2 400 € pour des WC restés bouchés, 12 000 € volés en une soirée : cinq arnaques qui ont piégé des Vendéens

Un soir, des toilettes bouchées. Quelques heures plus tard, 2 400 € envolés, et les WC toujours bouchés. En Vendée, des habitants ont vécu cinq histoires d’arnaques ou de litiges, de la plomberie jusqu’à la banque. L’une d’elles s’est soldée par 12 000 € dérobés en une seule soirée, et le piège était redoutablement bien construit.
Le plombier de nuit qui encaisse 2 400 € sans déboucher les WC
Selon Actu, personne n’est à l’abri : peu importe l’âge, le lieu de vie ou la situation, tout le monde peut tomber dans le panneau. Cinq histoires vendéennes en donnent la preuve. La première commence par un problème tout bête, celui de toilettes bouchées.
Un soir, une Vendéenne se retrouve seule chez elle. Elle constate que ses toilettes ne fonctionnent plus. Elle décide d’attendre le lendemain, 14 h, pour appeler un plombier, et compose le premier numéro trouvé sur internet.
Le professionnel arrive quatre heures plus tard, à 18 h. Il explique qu’il passe désormais au tarif de nuit. Pour déboucher, il utilise un demi-litre de déboucheur.
Vingt minutes plus tard, il sort son terminal de paiement et encaisse 2 400 € par carte bancaire. La facture qu’il remet serait non conforme, toujours selon Actu.
Puis l’homme repart avec le demi-litre de déboucheur restant. Et les WC ? Ils sont restés bouchés. Le scénario rappelle celui de ce retraité qui a failli perdre 900 € après qu’un inconnu lui a signalé un problème sur sa voiture, preuve que le même culot sert dans tous les domaines.
Reste que cette facture salée n’est pas la plus absurde du lot. La suivante oppose un devis à quatre chiffres à une réparation facturée moins de 24 €.
3 576 € de devis, 23,47 € de réparation : la chaudière d’Angéline
Au mois de décembre dernier, dans la nuit du 22 au 23, Angéline* (le prénom a été modifié) repère une fuite d’eau sur sa chaudière. Elle fait appel à une entreprise. Deux réparateurs se déplacent.
Leur diagnostic tombe vite : il faudrait changer la chaudière. Ils lui proposent un devis de 3 576 €, qu’elle accepte et signe électroniquement, avec un acompte de 1 070 €.
Dans ce devis, des frais de déplacement exorbitants figurent pourtant en toutes lettres. L’entreprise se trouve à seulement dix kilomètres de chez elle. Autre anomalie : elle règle l’acompte sans recevoir de facture.
Angéline réagit pendant le délai de rétractation. Elle envoie une lettre recommandée pour signaler les faits et réclame le remboursement de son acompte. Elle reste sans nouvelles.
Ce genre de ligne gonflée sur un document rappelle d’ailleurs cette agence de location qui facturait 312 € pour une rayure que le client n’avait jamais causée. Mais revenons à la chaudière, car le plus parlant est à venir.
Entre-temps, Angéline a engagé un autre professionnel. Son verdict est sans appel : le problème venait seulement d’une soupape. Coût de la réparation : 23,47 €.
De 3 576 € à 23,47 €, l’écart donne le vertige. Pourtant, le dossier le plus lourd financièrement n’est ni celui-là, ni celui du plombier. Il commence par un SMS à deux euros.

Un SMS à 2 €, un faux conseiller, un faux coursier : 12 000 € dérobés
Les escrocs savent mettre en confiance, jusqu’à cloner une voix à partir d’un simple « Allô ». Dans le cas de Vanessa*, autre prénom modifié, le scénario s’appuie sur des éléments bien plus simples.
Elle attendait un colis. Elle reçoit alors un SMS lui demandant deux euros pour la livraison. Elle clique sur le lien, paie, puis comprend très vite son erreur et bloque sa carte.
Mais il lui en restait deux autres. Deux minutes plus tard, à 20 h, un appel arrive, présenté comme venant de sa banque. L’interlocuteur lui dit : « Vous venez de téléphoner au service opposition », cite son nom et promet de s’occuper de l’opposition.
Il lui demande de le rappeler via WhatsApp. Elle s’exécute et le logo de sa banque apparaît. L’arnaqueur lui montre alors les derniers messages échangés avec son établissement et prouve qu’il connaît son modèle de téléphone.
En confiance, Vanessa donne toutes ses informations. À 23 h, un homme sonne chez elle en se disant coursier. Sa mission : emporter les cartes au destructeur de Nantes.
Le bilan est lourd : à eux deux, le faux conseiller bancaire et le faux coursier lui ont dérobé 12 000 €. Tout est parti d’un réflexe pourtant logique, bloquer sa carte. Deux autres histoires, plus administratives, complètent ce tableau.
Panneaux solaires et vol annulé : deux dossiers dont la suite se joue maintenant
À la foire d’Angers, des Vendéens croisent des vendeurs de panneaux solaires qui quittent leur stand pour attirer les clients. Ils signent un bon de commande de 33 000 €, en précisant que le paiement se fera par crédit. Ils versent 1 000 € d’acompte sur place.
Le lendemain, le bon de commande arrive avec une erreur : il mentionne un paiement comptant. Sur les foires, il n’y a normalement pas de rétractation possible. L’entreprise réclamait aux clients au moins 30 % de la somme, en plus des 1 000 € déjà versés.
Or les vendeurs étaient allés chercher les clients en dehors de leur stand, ce qui est interdit. Le bon de commande a donc pu être annulé. En revanche, les Vendéens n’ont pas récupéré leur acompte. Ce type de sollicitation ressemble à celles que vise la fin de Bloctel et ses amendes jusqu’à 375 000 €.
Dernier cas : Jean-Luc* s’envole pour le Portugal. Son vol est annulé et reporté de deux jours. Il demande à l’agence de location locale de garder la voiture. L’agence refuse, annule la location et ne le rembourse pas.
Au retour, une grève décale son avion de huit jours. Il passe par une autre compagnie et paie deux nuitées d’hôtel supplémentaires. N’ayant pas été prévenu au moins 14 jours avant le départ, il serait censé être remboursé intégralement.
Une demande de conciliation est en cours et, sans remboursement, des poursuites judiciaires devraient être engagées. Un précédent éclaire cette bataille : la Cour de cassation a accordé 3 000 € supplémentaires à un voyageur qui réclamait le remboursement de son séjour annulé.
Cinq histoires, cinq montants, un même ressort : la pression du moment. Ces récits sont rapportés par Actu et n’ont pas tous connu leur épilogue.
Ce qu’ils racontent tient en une phrase : un faux pas coûte cher, et un réflexe de pause coûte presque toujours moins que 2 400 €.
Et si ces escrocs se contentaient d’un téléphone, les appels générés par IA qui usurpent l’identité d’Enedis en Seine-et-Marne montrent déjà la suite. Quant à votre banque, ce changement discret qui peut bloquer vos virements dès aujourd’hui mérite quelques minutes avant votre prochain paiement.