Condamnée en 2019 pour des faits similaires, cette aide-soignante aurait drogué des retraités d’Ehpad pour voler leurs bijoux

Elle était « sympathique », « normale », disent ceux qui la croisaient. Pourtant, une aide-soignante de 53 ans est aujourd’hui mise en examen après des faits survenus dans deux Ehpads des Alpes-Maritimes. Elle aurait endormi des résidents pour les voler. Un décès suspect est aussi examiné. Et une question dérange : comment a-t-elle pu être embauchée malgré son passé ?
Dans deux Ehpads des Alpes-Maritimes, des résidents endormis pour être dépouillés
Tout se passe près de Menton. Selon franceinfo, l’aide-soignante reconnaît avoir administré des substances non prescrites à deux pensionnaires, afin de les endormir et de leur dérober des bijoux. Les faits dateraient de fin septembre.
Dans l’établissement, certaines familles viennent tout juste de l’apprendre. Une résidente confie : « J’ai toujours retrouvé mes affaires. » Sa fille, comme d’autres proches rencontrés jeudi 15 octobre, oscille entre colère et angoisse.
« On ne sait pas à qui on a affaire finalement », déplore l’une d’elles. Une autre s’inquiète : « Certains peuvent ne pas se réveiller, on sait jamais. » Ce risque, c’est tout le nœud de l’affaire. À Menton, les premiers éléments de l’enquête avaient déjà évoqué somnolences anormales et bijoux disparus.
Les familles ne sont pas les seules à s’interroger. Car dans un autre établissement, un décès retient l’attention des enquêteurs. Et c’est là que le dossier change d’échelle.
Un décès suspect fin juillet, et une version de la défense qui divise
Dans un second Ehpad, c’est le décès suspect d’une résidente fin juillet qui intéresse la justice. L’aide-soignante y travaillait en CDI à temps partiel depuis le début de l’été. Elle est en couple, selon la source.
Son avocat, joint par France Télévisions, livre sa version. Elle reconnaît les empoisonnements et les vols, qu’elle justifie par la nécessité de financer sa consommation de drogue. En revanche, elle nie toute volonté d’homicide. La justice devra trancher : à ce stade, le lien avec le décès n’est pas établi.
Un retraité qui la côtoyait peine à y croire : « Elle était sympathique, elle était normale. » Il ajoute qu’elle l’aidait même à prendre sa douche. Ce genre de confiance quotidienne rend l’affaire glaçante, comme cette caméra cachée dans l’Ehpad d’une mère de 91 ans l’avait montré pour d’autres raisons.
Reste le détail le plus troublant : cette femme n’en était pas à son coup d’essai.

Le casier vierge qui a laissé passer une condamnée de 2019
Un vol, même modeste, peut briser une carrière entière. Ici, il n’avait pas tout brisé. L’aide-soignante avait déjà été condamnée en 2019 pour des faits similaires.
Elle avait alors écopé d’une interdiction d’exercice provisoire de deux ans. Puis plus rien : elle n’avait plus fait parler d’elle. Résultat, la condamnation n’apparaissait pas sur l’extrait de casier judiciaire remis au directeur lors de son embauche.
Laurent Maitre, directeur de l’Ehpad « Maison Russe », n’en revient pas : « Pourquoi aujourd’hui, moi, je retrouve dans mes effectifs quelqu’un qui a un casier judiciaire en ayant volé ? Je ne comprends pas. »
Aujourd’hui, elle est mise en examen pour vol aggravé et placée en détention provisoire. Elle bénéficie de la présomption d’innocence, et l’enquête se poursuit sur les circonstances du décès de fin juillet.
Le contrôle des recrutements en Ehpad se retrouve au centre des questions.
Une chose est sûre : l’affaire pose la question de la confiance accordée à ceux qui veillent sur nos aînés. Et si cette histoire vous a mis mal à l’aise, ce médicament en vente libre que des millions de parents donnent à leurs enfants risque de vous faire froid dans le dos. Et cette chienne qui découvre les câlins après 7 ans de laboratoire vous redonnera peut-être un peu de douceur.