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Une automobiliste aurait regardé un site X au volant avant un accident mortel

Publié par Cassandre Jolivet le 22 Oct 2026 à 14:39
Conductrice abattue au volant, smartphone en main

Un chantier sur l’autoroute, un trafic presque à l’arrêt, trois voitures sur la file. Rien d’extraordinaire un 12 juin dans l’Utah, jusqu’à ce qu’un SUV arrive sans ralentir. Un homme de 66 ans est mort et une Californienne de 44 ans est aujourd’hui inculpée. Ce que les enquêteurs ont découvert sur son téléphone, selon Bild, éclaire les secondes qui ont précédé le choc.

Un chantier sur l’Interstate 15, trois voitures et quelques secondes fatales

Tout se passe sur l’Interstate 15, près de la petite ville de Levan, dans l’Utah. Ce jour-là, une zone de travaux a ralenti la circulation au point de la figer presque complètement. Les conducteurs avancent au pas, certains sont à l’arrêt.

Parmi eux, une Mazda 3 blanche, une seconde voiture de type SUV et, derrière, un Toyota RAV4 bleu. Au volant de ce dernier, Christine Chao, 44 ans, originaire de Rosemead, en Californie. Selon le document d’accusation cité par Bild, elle ne s’est pas aperçue du ralentissement.

Le choc est violent. Le RAV4 percute la berline Mazda sans freiner, la projette contre l’arrière du SUV qui la précède, et les trois véhicules sont éjectés de la chaussée. La formule de l’acte d’accusation est sèche : deux voitures roulaient lentement quand l’Américaine a percuté la dernière, qui a heurté celle de devant.

Le RAV4 termine dans un talus, avec de lourds dégâts à l’avant, et sa porte de coffre s’ouvre sous l’impact. La Mazda, elle, est enfoncée à l’arrière. Un hélicoptère de secours évacue le blessé le plus grave vers un hôpital.

Mais pourquoi cette conductrice n’a-t-elle rien vu venir, alors que le trafic était presque immobile depuis un moment ? La réponse tient en partie à ce que les policiers ont relevé sur la route.

Pas une seule trace de freinage sur le bitume

Premier indice, et il est lourd : les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace de freinage sur la chaussée. Autrement dit, selon Bild, la conductrice n’aurait même pas tenté de ralentir avant l’impact. Un SUV lancé à vitesse normale dans une file quasi arrêtée, sans la moindre réaction visible.

Ce genre de détail pèse énormément dans un dossier. Il écarte l’idée d’un freinage tardif ou d’une chaussée glissante, et il oriente les policiers vers une autre question : où était l’attention du conducteur ? Le débat sur le téléphone au volant, lui, occupe aussi la France, où certaines mesures de sanction se durcissent. On le voit dans la sanction de 135 € et 3 points qui guette certains conducteurs.

Sur place, Christine Chao a, d’après la source, reconnu sa responsabilité devant les policiers dès les premiers échanges. Les agents ont alors examiné son smartphone. C’est une routine après un accident grave : l’historique d’usage, l’heure des applications ouvertes, les consultations récentes.

Et c’est là que le dossier a pris une tout autre tournure. D’après les éléments rapportés par Bild, moins de deux minutes avant le crash, un site pour adultes avait été ouvert sur le téléphone de la conductrice.

Moins de 120 secondes, donc, entre cette consultation et un impact qui a coûté la vie à un passager arrière. La suite du dossier dit ce que la justice américaine en a fait.

Zone de chantier sur autoroute désertique, voitures à l'arrêt

Inculpée sans être arrêtée : ce que prévoit la procédure

Ce détail du téléphone n’est pas une anecdote pour la suite. Il nourrit l’accusation, et il rappelle que le sujet dépasse l’Utah : même le simple fait de s’arrêter sur un parking n’est pas toujours sans risque, comme l’explique ce dossier sur le téléphone au volant sur un parking de supermarché.

Le mardi suivant l’enquête, Christine Chao a été inculpée d’homicide involontaire dans le cadre d’un accident de la route. C’est la qualification qu’on traduit parfois par « fahrlässige Tötung » dans la presse allemande, soit une mort causée par négligence.

Ce n’est pas un jugement. Elle est à ce stade inculpée, rien de plus, et la présomption d’innocence s’applique tant qu’aucun tribunal ne s’est prononcé. Selon la source, elle aurait toutefois reconnu sa part de responsabilité auprès de la police dès les premiers instants.

Autre particularité : elle n’a pas été arrêtée. Elle a reçu une simple convocation pour les audiences à venir. C’est, selon la chaîne ABC4 citée par Bild, la raison possible pour laquelle aucune photo d’identité judiciaire n’a été publiée : ces clichés sont généralement pris lors d’une interpellation.

La première audience est fixée au 17 novembre. C’est là que la suite judiciaire commencera vraiment. Mais derrière la procédure, il y a un homme, et sa vie ne se résume pas à un numéro de dossier.

Une famille endeuillée et une audience qui approche

La victime s’appelait Scott LaVar Lichfield, 66 ans. Il était assis sur la banquette arrière de la Mazda blanche, la zone la plus violemment frappée. Selon des médias locaux cités par Bild, il a subi un grave traumatisme crânien et il est mort plus tard à l’hôpital.

Le détail est cruel : d’après la chaîne locale KSL, il avait fêté la veille son 39e anniversaire de mariage. Il laisse son épouse, cinq enfants et des petits-enfants.

Sa vie professionnelle était tournée vers les autres. Il travaillait comme responsable financier dans trois communes et, le dimanche, il enseignait à l’école du dimanche d’une paroisse, où il s’occupait de l’instruction religieuse des enfants.

Reste l’audience du 17 novembre, qui dira ce que la justice retient. Pour les automobilistes français, la leçon est plus large : plusieurs départements sanctionnent déjà durement le téléphone, comme le montre ce dossier sur la suspension de permis bientôt étendue à toute la France.

Et la liste des territoires concernés s’allonge, avec ces 4 départements où le permis est suspendu d’office en cas d’infraction.

Dans l’Utah, aucune suspension de permis n’aurait pu empêcher ce qui s’est passé ce 12 juin. Reste un fait têtu : deux minutes ont suffi pour passer d’un écran à un deuil.

Un téléphone en main, et c’est toute une famille qui bascule. Si vous croyez que la technologie est la seule menace sur nos routes, ce radar qui ne mesure pas la vitesse mais flashe déjà à Paris prouve que les règles changent plus vite qu’on ne le pense. Et quand des caméras intelligentes se mettent à traquer les infractions, près de 19 000 cas en deux semaines disent ce qu’elles voient vraiment.

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