« C’est une famille qui est décimée » : au Vernet, deux cousins tués dans les tonneaux d’une BMW

Samedi, vers 4 h 30, une BMW quitte la déviation du Vernet, au sud de Toulouse. Elle termine sa course dans un champ, après plusieurs tonneaux, en semant des débris sur une cinquantaine de mètres. Deux hommes sont morts, trois autres personnes sont hospitalisées, et un témoin tient à rétablir une vérité que la famille juge essentielle.
Cinquante mètres de débris dans un champ du Vernet
Le lendemain, dimanche matin, un homme est là, casquette sur la tête. Selon La Dépêche, son visage est défait par la douleur et le manque de sommeil. Il regarde le champ où la voiture s’est immobilisée.
Au sol, tout raconte la violence du choc : verres brisés, enjoliveur, rétroviseur, morceaux de feux arrière. Les débris s’étalent sur près de 50 mètres au-delà de la chaussée. Un peu plus bas, une femme pleure en silence au milieu de ces dernières traces.
Pendant ce temps, la vie continue de l’autre côté de la glissière. Les voitures filent les unes derrière les autres sur cette déviation qui contourne la commune. Un contraste qui serre la gorge.
Ce genre de drame de la route laisse rarement indifférent, même loin des lieux. À Nantes, la mort d’un jeune policier adjoint sur le périphérique avait provoqué la même sidération.
Ici, le conducteur avait 33 ans et roulait vers Toulouse. Il n’était pas seul : quatre passagers l’accompagnaient. Mais comment la BMW a-t-elle fini dans ce champ ? Le tracé de la sortie de route donne déjà quelques indices.
Un rond-point non éclairé, une glissière couchée, puis les tonneaux
Selon le quotidien, le conducteur arrivait sur un rond-point qui n’est pas éclairé. À droite, la route mène vers Le Vernet. À gauche, elle part vers Lagardelle. Le conducteur a-t-il été surpris par cet obstacle dans la nuit ? La question reste posée.
La voiture a traversé le rond-point au lieu de le contourner. De l’autre côté, elle a heurté la glissière de sécurité, qui s’est couchée sous l’impact. Puis la BMW est tombée en contrebas, contre un fossé, et elle est partie en tonneaux.
Un détail donne la mesure de la force du choc : le moteur se serait détaché du véhicule. Il aurait été retrouvé à environ une vingtaine de mètres. Autant dire qu’il restait peu de chances à l’intérieur de l’habitacle.
Dans ces situations, les premières minutes comptent plus que tout, et les bons gestes aussi. Sur l’A61, les réflexes à adopter face à un bouchon interminable rappellent à quel point la route impose du sang-froid.
Alors qui se trouvait dans cette voiture ? C’est le témoin croisé sur place qui répond, avec des mots simples : « ils appartiennent tous à la même famille ». Les deux victimes avaient 25 et 39 ans. C’étaient des cousins, « presque des frères », dit-il. D’où la phrase qui barre la une de La Dépêche : « C’est une famille qui est décimée, c’est tragique ».

Vingt minutes de massage cardiaque, et une rumeur à démentir
Autre sujet d’actualité routière, un accident mortel aux États-Unis a récemment rappelé combien une seconde d’inattention pèse. Au Vernet, le témoin, lui, veut surtout rétablir un fait.
Il dit : « Faut pas dire que le conducteur a voulu s’enfuir après le choc, c’est faux ! » Selon lui, le conducteur aurait au contraire tenté de réanimer l’un des blessés pendant 20 minutes, avec deux autres personnes.
Ces deux autres personnes sont des filles, dit-il. Elles ont été arrêtées très vite sur la route et ont été les premières à porter secours aux victimes. Ce récit n’émane que d’un témoin, mais il est précis et rapporté tel quel.
Le massage cardiaque n’a malheureusement pas permis au cœur de repartir. Les pompiers et l’équipe médicale du Smur 31 ont poursuivi les efforts. Deux hommes ont perdu la vie ce samedi-là.
Les trois autres occupants de la voiture sont en meilleur état. Le conducteur reste hospitalisé, comme deux autres membres de la famille. « Difficile de savoir exactement comment ils vont », confie leur proche.
Dimanche soir, les nouvelles étaient pourtant plutôt rassurantes. Un garçon de 19 ans, plongé dans le coma, allait mieux. La dernière victime, âgée de 41 ans, va beaucoup mieux. Sauf mauvaise surprise médicale, ces trois personnes devraient s’en sortir.
Ce que l’enquête doit encore établir
Le parquet de Toulouse a ouvert une enquête pour homicide routier aggravé. Selon La Dépêche, la vitesse inadaptée aux conditions ne semble pas contestable. Une expertise essaiera de la préciser.
Reste la question que posent tous les accidents mortels : alcool ou stupéfiants ? Des analyses ont été réalisées, comme à chaque fois, mais les résultats ne sont pas connus. Ils motiveront les éventuelles poursuites, et rien ne permet pour l’instant de préjuger de quoi que ce soit.
Le sujet des stupéfiants au volant revient souvent dans les faits divers. À Vannes, une trottinette, du cannabis et une garde à vue ont donné lieu à une tout autre histoire, sans comparaison avec le drame du Vernet.
Le conducteur travaille dans le transport, selon le témoin. Dès que son état de santé le permettra, il sera entendu par les gendarmes de la compagnie de Villefranche-de-Lauragais, chargés des investigations. Sa version des faits manque encore au dossier.
Ce drame s’ajoute à un bilan lourd. Il compte au moins parmi les 43e et 44e victimes de la route dans le département depuis janvier. Les conséquences se mesurent aussi ailleurs que dans les statistiques, jusque dans le portefeuille des conducteurs : les villes où l’assurance auto coûte le plus cher en disent long sur le risque routier.
Pour la famille, tout commence maintenant : les obsèques, les visites à l’hôpital, l’attente des résultats. Et peut-être, un jour, des réponses sur ce rond-point sans lumière.
Une nuit, un rond-point sans éclairage, et deux cousins qui ne rentreront pas. L’enquête dira ce qui s’est passé, mais la douleur, elle, est déjà là. Si l’hiver approche, les départements où les pneus neige deviennent obligatoires dès le 1er novembre pourraient bien changer vos plans.
Et si l’on vous disait qu’un animateur très connu a lui aussi frôlé le pire, ce que l’on a vraiment su de son accident de moto vous marquera.