas d’une mission « de test ». Cette anecdote, longtemps restée dans l’ombre, montre à quel point la conquête spatiale tenait parfois à un fil — et à un pilote aux nerfs d’acier.

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