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29 mai : le jour où Constantinople est tombée après 1 000 ans… et où JFK est né pour changer l’Amérique

Publié par Claire le 28 Mai 2026 à 20:03

Chute d’un empire vieux de mille ans, naissance d’un président assassiné à 46 ans, premier sommet de l’Everest par deux hommes que personne n’attendait… Le 29 mai concentre une densité d’événements historiques qui donne le vertige. Voici ce qui s’est passé ce jour-là à travers les siècles — et pourquoi certains de ces faits résonnent encore aujourd’hui.

1453 : la chute qui a mis fin au Moyen Âge

Le 29 mai 1453, les troupes du sultan ottoman Mehmed II franchissent les murailles de Constantinople après un siège de 53 jours. La ville, capitale de l’Empire byzantin depuis sa fondation par Constantin en 330, tombe en quelques heures. Le dernier empereur, Constantin XI Paléologue, meurt les armes à la main, quelque part dans la mêlée. Son corps n’a jamais été formellement identifié.

Chute de Constantinople en 1453 avec canon ottoman géant

Constantinople était considérée comme imprenable. Ses murailles théodosiennes, construites au Ve siècle, avaient résisté à des dizaines de sièges pendant plus de mille ans. Mais Mehmed II disposait d’une arme que personne n’avait jamais vue : un canon géant de 8 mètres de long, forgé par un ingénieur hongrois nommé Urban. Ce canon, capable de projeter des boulets de 600 kg, a pulvérisé les défenses en quelques semaines.

La chute de Constantinople ne marque pas seulement la fin d’un empire. Pour de nombreux historiens, c’est la date qui clôt officiellement le Moyen Âge. Des milliers de savants et d’artistes byzantins fuient vers l’Italie, emportant avec eux des manuscrits grecs antiques — un afflux intellectuel qui alimente directement la Renaissance. Comme on l’a vu avec la mort de Léonard de Vinci, cette période a redéfini la culture européenne pour des siècles. Mais un autre événement du 29 mai allait, lui, redéfinir la notion même d’exploit humain.

1953 : deux hommes au sommet du monde

Exactement 500 ans après la chute de Constantinople, le 29 mai 1953, le Néo-Zélandais Edmund Hillary et le sherpa népalais Tenzing Norgay atteignent le sommet de l’Everest à 11h30 du matin. Altitude : 8 849 mètres. Personne n’avait jamais mis les pieds aussi haut.

Ce que peu de gens savent, c’est que Hillary et Tenzing n’étaient pas le premier choix de l’expédition britannique dirigée par John Hunt. Deux autres alpinistes, Tom Bourdillon et Charles Evans, avaient tenté le sommet deux jours plus tôt mais avaient dû rebrousser chemin à seulement 100 mètres du but, leurs bouteilles d’oxygène défaillantes. Hillary et Tenzing formaient l’équipe de secours.

Deux alpinistes au sommet de l'Everest en 1953

Sur le sommet, ils ne restent que 15 minutes. Tenzing enterre dans la neige quelques biscuits et des bonbons en offrande, tandis qu’Hillary prend la photo iconique de Tenzing brandissant son piolet avec les drapeaux de quatre nations. En revanche, aucune photo d’Hillary au sommet n’existe : Tenzing ne savait pas utiliser l’appareil. Pendant des décennies, les deux hommes ont refusé de dire lequel avait posé le pied en premier. « Nous y sommes arrivés ensemble », répétaient-ils.

La nouvelle de leur exploit arrive à Londres le 2 juin 1953, le jour exact du couronnement d’Elizabeth II. La coïncidence est trop belle — et elle n’en est pas vraiment une. L’expédition avait reçu pour consigne tacite de réussir avant cette date. Un autre 29 mai, bien plus ancien, avait lui aussi redessiné les frontières d’une nation.

1176 : une révolte de barons qui fabrique l’Angleterre

Le 29 mai 1176, le roi Henri II d’Angleterre achève de mater la révolte menée par ses propres fils — Henri le Jeune, Richard (futur Cœur de Lion) et Geoffroy — soutenus par leur mère Aliénor d’Aquitaine et le roi de France Louis VII. Cette guerre civile, connue sous le nom de « Grande Révolte de 1173-1174 », se termine par la soumission complète des rebelles.

Le détail savoureux : Aliénor d’Aquitaine, capturée alors qu’elle tentait de fuir déguisée en homme, sera emprisonnée pendant seize ans par son propre mari. Elle ne retrouvera la liberté qu’à la mort d’Henri II en 1189 — et deviendra alors l’une des femmes les plus puissantes d’Europe, régente d’Angleterre pendant les croisades de son fils Richard.

Mais si un 29 mai a façonné l’Angleterre médiévale, un autre a profondément marqué l’histoire moderne de la France.

1968 : le jour où de Gaulle a disparu

Le 29 mai 1968, en pleine crise de Mai 68, le président Charles de Gaulle quitte l’Élysée sans prévenir personne. Pendant plusieurs heures, la France est littéralement sans chef d’État. Son Premier ministre Georges Pompidou ne sait pas où il est. Les ministres sont dans le flou total. Certains pensent qu’il a démissionné.

