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3 juin : le jour où Mohamed Ali a refusé de partir en guerre… et où un vélo a changé l’histoire de France

Publié par Claire le 02 Juin 2026 à 20:02

Certaines dates accumulent les événements comme d’autres collectionnent les timbres. Le 3 juin fait partie de celles-là : un boxeur légendaire qui préfère la prison au Vietnam, une invention à deux roues qui va bouleverser le quotidien de millions de Français, et une duchesse de Windsor dont le mariage a fait trembler la monarchie britannique. Tu vas voir, cette date cache bien plus que ce que les manuels scolaires racontent.

Un champion du monde préfère la prison à la guerre du Vietnam

Le 3 juin 1967, Mohamed Ali comparaît devant un tribunal fédéral de Houston, au Texas. Son crime ? Avoir refusé d’être incorporé dans l’armée américaine pour aller combattre au Vietnam. Le boxeur, alors champion du monde des poids lourds en titre, a prononcé quelques semaines plus tôt une phrase devenue célèbre : « Aucun Viêt-cong ne m’a jamais traité de nègre. »

Astronaute Ed White en sortie extravéhiculaire au-dessus de la Terre

Le verdict tombe le jour même : cinq ans de prison et 10 000 dollars d’amende. Ali est immédiatement déchu de son titre mondial et sa licence de boxe lui est retirée dans tous les États. Il a 25 ans, il est au sommet de sa carrière, et il vient de tout perdre en une audience. L’affaire remontera jusqu’à la Cour suprême des États-Unis, qui annulera sa condamnation à l’unanimité en 1971. Mais entre-temps, Ali aura passé trois ans et demi sans pouvoir monter sur un ring — les plus belles années d’un boxeur, envolées.

Ce qui rend cette histoire encore plus frappante : Ali aurait pu accepter un poste confortable dans l’armée, loin du front, comme d’autres sportifs célèbres l’avaient fait avant lui. Il a refusé par conviction. Ce sacrifice a fait de lui bien plus qu’un champion de boxe — un symbole du mouvement des droits civiques américain. Mais un autre événement, survenu exactement deux ans plus tôt, avait lui aussi marqué l’histoire de la conquête spatiale.

Un Américain flotte dans le vide spatial pour la première fois

Le 3 juin 1965, l’astronaute Ed White ouvre la trappe de la capsule Gemini 4 et se propulse dans le vide. Il devient le premier Américain à effectuer une sortie extravéhiculaire — ce qu’on appelle une « marche dans l’espace ». Il flotte pendant 23 minutes au-dessus de la Terre, relié à son vaisseau par un cordon ombilical de 7,6 mètres.

Les Soviétiques avaient pris de l’avance : le cosmonaute Alexeï Leonov avait réalisé la même prouesse trois mois plus tôt, le 18 mars 1965. Mais la sortie de Leonov avait failli tourner au drame — sa combinaison s’était gonflée dans le vide et il avait eu un mal fou à rentrer dans le sas. White, lui, a vécu l’expérience avec une aisance qui a stupéfié le centre de contrôle de Houston.

Détail surprenant : quand Houston lui a ordonné de rentrer dans la capsule, White a répondu — en direct — qu’il s’agissait du « moment le plus triste de sa vie ». Deux ans plus tard, Ed White mourra dans l’incendie de la capsule Apollo 1 au sol, lors d’un simple test de routine. Il avait 36 ans. Cette tragédie poussera la NASA à revoir entièrement la conception de ses vaisseaux, ouvrant la voie au succès d’Apollo 11.

Le mariage qui a fait abdiquer un roi d’Angleterre

Le 3 juin 1937, au château de Candé, en Touraine, le duc de Windsor épouse Wallis Simpson. Ce mariage peut sembler anodin vu d’aujourd’hui. Sauf que le duc de Windsor, six mois plus tôt, s’appelait encore Édouard VIII — roi du Royaume-Uni et empereur des Indes. Il a renoncé au trône pour épouser cette Américaine deux fois divorcée, provoquant la plus grave crise constitutionnelle britannique du XXe siècle.

Aucun membre de la famille royale n’assiste à la cérémonie. Le frère d’Édouard, devenu George VI — le père d’Elizabeth II — a expressément interdit à quiconque de s’y rendre. Le mariage se déroule dans un silence royal glaçant, avec seulement une poignée d’invités. Wallis Simpson ne recevra jamais le titre d’Altesse Royale, une humiliation calculée par la Couronne.

Ce que beaucoup ignorent : sans cette abdication, Elizabeth II n’aurait jamais régné. Le destin de la monarchie britannique moderne tient à une histoire d’amour que l’Establishment n’a jamais pardonnée. Mais le 3 juin, c’est aussi une invention bien française qui mérite qu’on s’y arrête.

