« Je me suis vue mourir » : squattée depuis plus d’un an, cette retraitée risque la rue le 1er décembre

Louer son appartement pour arrondir ses fins de mois, rien de plus banal. Pour Martine, retraitée girondine, cette décision a viré au cauchemar il y a plus d’un an. Elle a été agressée, elle dort chez des amis ou au camping, et une date plane au-dessus d’elle. Une audience, un camping qui ferme : voici où elle en est.
Un loyer qui s’arrête en juin, une porte qui ne s’ouvre plus
Tout commence en avril 2025. Martine Ferreira loue son appartement du rez-de-chaussée d’une résidence de l’avenue de Canéjan, à Pessac, en Gironde. La locataire est une mère de famille accompagnée de ses deux enfants, censée y rester temporairement avant d’acheter une maison.
Selon le récit de la propriétaire à Actu Bordeaux, la future locataire s’est présentée en détresse : séparée du père de ses enfants, elle se serait dite aide-soignante, avec un salaire de 2 800 euros par mois. « Je me suis méfiée de rien », confiait-elle. Le genre de confiance qui paraît naturelle sur le moment.
Les ennuis arrivent vite. Selon ses déclarations, les occupants cessent de payer le loyer deux mois après leur arrivée, dès juin. Puis ils refusent catégoriquement de partir.
La retraitée décrit aussi un quotidien devenu pesant : « Elle m’appelait toutes les nuits pour tout et n’importe quoi. » Son compagnon lui aurait fait des menaces de mort, ce qui l’a poussée à déposer plainte dès le mois de juin. Ces faits restent ceux rapportés par la plaignante.
Les impayés ne sont pourtant qu’un début, et pas seulement pour elle. Les propriétaires dans cette situation voient parfois les règles évoluer, comme le montre cette saisie sur salaire simplifiée pour les bailleurs. Mais à Pessac, il a fallu attendre octobre pour que la situation bascule vraiment. Et ce jour-là, tout a dérapé en quelques minutes.
Le 13 octobre 2025, une discussion qui tourne mal
Quatre mois sans loyer, c’est long. Le 13 octobre 2025, Martine décide de confronter les occupants pour qu’ils règlent enfin ce qu’ils doivent. « Je ne voulais pas la guerre mais juste discuter avec elle », explique-t-elle.
Ce n’est pas ce qui se passe. D’après son témoignage, la mère de famille et ses filles l’agressent physiquement : elles lui tirent les cheveux et lui cognent la tête contre le carrelage. Le compagnon arrive ensuite et lui assène un coup de poing dans la poitrine.
« Il m’a jetée dehors comme une merde. J’ai vraiment eu peur, je me suis vue mourir », raconte la sexagénaire. Elle décrit une scène dont elle se souvient en détail, et qu’elle n’a pas oubliée depuis. Pour une femme venue parler, le retournement est brutal.
La scène s’arrête quand la police, prévenue par un voisin, arrive sur place. Dès le lendemain, la propriétaire dépose plainte pour « violences commises en réunion ». L’agression lui a valu dix jours d’ITT. À ce stade, il s’agit de ses accusations : aucune décision de justice n’est citée dans cette affaire.
Ce genre de bras de fer n’est pas isolé. D’autres propriétaires racontent des occupants qui réclament de l’argent pour partir, parfois même en mettant le bien en vente. Chez Martine, c’est la voie judiciaire qui a été choisie. Mais elle a déjà connu un premier faux départ, et c’est là que l’histoire se complique.

Une audience reportée pour deux heures de retard
Lisez ce qui suit : c’est le détail que Martine n’avait pas vu venir. Pour examiner sa demande d’expulsion, elle s’est présentée en juin dernier au tribunal judiciaire de Bordeaux. Sauf que la locataire est arrivée avec deux heures de retard.
Résultat, selon ce que la sexagénaire a expliqué à France 3, l’audience a été reportée. La nouvelle date est fixée à ce mardi 6 octobre 2026. Quatre mois d’attente de plus pour quelqu’un qui n’a plus de chez-soi.
Car pendant ce temps, Martine doit bien dormir quelque part. Elle va chez des amis, ou dans un camping situé au nord du bassin d’Arcachon. Une solution de fortune, et c’est là que le titre prend tout son sens.
Le camping doit en effet fermer le 1er décembre. La retraitée pourrait donc se retrouver sans aucun toit, alors qu’elle est propriétaire d’un appartement qu’elle ne peut pas récupérer. Un renversement cruel : celle qui possède un logement risque de finir à la rue.
Rien ne dit encore ce que le tribunal décidera le 6 octobre. L’issue dépendra de l’audience, et la date de fermeture du camping, elle, est déjà inscrite au calendrier. Ce calendrier-là ne se reporte pas.
Ce qui se joue après le 6 octobre
Une chose est certaine : le dossier ne s’arrêtera pas à l’audience. Même si le tribunal examine enfin la demande d’expulsion, l’issue ne dit pas combien de temps il faudra pour retrouver les clés. Pour l’instant, la source ne fournit pas ces délais, et il serait trompeur d’en inventer.
Reste la question de la prévention, que beaucoup de propriétaires se posent après ce genre d’histoire. Certains confient leur bien sans cadre précis, comme dans ces papiers à signer avant de prêter une maison. Dans le cas de Martine, la location était bien un contrat de bail, ce qui rend le recours à la justice incontournable.
Autre point à suivre : les règles contractuelles évoluent. Un nouveau texte ajoute par exemple une clause automatique dans les baux dès octobre 2026. Cela ne change rien au litige actuel, mais montre que le cadre des locations bouge.
Quant à l’affaire elle-même, l’ancienne locataire n’a pas de réponse publique dans les éléments dont nous disposons. La version des occupants n’y figure pas, et la présomption d’innocence s’applique à chacun : seules les décisions de justice trancheront.
Ce qu’on peut surveiller, c’est donc simple : la décision du 6 octobre, puis ce qui arrivera à Martine avant la fermeture du camping, le 1er décembre. C’est la course contre la montre d’une retraitée qui n’a demandé que d’être payée.
Elle n’est pas la seule à raconter ce genre de bataille. À Pessac, il y a eu des riverains, des voisins prévenus, et une police intervenue à temps le soir de l’agression. Une chose est sûre : un voisin vigilant peut faire basculer une soirée.
Tout propriétaire peut un jour être pris dans ce genre d’engrenage : un bail, un loyer qui s’arrête, puis le silence.
Le plus dur, ce ne sont pas les papiers. C’est l’attente, quand on dort ailleurs que chez soi.
Quand le toit manque, chaque jour d’attente pèse. Martine a gardé ses clés, mais pas sa porte.
Et puisque la justice n’a pas encore tranché, un renversement reste toujours possible avant le 1er décembre. Si vous aimez les histoires où une porte forcée cache bien autre chose, ce propriétaire qui force une armoire dans sa maison squattée n’a pas fini de vous étonner. Et si les impayés vous intriguent, ce locataire expulsé qui laisse un aquarium géant à ses propriétaires prouve que tout peut arriver.