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Feu des Fagnes en Belgique : 2 700 hectares brûlés par ce feu de tourbe presque impossible à éteindre

Publié par Elsa Fanjul le 17 Août 2026 à 7:31

2 700 hectares partis en fumée. Pas en une nuit, mais sur plusieurs jours, sans que les pompiers arrivent vraiment à en venir à bout. En Belgique, un incendie hors norme s’est installé dans les Hautes Fagnes, une zone de tourbières classée réserve naturelle.

Ce n’est pas un feu de forêt classique. C’est un feu de tourbe. Et cette simple distinction change tout, y compris la manière de le combattre.

Un feu qui brûle sous vos pieds sans que vous le voyiez

Vue aérienne de la réserve naturelle des Fagnes ravagée par le feu

La tourbe, c’est de la matière organique accumulée pendant des milliers d’années dans un sol gorgé d’eau. En surface, tout peut sembler calme. Sous la croûte, la combustion continue, invisible, silencieuse.

Contrairement à un feu de forêt qui progresse à l’air libre et qu’on peut cerner, un feu de tourbière avance en profondeur, parfois à plusieurs dizaines de centimètres sous le sol. Les flammes ne sont pas toujours visibles. Seule une fumée blanche et âcre trahit sa présence.

Ce type de sinistre est parfois qualifié de « feu zombie » par les scientifiques, capable de couver pendant des semaines avant de ressurgir en surface. Une image qui résume bien le problème : on croit l’avoir vaincu, il revient.

Pompiers luttant contre un feu de tourbière fumant

Pourquoi l’eau ne suffit pas à l’éteindre

Face à un feu classique, l’eau noie les flammes et le sinistre s’arrête. Face à un feu de tourbe, c’est plus compliqué. L’eau ruisselle en surface sans forcément atteindre les poches de combustion enfouies plus bas.

La tourbe agit un peu comme une éponge compacte : dense, parfois asséchée par des semaines sans pluie, elle retient mal l’eau qu’on y déverse. Résultat, les pompiers doivent parfois retourner le sol pour atteindre les foyers cachés, une opération lente et minutieuse.

C’est aussi pour cette raison que l’extinction complète peut prendre des semaines, voire des mois dans certains cas documentés à l’étranger. Un chantier de longue haleine, très différent de l’image du feu de forêt qu’on éteint en quelques jours.

Le risque de reprise, la hantise des pompiers

C’est sans doute l’aspect le plus déroutant pour le grand public : un feu de tourbière peut sembler éteint, puis repartir plusieurs jours après. Une braise oubliée sous la surface, un peu de vent, et le foyer reprend vie loin du point initial.

Les équipes sur le terrain doivent donc surveiller la zone bien après que la fumée visible a cessé. Cette phase de surveillance est presque aussi cruciale que l’extinction elle-même.

Dans les Hautes Fagnes, ce risque de reprise complique la gestion de la crise. Mais qu’en est-il exactement des moyens déployés sur place pour contenir ce sinistre pas comme les autres ?

2 700 hectares : où en est la situation sur le terrain

Selon les autorités belges, la superficie parcourue par les flammes atteint environ 2 700 hectares, un chiffre conséquent pour cette réserve naturelle protégée. Des moyens aériens et terrestres ont été mobilisés pour tenter de circonscrire les foyers.

Les conditions météo jouent un rôle clé dans cette bataille. Un épisode de chaleur ou de vent peut relancer la propagation, tandis qu’une pluie durable aide à humidifier durablement le sol en profondeur.

Cette situation n’est pas isolée à l’échelle européenne. Cet été, plusieurs pays ont dû faire face à des feux d’ampleur, rappelant les scènes vues en Gironde où 14 000 hectares étaient partis en fumée, ou encore les incendies qui ont frappé Cap-Ferret et Biscarrosse.

Pompier creusant le sol de tourbe brûlée pour éteindre les braises

Pourquoi les tourbières brûlent plus facilement qu’avant

Les tourbières sont normalement des milieux humides, peu propices au feu. Mais des étés plus secs et plus chauds les assèchent progressivement, les rendant vulnérables comme jamais.

Ce phénomène n’est pas propre à la Belgique. Des chercheurs suivent depuis des années la progression d’une sorte de « vague verte » qui redessine la végétation et les risques d’incendie vers le nord de l’Europe, des zones autrefois épargnées.

On pourrait faire un parallèle avec le Portugal, où des choix de plantation passés ont transformé certaines forêts en véritables torches. Ici, c’est le climat qui modifie la donne sur un terrain naturellement gorgé d’eau.

Ce que ça change pour les habitants et les promeneurs

Dans une zone comme les Hautes Fagnes, très fréquentée par les randonneurs, la fumée et les risques de reprise imposent une vigilance particulière. Les accès sont généralement restreints pendant toute la durée de l’intervention.

Si un feu approche d’une zone habitée ou fréquentée, les bons réflexes restent les mêmes que partout ailleurs : s’éloigner, suivre les consignes des autorités, et ne jamais tenter d’éteindre soi-même un foyer de cette ampleur.

Ce type d’épisode, encore rare sous nos latitudes, pourrait devenir moins exceptionnel si les étés continuent de se réchauffer et d’assécher ces milieux fragiles.

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