Il gagne 223 millions au Loto : son ex-femme réclame la moitié avant même son divorce officiel

Un ticket à 5 euros, une vie qui bascule. Un habitant de Lecco, en Italie, vient de remporter la somme record de 223,2 millions d’euros au Superenalotto. Sauf que la fête tourne vite au cauchemar juridique : son ex-compagne réclame déjà sa part. Et elle a peut-être plus de droits qu’on ne le pense.
Un secret de banquier qui finit par fuiter
Tout commence par une confidence entre collègues. L’heureux gagnant, employé de banque à Lecco, en Lombardie, coche la grille chanceuse le 11 septembre dernier. Comme beaucoup de gros gagnants, il pensait sans doute pouvoir profiter tranquillement de son secret avant de l’officialiser.
Mais le bouche-à-oreille est plus rapide que prévu. Son ex-compagne, une employée de 48 ans, apprend la nouvelle et ne perd pas de temps. Selon le Corriere della Sera, elle engage immédiatement des poursuites pour récupérer la moitié du pactole. Une décision qui s’appuie sur un détail administratif que le gagnant aurait peut-être préféré oublier : leur séparation n’a jamais été juridiquement actée.
Le couple s’était marié le 25 avril 2023 sous le régime de la communauté de biens, avant de vivre séparément. Mais sans divorce prononcé, le lien légal persiste. Et en Italie, ce détail change tout, comme le rappelle une jurisprudence bien connue des avocats spécialisés dans les questions patrimoniales.
Ce que dit vraiment la loi italienne sur les gains de jeu
C’est là que l’affaire devient intéressante pour quiconque envisage de tenter sa chance au Loto pendant une séparation. Selon la jurisprudence de la Cour de cassation italienne, les gains issus des jeux de hasard entrent dans la communauté légale des époux tant que le divorce n’est pas définitivement prononcé.
Peu importe que le ticket ait été acheté avec les deniers personnels d’un seul des deux conjoints. Tant que le mariage existe sur le papier, l’argent gagné appartient théoriquement aux deux parties. Une règle qui surprend souvent ceux qui pensent qu’une simple séparation de fait suffit à couper les liens financiers, un peu comme pour ces dispositifs qui touchent le pouvoir d’achat sans que tout le monde en soit conscient.
Pour le gagnant, la surprise est double : non seulement il doit composer avec une administration fiscale qui prélève déjà une part conséquente de la cagnotte, mais il découvre aussi que sa vie sentimentale non réglée peut lui coûter des dizaines de millions. Un rappel brutal que les gains records au Loto attirent rarement que des félicitations.

80 millions d’euros ou 8 000 euros par mois : l’ultimatum posé sur la table
Les chiffres qui circulent donnent le vertige. Via ses avocats, la quadragénaire a transmis une mise en demeure très précise à son ex-conjoint. Deux options sont posées sur la table, et aucune n’est anodine.
Première possibilité : finaliser le divorce et verser une pension mensuelle de 8 000 euros. Deuxième option, plus radicale : un versement forfaitaire unique de 80 millions d’euros, taxes déjà déduites du gain net. Un montant qui donne une idée précise de ce que représente réellement la moitié de la cagnotte une fois le fisc italien passé par là.
Le gagnant, lui, dispose de 180 jours pour encaisser officiellement sa cagnotte auprès de l’organisateur du Superenalotto. Un délai qui coïncide désormais avec le début d’une bataille juridique dont l’issue pourrait faire jurisprudence pour tous les futurs gagnants italiens séparés mais non divorcés. Une leçon coûteuse sur l’importance de régler ses papiers avant de tenter le destin.
Un ticket, une fortune, et une leçon de droit civil à 80 millions d’euros. Si cette histoire vous a donné le vertige, sachez que certaines petites pièces oubliées valent aussi parfois bien plus qu’on ne l’imagine. Et pour ceux qui préfèrent miser sur leur carrière plutôt que sur le hasard, ces métiers en pénurie offrent des salaires qui n’ont rien à envier à un jackpot.