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« Il ne devrait pas exercer » : cet animateur pour enfants condamné à 5 ans de prison à Lyon

Publié par Cassandre le 13 Sep 2026 à 9:33
Salle d'audience vide d'un tribunal correctionnel français

Un jeune homme tout juste diplômé « animateur loisir » aurait dû commencer sa carrière auprès d’enfants cet été. Au lieu de ça, il s’est retrouvé sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Lyon. Son ex-compagne, elle, a fini par comprendre la gravité de ce qu’elle avait vécu grâce à un simple tchat en ligne de la police. Le verdict, tombé ce lundi 7 septembre 2026, va bien au-delà de ce que réclamait le parquet.

Une nuit qui bascule après une rupture

Tout commence en octobre 2024. Solenn X. se rend chez son petit ami de l’époque, Salem X., après avoir découvert une tromperie. Faute de train pour rentrer, à plus d’une heure de route, elle doit passer la nuit sur place. Elle partage donc le lit de son compagnon, qui tente à deux reprises de lui baisser le pantalon avant qu’elle ne s’y oppose fermement.

Au petit matin, elle se réveille alors qu’il la pénètre sans son consentement. « Désolé, mais j’en avais envie », aurait-il lâché. C’est via le tchat en ligne de la police nationale que la jeune femme comprend l’ampleur des faits et se décide à porter plainte.

La suite dévoile un tout autre visage du jeune homme. Après avoir appris que son ex-compagne s’était confiée à son meilleur ami, il contacte un ancien camarade de Solenn X. pour lui demander de « venir finir le travail » — un message glaçant que même la justice a du mal à qualifier autrement que de tentative d’incitation au viol. Suivent une cinquantaine de messages sur les réseaux sociaux pour tenter de « reconquérir » sa victime.

Un dossier requalifié et un jugement qui dépasse les réquisitions

L’instruction avait d’abord été ouverte pour « viol », un crime passible de vingt ans de prison, avant que le dossier ne soit « correctionnalisé » en agression sexuelle. « Ce genre de faits est généralement évoqué devant une cour d’assises », a rappelé le président du tribunal.

Salem X., 21 ans, bénéficiaire de l’AAH et arrivé en France en 2015 pour raisons médicales, a immédiatement reconnu les faits. À la barre, il assure « ne pas avoir arrêté de se remettre en question » et souhaite « s’excuser » auprès de la victime, « sous antidépresseurs depuis les faits ».

Face à des faits jugés « tellement graves, tellement odieux », la procureure de la République avait requis quatre ans de prison, dont trois avec sursis. Un niveau de gravité qui a d’ailleurs pesé plus lourd que prévu, tant la tension autour de ce dossier restait vive, à l’image d’autres situations où la justice tranche au-delà des attentes initiales. Le tribunal a finalement dépassé ces réquisitions.

Jeune femme assise seule, expression pensive et grave

Interdit d’exercer auprès de mineurs pendant cinq ans

C’est là que réside tout l’enjeu de cette affaire, bien au-delà de la peine elle-même. Solenn X., elle-même animatrice auprès de jeunes enfants, avait explicitement demandé au tribunal d’interdire à Salem X. d’exercer la profession pour laquelle il venait d’obtenir son diplôme en juillet 2026.

« Je pars du principe que quelqu’un qui a commis ce genre de faits ne devrait pas exercer ce métier », a-t-elle confié, contrairement au silence que d’autres affaires laissent parfois planer.

Salem X. a finalement été condamné à cinq ans de prison, dont quatre assortis d’un sursis probatoire. La partie ferme s’exécutera sous bracelet électronique, assortie d’une obligation de soins et de l’interdiction d’entrer en contact avec la victime.

Les magistrats sont allés dans le sens de la jeune femme : interdiction d’exercer auprès de mineurs pendant cinq ans et inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

« Ce n’est pas au tribunal de cacher à une association que vous avez été condamné dans une affaire de mœurs d’une certaine gravité », a tranché le président. Le jeune homme avait déjà été suspendu de son club de basket-fauteuil, en attendant une décision de son conseil de discipline.

Un diplôme obtenu en juillet, une interdiction prononcée en septembre : deux mois auront suffi pour que la carrière rêvée de Salem X. s’écroule avant même de commencer. La victime, elle, devra composer avec les conséquences bien après la fin du procès.

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