Le jour où le vélo est né sur une route française

Le 3 juin 1791, le comte de Sivrac — du moins selon la légende longtemps enseignée dans les écoles — aurait fait rouler pour la première fois un « célérifère » dans les jardins du Palais-Royal à Paris. Cette machine en bois, ancêtre du vélo, n’avait ni pédales, ni direction : on avançait en poussant le sol avec ses pieds, façon trottinette assise.

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L’histoire est en réalité plus compliquée. Les historiens modernes contestent l’existence même du comte de Sivrac, qui serait une confusion avec un certain Jean-Henri Sievrac, importateur de voitures à chevaux. Le véritable père du vélo serait plutôt le baron allemand Karl Drais, qui breveta sa « draisienne » en 1817 — un engin avec une direction, cette fois.

Peu importe la querelle de paternité : en France, la bicyclette deviendra un objet de liberté massive. Dans les années 1890, elle permettra aux femmes de circuler seules pour la première fois, poussant les féministes de l’époque à en faire un symbole d’émancipation. Susan B. Anthony, militante américaine, déclarera que le vélo « a fait plus pour l’émancipation des femmes que n’importe quoi d’autre au monde ». Un objet du quotidien devenu arme politique — qui l’aurait cru ?

1946 : une reine perd la tête, mais pas celle qu’on croit

Le 3 juin 1946, le Japon abolit officiellement le titre de « reine des abeilles » dans sa constitution impériale. Non, on plaisante — mais la vraie histoire est presque aussi absurde. Ce jour-là, l’Italie organise un référendum institutionnel qui met fin à la monarchie des Savoie, vieille de 85 ans. Les Italiens votent à 54 % en faveur de la République.

Le roi Umberto II, surnommé « le roi de Mai » parce qu’il n’a régné qu’un mois après l’abdication de son père Victor-Emmanuel III, quitte l’Italie le 13 juin sans même attendre la proclamation officielle des résultats. Il ne remettra jamais les pieds dans son pays. Sa famille restera bannie du territoire italien jusqu’en 2002 — plus d’un demi-siècle d’exil pour une dynastie qui avait unifié la péninsule.

Ce référendum a lieu dans un contexte de chaos : l’Italie sort dévastée de la guerre, le Sud a voté monarchie, le Nord a voté république. Des émeutes éclatent à Naples. Certains historiens estiment que les résultats ont été truqués. Umberto II, lui, contestera le vote jusqu’à sa mort en 1983, en exil au Portugal. Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, une future légende du rap voyait le jour.

Nés un 3 juin : du rap au cinéma

Le 3 juin 1906 naît Joséphine Baker à Saint-Louis, dans le Missouri. Danseuse, chanteuse, résistante, militante antiraciste, mère de douze enfants adoptés sur quatre continents — Baker est entrée au Panthéon en 2021, devenant la sixième femme à y reposer. Née dans la misère d’un ghetto américain, elle deviendra l’une des artistes les mieux payées d’Europe dans les années 1930.

Autre naissance marquante ce jour-là : Rafael Nadal, né le 3 juin 1986 à Manacor, sur l’île de Majorque. Le Taureau espagnol a remporté 22 titres du Grand Chelem, dont 14 à Roland-Garros — un record qui semble impossible à battre. Détail peu connu : Nadal est gaucher sur le court mais droitier dans la vie. C’est son oncle et entraîneur Toni qui lui a fait changer de main à l’âge de 12 ans, estimant que le revers à une main d’un gaucher serait plus redoutable.

Enfin, le 3 juin 1925 naît Tony Curtis à New York, dans une famille d’immigrés hongrois. De son vrai nom Bernard Schwartz, il deviendra l’une des plus grandes stars d’Hollywood des années 1950. Son rôle le plus célèbre ? Celui de Joe — déguisé en femme — dans Certains l’aiment chaud (1959) aux côtés de Marilyn Monroe. Curtis avouera plus tard que tourner avec Monroe était « comme embrasser Hitler » — une exagération typique de l’acteur, qu’il regrettera toute sa vie.

L’anecdote que personne ne connaît

Le 3 juin 1880, Alexander Graham Bell réalise la première transmission téléphonique sans fil de l’histoire depuis le toit du Franklin Institute à Washington. L’appareil qu’il utilise s’appelle le « photophone » : il transmet la voix par un faisceau de lumière au lieu d’un câble électrique. Bell considérait cette invention comme supérieure au téléphone. Il avait raison — avec un siècle d’avance.

Le photophone fonctionne sur le même principe que la fibre optique moderne : la lumière comme vecteur d’information. En 1880, personne n’y voit d’intérêt commercial — les nuages, la pluie et la nuit rendent l’appareil inutilisable en extérieur. Bell range son invention dans un tiroir. Il faudra attendre les années 1970 et l’invention de la fibre optique pour que le concept renaisse et révolutionne les télécommunications mondiales. Comme quoi, avoir raison trop tôt, c’est presque la même chose qu’avoir tort.

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