En réalité, de Gaulle s’est rendu secrètement à Baden-Baden, en Allemagne, pour rencontrer le général Massu, commandant des forces françaises stationnées outre-Rhin. Le contenu exact de leur échange reste débattu. Selon Massu, de Gaulle était « effondré » et envisageait de tout quitter. Massu l’aurait convaincu de rester en lui disant : « Voyons, mon général, vous n’allez pas faire ça. »

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De Gaulle rentre à Paris le lendemain, prononce un discours radio de quatre minutes qui renverse la situation, dissout l’Assemblée nationale et obtient une victoire écrasante aux législatives de juin. En 24 heures, il est passé du bord de l’abîme au triomphe politique. Cette disparition mystérieuse reste l’un des épisodes les plus énigmatiques de la Ve République, un peu comme les décisions présidentielles surprenantes qui ont jalonné l’histoire française.

Pourtant, le personnage le plus fascinant né un 29 mai n’est ni français ni militaire.

Né un 29 mai : John F. Kennedy, le président qui n’aurait pas dû survivre à la guerre

John Fitzgerald Kennedy naît le 29 mai 1917 à Brookline, dans le Massachusetts. Deuxième d’une fratrie de neuf enfants, il grandit dans l’une des familles les plus riches et les plus ambitieuses d’Amérique. Son père, Joseph Kennedy, ancien ambassadeur à Londres, avait un plan précis : faire de son fils aîné Joe Jr le premier président catholique des États-Unis.

Mais Joe Jr meurt en 1944, pulvérisé dans l’explosion de son bombardier au-dessus de la Manche. Le « plan Kennedy » se reporte alors sur John, qui a lui-même frôlé la mort un an plus tôt. En août 1943, son patrouilleur PT-109 est coupé en deux par un destroyer japonais dans le Pacifique. Kennedy, malgré une grave blessure au dos, nage pendant quatre heures en remorquant un marin blessé, serrant la lanière du gilet de sauvetage entre ses dents.

Élu président en 1960 à 43 ans, il devient le plus jeune président élu de l’histoire américaine et le premier catholique à occuper cette fonction. Son assassinat à Dallas le 22 novembre 1963 — à seulement 46 ans — reste l’un des événements les plus scrutés du XXe siècle. Plus de 60 ans après, des documents classifiés continuent d’être déclassifiés au compte-gouttes.

Les autres naissances marquantes du 29 mai

Bob Hope naît aussi un 29 mai, en 1903, à Londres. Émigré aux États-Unis à quatre ans, il deviendra l’un des comédiens les plus populaires d’Amérique, animateur de la cérémonie des Oscars à 19 reprises — un record qui ne sera probablement jamais battu. Il vivra jusqu’à 100 ans, s’éteignant le 27 juillet 2003.

Côté sport, le 29 mai 1985 voit l’une des pires tragédies de l’histoire du football. Au stade du Heysel à Bruxelles, avant la finale de Coupe d’Europe entre Liverpool et la Juventus, une charge de hooligans anglais provoque l’effondrement d’un mur. Bilan : 39 morts et plus de 600 blessés. Le match est quand même joué, sur décision des autorités belges qui craignent un bain de sang encore pire en cas d’annulation. La Juventus gagne 1-0 dans une ambiance de deuil. Les clubs anglais seront bannis des compétitions européennes pendant cinq ans.

Cette tragédie, liée au drame aérien du 28 mai dans la mémoire des catastrophes européennes, a durablement transformé la sécurité dans les stades du continent.

L’anecdote que personne ne connaît

Le 29 mai 1919, une éclipse totale de Soleil permet à l’astronome Arthur Eddington de confirmer la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein. En photographiant les étoiles visibles pendant l’éclipse, Eddington prouve que la lumière des étoiles est bien déviée par la masse du Soleil, exactement comme Einstein l’avait prédit quatre ans plus tôt.

Le détail piquant : Eddington était un pacifiste convaincu, objecteur de conscience britannique pendant la Première Guerre mondiale. Einstein était allemand. En plein après-guerre, alors que la haine anti-allemande était à son paroxysme en Angleterre, un Britannique a risqué sa réputation pour prouver qu’un Allemand avait raison. Quand un journaliste lui demanda ce qu’il aurait fait si les résultats avaient contredit Einstein, Eddington répondit simplement : « J’aurais été désolé pour le bon Dieu, car la théorie est correcte. »

Cette expérience a fait d’Einstein une célébrité mondiale du jour au lendemain. Avant le 29 mai 1919, la relativité était un concept obscur réservé aux physiciens. Après cette date, Einstein est devenu le scientifique le plus célèbre de la planète — et il l’est toujours, plus d’un siècle après.

Constantinople, l’Everest, de Gaulle, Kennedy, Einstein… Le 29 mai n’est définitivement pas une date ordinaire. C’est le genre de jour où l’histoire décide de tout bousculer en même temps.

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