4 ans de chimiothérapie pour un cancer imaginaire : elle attaque l’hôpital et reçoit 500.000 euros de dommages et intérêts
Elle a vécu pendant des années avec la certitude d’être gravement malade, sans jamais l’avoir été. En Italie, une femme de 61 ans vient d’obtenir justice après avoir subi quatre ans de chimiothérapie pour un cancer inexistant.
Quinze ans après les faits, l’hôpital universitaire de Pise a été condamné à lui verser 500 000 euros pour cette erreur médicale lourde de conséquences.
Un simple examen qui a viré au cauchemar
L’histoire débute en 2006. A l’époque, cette Italienne de 42 ans se rend à l’hôpital de Volterra pour une simple préconsultation avant une opération orthopédique.
Rien d’alarmant, en apparence. Mais des analyses révèlent une anomalie dans sa numération leucocytaire.
Après plusieurs examens, le verdict tombe : un lymphome non hodgkinien indolent de type MALT, annoncé comme étant en phase terminale.
Un choc brutal pour la patiente, qui se prépare alors à affronter ce qu’elle croit être une maladie grave touchant le système lymphatique et les intestins.
Prise en charge par l’hôpital universitaire de Pise, la quadragénaire subit une chimiothérapie et une corticothérapie à fortes doses entre janvier 2007 et mai 2011.
Pendant ces quatre années, son quotidien bascule. Déséquilibres hormonaux, épisodes de dépression, anxiété profonde : les effets secondaires s’enchaînent et laissent des traces durables.
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Elle attaque l’hôpital en justice
Convaincue de lutter pour sa survie, elle endure ces traitements lourds sans imaginer une seule seconde qu’ils pourraient être inutiles.
C’est lors d’une biopsie osseuse de contrôle, réalisée dans un autre établissement, que la vérité éclate. En mai 2011, le Département de médecine interne et de spécialités médicales de Gênes exclut formellement « la présence d’une maladie lymphoïde proliférative clonale ».
La patiente n’a jamais eu de cancer. Après une première condamnation de 300 000 euros, la cour d’appel de Florence a accordé 200 000 euros supplémentaires.
Elle a estimé que « l’augmentation des dommages-intérêts est indubitablement justifiée par l’angoisse et les souffrances extraordinaires que le diagnostic de lymphome en phase terminale a dû causer à la femme, qui a passé une période significative de sa vie (cinq ans) à craindre de mourir d’une maladie grave ».